Télécharger l'app

Scanne. C'est dans ta poche.

QR Code — Dygest

Ouvre l'app Appareil photo, pointe sur le code. C'est gratuit à l'essai.

Aristote

Aristote

André Cresson

Aristote, sa vie et son système

Écouter l'extrait du podcast :
0:00 --:--

Description

Pendant près de deux mille ans, en Occident comme dans le monde arabe, on l'a appelé simplement « le Philosophe ». Pas besoin de préciser le nom : tout le monde savait qu'il s'agissait d'Aristote. Dante, dans la Divine Comédie, le place au sommet des esprits antiques, « le maître de ceux qui savent ». On a du mal, aujourd'hui, à imaginer une autorité intellectuelle aussi massive, aussi longue, qui déborde la seule philosophie pour recouvrir la biologie, la physique, la logique, la morale, la politique, la poétique. Un seul homme, né il y a vingt-quatre siècles dans une petite cité du nord de la Grèce.

Dans son petit livre, le philosophe français André Cresson s'attache à deux choses : raconter la vie de cet homme, et surtout décrire son système dans son architecture d'ensemble. Car ce qui frappe chez Aristote, ce n'est pas telle ou telle idée isolée, c'est l'ambition de tout embrasser, de classer, de relier. Là où son maître Platon regardait vers un monde d'Idées pures, l'élève a préféré ouvrir les yeux sur celui-ci : disséquer des animaux, observer des régimes politiques, compter, trier, définir.

Cresson suit l'ordre même des disciplines aristotéliciennes, comme on remonte une rivière vers sa source. On part de la méthode, l'instrument qui permet de penser juste, et on arrive à la question qui tient tout le reste : qu'est-ce qu'une vie humaine réussie ? Entre les deux, toute une machine à comprendre le monde se met en place.

La question que l’on se pose : Comment un seul esprit a-t-il pu bâtir un système qui prétend expliquer aussi bien le mouvement d'une pierre que le bonheur d'un homme ?Ce que l’on va voir : La trajectoire d'un homme et le déploiement d'une pensée qui veut tout ordonner, du raisonnement le plus sec à la question du bien vivre.

Sommaire

01

Chapitre 1 — Du fils de médecin au précepteur d'Alexandre

Aristote naît en 384 avant notre ère à Stagire, en Macédoine, loin des grandes cités comme Athènes. Son père, Nicomaque, est médecin du roi de Macédoine. Cresson insiste sur ce détail, qui n'en est pas un : grandir près d'un médecin, c'est grandir au milieu de l'observation des corps, des symptômes, des causes concrètes. Rien d'étonnant à ce que ce fils de praticien ait gardé toute sa vie le goût du fait précis, de la chose qu'on regarde et qu'on manipule, plutôt que de l'idée qui plane.

À dix-sept ans, orphelin, il part pour Athènes et entre à l'Académie de Platon. Il y restera près de vingt ans, jusqu'à la mort du maître. Vingt ans d'élève — mais d'un élève qui discute, résiste, s'écarte. On lui prête la formule, peut-être arrangée par la postérité, selon laquelle il aimait Platon mais aimait davantage la vérité. Il admire son maître et, dans le même mouvement, refuse sa théorie des Idées : pour Aristote, le réel n'est pas ailleurs, dans un ciel de formes parfaites. Il est ici, dans les choses mêmes.

Téléchargez Dygest

pour avoir une expérience complète !

02

Chapitre 2 — La logique et la science du réel

Avant de penser le monde, il faut un outil pour penser correctement. C'est le rôle de la logique, qu'Aristote invente presque de toutes pièces et que la tradition regroupera sous le nom d'Organon, « l'instrument ». Cresson souligne que, pour Aristote, la logique n'est pas une science parmi d'autres : elle est ce qui précède toute science, la grammaire du raisonnement valide. Elle ne dit pas ce qui est vrai dans le monde, elle dit comment, à partir de prémisses, on tire une conclusion sans se tromper.

