Télécharger l'app

Scanne. C'est dans ta poche.

QR Code — Dygest

Ouvre l'app Appareil photo, pointe sur le code. C'est gratuit à l'essai.

Le symbolisme du corps humain

Le symbolisme du corps humain

Annick de Souzenelle, Jean-Marc Kespi

Le corps lu comme un livre

Écouter l'extrait du podcast :
0:00 --:--

Description

Annick de Souzenelle était infirmière anesthésiste avant d'être rien d'autre. Elle a passé des années au bloc, à côté de corps ouverts, de ventres qu'on recoud et d'organes qu'on manipule à la pince. C'est une femme qui a vu l'intérieur du corps humain au sens le plus littéral. Et pourtant, le livre qu'elle publie en 1984 ne parle presque jamais du corps comme d'un assemblage d'organes. Il le lit comme on lit un texte : lettre par lettre, en remontant à l'hébreu, à la Genèse, à la Kabbale.

Son pari est déroutant au premier abord. Pour elle, les reins, le foie, la colonne vertébrale, les mains ne sont pas seulement des pièces anatomiques — ce sont des signes. Chaque partie du corps porterait un sens caché, inscrit dans la langue des origines, et le corps tout entier dessinerait une carte du chemin intérieur que l'être humain a à parcourir. Le médecin acupuncteur Jean-Marc Kespi, qui vient d'une autre tradition, la chinoise, retrouve chez elle des correspondances troublantes. Deux lectures du corps qui n'ont rien à voir finissent par se répondre.

On a pris l'habitude de penser son corps comme une mécanique qui tombe en panne et qu'un spécialiste répare. L'idée qu'il puisse signifier quelque chose, qu'il raconte autre chose que de la biologie, nous est presque devenue étrangère. De Souzenelle propose exactement l'inverse, en s'appuyant sur une tradition qui a toujours lu l'homme comme un livre.

La question que l’on se pose : Que dit-on quand on affirme que le corps humain n'est pas une machine mais un texte à déchiffrer ?Ce que l’on va voir : Comment une tradition ancienne transforme l'anatomie en récit du chemin intérieur, et ce que cette lecture change dans notre rapport à nous-mêmes.

Sommaire

01

Chapitre 1 — L'arbre renversé — le corps comme carte

Le point de départ de Souzenelle, c'est une image que la Kabbale manie depuis longtemps : l'homme est un arbre renversé, racines en haut, branches en bas. L'arbre de vie, cette structure de dix sphères qu'on appelle les séphiroth et qui organise une bonne partie de la pensée kabbalistique, se projette sur le corps humain. La tête en haut n'est pas le sommet d'une hiérarchie, c'est l'origine — la racine plongée dans le divin — et les pieds, en bas, sont l'extrémité où l'arbre touche la matière et le monde visible.

À partir de là, le corps cesse d'être un simple contenant. Chaque étage porte un sens. Le haut est du côté de l'esprit, de la source, de ce qui n'est pas encore accompli ; le bas est du côté de l'incarnation, de la chair, de ce qui est déjà là. Entre les deux, la colonne vertébrale fait office d'axe, de chemin vertical le long duquel quelque chose doit circuler et monter. De Souzenelle insiste : ce n'est pas une métaphore poétique plaquée sur l'anatomie, c'est une structure de correspondances qu'elle lit dans la langue hébraïque elle-même.

Téléchargez Dygest

pour avoir une expérience complète !

02

Chapitre 2 — Les pieds, la tête, et le chemin entre les deux

Si le corps est un texte, chaque partie devient une phrase. Les pieds, chez de Souzenelle, ne sont pas qu'un point d'appui — ils sont le lieu de l'accomplissement, l'endroit où tout le chemin se joue en bas. Elle rappelle que dans le récit de la Genèse, le talon est exactement ce que le serpent menace, et que le même mot hébreu, autour de la racine qui donne Jacob, dit à la fois le talon et la ruse, la trace, ce qui vient après. Le pied porte le poids de ce qui a été parcouru.

La main, elle, est l'organe de l'action et du pouvoir de faire. Mais de Souzenelle s'arrête surtout sur les reins, siège, dans la tradition biblique, de la connaissance la plus intime, celle que Dieu seul sonde — « sonder les reins et les cœurs ». Les reins filtrent, séparent le pur de l'impur, et ce travail physiologique devient l'image d'un discernement spirituel. Le foie, dont le nom hébreu partage une racine avec le poids et la gloire, porte la lourdeur de l'être et sa densité. Rien n'est anatomique sans être, en même temps, symbolique.

Téléchargez Dygest

pour avoir une expérience complète !

03

Chapitre 3 — Quand la maladie devient une langue

Reste la question que tout le monde se pose en lisant ce genre de livre : et la maladie, alors ? Si le corps est un texte, que dit la douleur ? De Souzenelle y répond avec prudence, et c'est là que la rencontre avec Jean-Marc Kespi devient éclairante. Pour lui, formé à la médecine chinoise, le symptôme n'est jamais un simple dysfonctionnement à faire taire. Il est un message, le signe que quelque chose, dans l'économie profonde de l'être, demande à être entendu.

Les deux traditions, hébraïque et chinoise, se rejoignent sur un point : l'organe souffrant renvoie à une fonction intérieure bloquée. Un trouble des reins, dans cette grille, ne parle pas seulement de filtration défaillante mais d'un discernement empêché, d'une peur archaïque. Un problème de dos engage l'axe, la tenue, le rapport à ce qui porte. De Souzenelle se garde bien de dire que la maladie est une faute ou une punition — elle y voit plutôt un appel, une partie de nous qui réclame d'être reconnue et traversée plutôt que seulement supprimée.

Téléchargez Dygest

pour avoir une expérience complète !

04

Chapitre 4 — Lire un corps plutôt que le réparer

Ce que propose au fond ce livre, c'est un changement de posture plus qu'un système de correspondances à apprendre par cœur. La modernité médicale a fait un pari immense et largement victorieux : traiter le corps comme un objet, le découper en organes, en mécanismes, en chiffres, et le réparer avec une précision qui sauve des vies tous les jours. De Souzenelle ne conteste pas cette efficacité. Elle pointe seulement ce que ce pari laisse de côté : la possibilité que le corps veuille dire quelque chose, et pas seulement fonctionner.

Lire son corps plutôt que le réparer, c'est accepter qu'il ne soit pas entièrement à notre disposition. L'objet, on le maîtrise, on le remplace, on l'optimise. Le texte, lui, demande à être écouté, il résiste, il oblige à l'interprétation. Il y a dans cette proposition quelque chose qui va à rebours de l'époque : nous vivons entourés d'applications qui mesurent notre sommeil, notre rythme cardiaque, nos pas, et qui transforment le corps en tableau de bord. De Souzenelle fait le geste inverse. Elle ne veut pas des données du corps, elle veut son sens.

Téléchargez Dygest

pour avoir une expérience complète !

05

Conclusion

On est parti d'une infirmière qui connaissait le corps par ses mains, dans ce qu'il a de plus concret, et qui a choisi de le relire dans la langue de la Genèse. L'arbre renversé, les reins qui discernent, le foie qui porte le poids de l'être, la colonne comme axe à gravir : de Souzenelle ne décrit pas une autre anatomie, elle propose une autre lecture de la même. Là où la médecine voit des fonctions, elle lit des étapes d'un même chemin, de la plante des pieds à la racine qu'est la tête.

Téléchargez Dygest

pour avoir une expérience complète !