Télécharger l'app

Scanne. C'est dans ta poche.

QR Code — Dygest

Ouvre l'app Appareil photo, pointe sur le code. C'est gratuit à l'essai.

A Pocketful of Happiness

A Pocketful of Happiness

Richard E. Grant

Un acteur face au deuil

Écouter l'extrait du podcast :
0:00 --:--

Description

En 2021, dans une maison du Surrey, une femme mourante donne une consigne à son mari. Joan Washington, coach vocale reconnue, sait qu'il lui reste quelques mois. Il s'appelle Richard E. Grant, ce mari — acteur, celui de Withnail and I, celui qu'on a vu pleurer aux Oscars pour Can You Ever Forgive Me?. Et Joan lui demande de faire une chose précise : trouver chaque jour une poche de bonheur. Un instant, si petit soit-il, à ramasser et à garder. La formule vient d'elle, pas de lui, et c'est elle qui donnera son titre au livre qu'il écrira ensuite.

Trente-cinq ans de mariage, une fille, une vie entière tissée autour d'une même personne — et un cancer du poumon diagnostiqué à la fin de 2020, chez une femme qui n'avait jamais fumé. À partir de là, Grant fait ce qu'il a toujours fait depuis l'adolescence : il écrit. Il tient son journal, presque quotidiennement, pendant la maladie de Joan et dans les mois qui suivent sa mort. A Pocketful of Happiness, paru en 2022, est ce journal remis en forme.

Le livre n'est pas un manuel de deuil ni un récit édifiant. C'est un homme qui note, jour après jour, ce que fait la maladie à un couple, comment on continue à rire dans une cuisine quand le pronostic est mauvais, et ce que veut dire au juste tenir la promesse qu'on a faite à une morte.

La question que l’on se pose : Comment un acteur habitué à jouer les émotions des autres traverse-t-il, en son nom propre, la maladie et la mort de sa femme ?Ce que l’on va voir : Une consigne murmurée par une mourante, un journal tenu au bord du gouffre, et une manière très concrète de chercher la joie quand tout la contredit.

Sommaire

01

Chapitre 1 — Un dernier conseil murmuré à voix basse

Le livre s'ouvre sur une phrase de Joan qui va tout organiser. Alors que la fin approche, elle dit à son mari de chercher, chaque jour, « une poche de bonheur ». L'idée est modeste, presque triviale : un rayon de lumière sur une table, une blague partagée, un merle qui chante. Rien d'héroïque. Mais dans la bouche d'une femme qui sait qu'elle va mourir, la consigne prend un autre poids. Elle ne demande pas à Grant de tenir le coup. Elle lui demande de continuer à voir ce qui est beau, même quand elle ne sera plus là pour le voir avec lui.

Joan Washington n'était pas n'importe qui dans le monde de Grant. Coach en accents et en diction, elle avait fait travailler des générations d'acteurs, et c'est elle qui, dans les années 1980, avait aidé un jeune Sud-Africain fauché à gommer ce qu'il fallait de son parcours pour percer à Londres. Ils s'étaient rencontrés ainsi, professeure et élève, avant de devenir un couple. Trente-cinq ans plus tard, c'est encore elle qui lui donne une leçon — la dernière, et la plus difficile à appliquer.

Téléchargez Dygest

pour avoir une expérience complète !

02

Chapitre 2 — Trente-cinq ans, et soudain un compte à rebours

Le diagnostic tombe fin 2020. Joan a une toux qui ne passe pas ; les examens révèlent un cancer du poumon déjà avancé, chez une femme qui n'a jamais touché une cigarette. On lui donne, au départ, quelques mois. Grant note tout : les rendez-vous d'oncologie, les termes techniques qu'on apprend en une nuit, l'espoir prudent quand un traitement semble ralentir la maladie, puis la rechute. Le journal devient une chronique clinique autant qu'intime.

Ce qui rend ces pages singulières, c'est le contraste entre la vie de l'acteur et la maladie de sa femme. Pendant que Joan lutte, Grant continue de tourner. Il obtient même des rôles marquants — on le voit dans la série Loki pour Marvel — et il décrit l'étrangeté de passer d'un plateau, où l'on simule des émotions, à une chambre d'hôpital, où elles sont réelles et sans mise en scène possible. Le métier qui l'avait fait vivre paraît soudain dérisoire, et pourtant il s'y accroche, parce qu'il faut bien continuer à exister.

Téléchargez Dygest

pour avoir une expérience complète !

03

Chapitre 3 — Tenir le journal quand la vie déraille

Grant tient un journal depuis ses quatorze ans, quand il grandissait au Swaziland — l'actuel Eswatini — dans une famille secouée par l'alcoolisme de son père et le départ de sa mère. L'écriture quotidienne a d'abord été une façon de survivre à une enfance chaotique. Cinquante ans plus tard, elle redevient ce qu'elle avait toujours été : un moyen de tenir debout quand le sol se dérobe. Le livre est donc l'aboutissement d'une habitude, pas une posture d'écrivain.

Cette longue pratique donne au texte sa qualité particulière. Grant n'écrit pas après coup, avec le recul confortable du survivant ; il écrit dans l'instant, sans savoir comment l'histoire finira. On sent l'incertitude dans chaque entrée : l'espoir d'un lundi contredit par le désespoir du jeudi. Le journal capte l'émotion à l'état brut, avant qu'elle ne se range en récit. C'est ce qui le rend crédible — et parfois presque insoutenable à lire.

Téléchargez Dygest

pour avoir une expérience complète !

04

Chapitre 4 — La joie comme discipline plutôt que comme humeur

Ce que le livre installe, au fond, c'est une idée qui va à rebours de l'intuition commune : la joie n'est pas d'abord un état qui vous tombe dessus quand les circonstances s'y prêtent. C'est un geste. Chercher sa poche de bonheur quotidienne, comme Joan l'a demandé, suppose une décision active — regarder, remarquer, cueillir — au moment précis où tout pousserait à baisser les yeux. Grant ne décrit pas un homme heureux malgré le deuil ; il décrit un homme qui s'oblige à repérer, chaque jour, un fragment de beauté, et qui tient ce cap comme on tient une promesse.

Cette approche déplace ce qu'on entend d'ordinaire par « rester positif ». Il ne s'agit pas de nier la douleur ni de la travestir en leçon. Le journal est plein de nuits blanches, de rage et de vide. La poche de bonheur ne recouvre rien de tout cela ; elle coexiste avec. La joie et le chagrin ne s'excluent pas dans ces pages, ils habitent la même journée, parfois la même heure. C'est peut-être la trouvaille la plus juste du livre : montrer qu'on peut pleurer une personne et savourer un rayon de soleil dans le même souffle, sans que l'un annule l'autre.

Téléchargez Dygest

pour avoir une expérience complète !

05

Conclusion

Le journal se referme sur un homme qui continue, tant bien que mal, d'obéir à la dernière consigne de sa femme. La poche de bonheur n'a pas guéri le deuil ; elle a donné à Grant une manière de le traverser sans s'y noyer. Chaque entrée qui note un merle, un souvenir ou un rire est une façon de garder Joan présente — non pas en la pleurant, mais en voyant le monde comme elle lui a demandé de le voir.

Téléchargez Dygest

pour avoir une expérience complète !