La pièce maîtresse en est le syllogisme. On part de deux propositions, et une troisième en découle nécessairement. Tous les hommes sont mortels ; Socrate est un homme ; donc Socrate est mortel. L'exemple paraît trivial, mais Aristote en tire toute une mécanique : il recense les formes de raisonnement valides, repère celles qui ne le sont pas, isole les paralogismes et les sophismes. Pendant plus de deux millénaires, la logique sera, pour l'essentiel, la sienne. Kant notera encore, au XVIIIe siècle, qu'elle n'avait pas eu à faire un pas depuis Aristote.

Téléchargez Dygest

pour avoir une expérience complète !

03

Chapitre 3 — La nature, l'âme et le moteur immobile

Armé de sa méthode et de ses quatre causes, Aristote se tourne vers la nature. Sa physique n'est pas la nôtre : il ne mesure pas, il ne calcule pas de lois mathématiques. Il décrit, il classe, il cherche les fins. Tout corps, pour lui, a un lieu naturel vers lequel il tend — la pierre vers le bas, la flamme vers le haut. Le mouvement n'est pas un état neutre mais le passage d'une chose de ce qu'elle est en puissance à ce qu'elle devient en acte. Cette distinction de la puissance et de l'acte, Cresson la présente comme l'une des inventions les plus fécondes du système : le gland est un chêne en puissance, l'enfant un adulte en puissance.

C'est en biologie qu'Aristote donne sa pleine mesure, et Cresson y voit le domaine où l'observateur l'emporte sur le métaphysicien. Il dissèque, décrit des centaines d'espèces, note des comportements que les naturalistes modernes confirmeront des siècles plus tard. Il esquisse une échelle des êtres vivants, du plus simple au plus complexe, selon le degré d'organisation de l'âme. Car l'âme, chez lui, n'est pas un fantôme logé dans le corps : c'est la forme du vivant, ce qui fait qu'un corps est vivant plutôt que mort, le principe de ses fonctions.

Téléchargez Dygest

pour avoir une expérience complète !

04

Chapitre 4 — L'homme, la cité et la mesure du bonheur

Tout le système converge vers une question : comment l'homme doit-il vivre ? Si chaque chose a une fin, l'homme aussi. Et sa fin, Aristote l'appelle l'eudaimonia — qu'on traduit mal par « bonheur », et mieux par « vie accomplie ». Elle ne consiste ni dans le plaisir, trop animal, ni dans la richesse, qui n'est qu'un moyen, ni même dans l'honneur, qui dépend des autres. Elle consiste dans l'activité propre de l'homme, exercée de la meilleure façon : la vie selon la raison, menée avec excellence tout au long d'une existence.

La vertu, dans l'Éthique à Nicomaque — ainsi nommée en hommage au fils d'Aristote —, n'est pas un don mais une habitude, une seconde nature qu'on acquiert en répétant les bons actes. Et Cresson met en avant la fameuse doctrine du juste milieu : chaque vertu se tient entre deux excès. Le courage est le milieu entre la lâcheté et la témérité ; la générosité entre l'avarice et la prodigalité. Non pas une tiédeur, mais un équilibre difficile, ajusté à chaque situation, que seul l'homme prudent sait trouver. La morale aristotélicienne est une affaire de mesure et d'expérience, pas de règles rigides.

Téléchargez Dygest

pour avoir une expérience complète !

05

Conclusion

Au bout du parcours, on comprend pourquoi la postérité a longtemps dit « le Philosophe » tout court. Ce que Cresson décrit n'est pas une collection d'opinions mais une architecture, où chaque étage appelle le suivant : une méthode pour raisonner, une physique et une biologie pour comprendre le monde vivant, une métaphysique pour le couronner, une morale et une politique pour y loger l'homme. Le fils du médecin de Stagire a voulu faire tenir ensemble la pierre qui tombe et l'homme qui cherche à bien vivre, et il a presque réussi.

Téléchargez Dygest

pour avoir une expérience complète !