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Fausses pandémies, vrais mensonges

Fausses pandémies, vrais mensonges

Corinne Lalo

Une charge contre la gestion du Covid

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Description

En 2023, un livre à la couverture sobre s'installe sur les tables des librairies françaises et grimpe dans les ventes : « Fausses pandémies, vrais mensonges », de Corinne Lalo. Le titre annonce la couleur. L'autrice n'est pas une inconnue : journaliste santé pendant des décennies, elle a signé des enquêtes télé, écrit sur l'amiante, les perturbateurs endocriniens, les scandales sanitaires qui ont marqué la France. Cette fois, elle retourne son regard contre la gestion du Covid-19 elle-même — contre les chiffres, les discours, les décisions qui ont rythmé nos vies entre 2020 et 2022.

Sa charge est frontale. Pour elle, la pandémie telle qu'on nous l'a racontée serait largement une construction : une peur entretenue, des morts mal comptées, des traitements écartés, des intérêts croisés entre laboratoires, experts et pouvoirs publics. Le propos dérange, séduit, indigne selon les lecteurs. Et il arrive à un moment précis : celui où, l'urgence retombée, une partie du public rejoue dans sa tête les confinements, les attestations, les injonctions contradictoires, et se demande ce qui, là-dedans, tenait vraiment debout.

Plutôt que de trancher par avance, on va suivre l'argumentaire de Lalo tel qu'elle le déroule, puis le poser à côté de ce que la science établie dit aujourd'hui. Un livre de ce genre ne vit pas seulement de ses preuves — il vit du terrain qu'il occupe, celui d'une confiance abîmée entre les citoyens et ceux qui parlent au nom de la santé.

La question que l’on se pose : Que vaut une charge aussi radicale contre la gestion du Covid quand on la confronte, point par point, aux données scientifiques disponibles ?Ce que l’on va voir : Le parcours d'une journaliste passée au soupçon, les ressorts de sa thèse, les acteurs qu'elle accuse, et ce que son succès révèle d'une époque qui ne croit plus sur parole.

Sommaire

01

Chapitre 1 — Une journaliste santé qui change de camp

Corinne Lalo n'arrive pas de nulle part. Pendant des années, elle a travaillé pour la télévision française, souvent aux côtés de son mari Jean-Pierre Lalo, sur des sujets santé et environnement. Son terrain de prédilection, c'est le scandale sanitaire : les produits qu'on a laissé circuler trop longtemps, les alertes étouffées, les conflits d'intérêts entre industriels et autorités. Amiante, pesticides, perturbateurs endocriniens, médicaments retirés après coup — elle s'est construit une réputation d'enquêtrice qui gratte là où ça fait mal.

Ce passé compte pour comprendre le livre. Lalo ne se présente pas en complotiste de la dernière heure, mais en vétérane qui a déjà vu, de ses yeux, des institutions mentir ou tarder. Son raisonnement repose là-dessus : si on a menti sur l'amiante pendant des décennies, si le Mediator a tué dans l'indifférence des agences censées veiller, pourquoi croire aveuglément le récit officiel sur une pandémie mondiale gérée dans l'urgence et la panique ? Le soupçon, chez elle, se présente comme une continuité, pas une rupture.

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02

Chapitre 2 — Le récit officiel passé au crible du doute

Le cœur du livre, c'est une entreprise de démontage. Lalo reprend les grands piliers du récit Covid et les attaque un à un. Premier pilier : la gravité de la maladie. Selon elle, le danger réel aurait été massivement exagéré, notamment pour les personnes jeunes et en bonne santé, et la peur entretenue bien au-delà de ce que justifiaient les faits. Un virus grave pour certains, oui, mais transformé en menace universelle pour légitimer des mesures hors norme.

Deuxième pilier : le comptage des morts. Lalo insiste sur la distinction entre mourir « du » Covid et mourir « avec » le Covid, et soupçonne un gonflement des chiffres. Elle pointe aussi les effets collatéraux rarement mis dans la balance : soins reportés, dépistages de cancers interrompus, dégâts psychologiques des confinements, isolement des personnes âgées mortes seules dans leur chambre. À ses yeux, le bilan global n'a jamais été honnêtement établi, parce qu'il aurait fragilisé la ligne officielle en montrant que le remède a parfois coûté plus que le mal.

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03

Chapitre 3 — Les marchands de peur, des labos aux médias

Si tout cela était organisé, il faut un coupable, ou plutôt un système. Lalo désigne un réseau d'acteurs dont les intérêts, dit-elle, convergeaient vers une même issue : maximiser la peur pour maximiser les ventes et le contrôle. En haut de la pyramide, les grands laboratoires pharmaceutiques, qui ont réalisé sur les vaccins des chiffres d'affaires considérables en un temps record. Pfizer, Moderna et les autres deviennent, dans son récit, les premiers bénéficiaires d'une crise entretenue, des acteurs qui n'avaient aucun intérêt à la voir s'éteindre trop vite.

Autour d'eux gravitent, selon elle, les experts et les agences sanitaires. Elle insiste sur les liens d'intérêts — financements de recherche, conseils rémunérés, allers-retours entre public et privé — qui rendraient suspecte la parole officielle. Les organismes censés protéger le public seraient, dans sa lecture, trop proches de ceux qu'ils devraient surveiller. Elle convoque aussi les grandes fondations et institutions internationales, souvent réduites dans ce type de récit à des chefs d'orchestre discrets qui tireraient les ficelles au-dessus des États.

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04

Chapitre 4 — Le doute comme méthode, et ses angles morts

Pris au sérieux comme phénomène, le succès d'un tel livre dit quelque chose qui dépasse Corinne Lalo. Il prospère sur une fracture réelle : beaucoup de gens sont sortis de la crise avec le sentiment qu'on leur avait parlé avec certitude là où régnait l'incertitude. Les masques inutiles puis obligatoires, les chiffres qui changeaient, les promesses de retour à la normale sans cesse repoussées — tout cela a laissé une trace. Le doute de Lalo rencontre un doute déjà installé, et c'est ce qui explique qu'il trouve son public bien au-delà des cercles habituels de la défiance.

Or le doute est une bonne méthode scientifique. Interroger les chiffres, traquer les conflits d'intérêts, exiger des preuves avant de croire : c'est exactement ce que fait la science quand elle fonctionne bien. Le problème surgit quand le doute devient sélectif, quand il frappe sans pitié ce qui dérange et épargne tout ce qui confirme. Confronté aux données, l'argumentaire du livre révèle ses angles morts. Les grandes études randomisées publiées sur l'hydroxychloroquine et l'ivermectine n'ont pas montré de bénéfice contre le Covid ; elles ont été écartées sur des résultats, pas par décret, et par les mêmes méthodes exigeantes dont Lalo se réclame par ailleurs. La surmortalité observée en 2020 et 2021 dans de nombreux pays est bien réelle et ne s'explique pas par un simple jeu d'étiquettes sur les certificats de décès.

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05

Conclusion

« Fausses pandémies, vrais mensonges » est moins un dossier scientifique qu'un procès. Lalo instruit à charge, convoque ses témoins, dessine un système, et tient son fil du début à la fin. Son expérience du scandale sanitaire donne à certaines de ses alertes une portée réelle : oui, des intérêts commerciaux ont pesé, oui, la communication publique a souvent confondu certitude et espoir, oui, les effets collatéraux des confinements méritent un vrai bilan. Mais là où elle voit un mensonge orchestré, les données montrent surtout une crise gérée dans le brouillard, avec les tâtonnements que cela suppose.

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