
Bowling Alone
L'effondrement du lien associatif
Description
Aux États-Unis, dans les années 1990, un chiffre a intrigué un politologue de Harvard. Le nombre de gens qui jouaient au bowling n'avait jamais été aussi élevé. Mais le nombre de gens qui jouaient au bowling en ligue — en équipe, chaque semaine, avec les mêmes têtes, la bière après la partie — s'effondrait. Les Américains bowlaient plus que jamais, et pourtant ils bowlaient seuls. Robert Putnam en a fait une image, puis un article, puis un livre paru en 2000 : Bowling Alone. L'affaire n'est pas le bowling. C'est ce que le bowling laisse voir.
Derrière ces quilles, Putnam pointe une érosion beaucoup plus large. Sur un demi-siècle, les Américains ont déserté à peu près tout ce qui se fait à plusieurs : les associations de parents d'élèves, les clubs de quartier, les syndicats, les paroisses, les partis, les dîners entre voisins. Moins de réunions, moins de bénévolat, moins de gens invités à la maison. Un pays qui avait fasciné Tocqueville pour sa manie de s'associer se retrouvait, cent soixante ans plus tard, en train de se déprendre.
Putnam donne un nom à ce qui se dissout : le capital social. Pas une métaphore molle, mais une chose mesurable, aux effets concrets sur la santé, la sécurité, l'école, l'économie et la démocratie elle-même. Reste une énigme que son livre passe six cents pages à démêler.
La question que l’on se pose : Pourquoi un pays entier a-t-il cessé de faire ensemble ce qu'il faisait naturellement, et qu'est-ce que cette désertion coûte vraiment ?Ce que l’on va voir : Ce qui a poussé Putnam des quilles vers une thèse plus vaste, la nature du bien qui se défait, les causes qu'il met en accusation, et ce que tout cela révèle d'une société.












