Le pianiste
Survivre au ghetto de Varsovie
Description
Le 23 septembre 1939, Wladyslaw Szpilman joue du Chopin en direct à la radio polonaise de Varsovie. Les bombes allemandes tombent sur la ville depuis des jours. Au milieu d'un nocturne, un obus coupe l'électricité et la station s'éteint — c'est la dernière émission musicale de Radio Pologne avant six ans de silence. Szpilman a vingt-sept ans, il est le pianiste vedette de la station, et il ne le sait pas encore, mais ce morceau interrompu va encadrer toute son histoire.
Ce qu'il raconte, il l'a écrit dès 1945, à chaud, dans un livre d'abord publié en Pologne puis longtemps oublié, réédité à la fin des années 1990 sous le titre Le Pianiste. Pas un roman, pas un témoignage reconstruit des décennies plus tard : le récit presque immédiat d'un homme qui a traversé la destruction du ghetto de Varsovie et qui, par une suite d'accidents et de gestes, en est sorti vivant quand presque personne ne survivait.
Son histoire tient sur un fil mince, fait de hasards, de bontés improbables et d'une capacité têtue à durer un jour de plus. Et à la toute fin, elle croise celle d'un officier de la Wehrmacht dont l'identité ne sera connue que bien après la guerre — un détail qui déplace tout le reste.
La question que l’on se pose : Comment un homme traverse-t-il l'anéantissement d'une communauté entière, et que change le fait qu'un ennemi, à la fin, choisisse de le laisser vivre ?Ce que l’on va voir : La descente d'une famille et d'une ville dans l'enfermement et la déportation, puis la survie clandestine d'un homme seul, jusqu'à une rencontre qui défie toute attente.
Sommaire
01 Chapitre 1 — Varsovie, 1939 — la radio qu'on bombarde
Avant la guerre, Szpilman mène la vie d'un jeune musicien reconnu. Il a étudié le piano à Berlin, il compose pour le cinéma et la variété, il joue le répertoire classique sur les ondes de Radio Pologne. Sa famille est aisée, cultivée, juive et assimilée : les Szpilman sont des Varsoviens comme les autres, qui écoutent de la musique le soir et discutent politique autour de la table. L'invasion allemande du 1er septembre 1939 fait basculer ce monde en quelques semaines.
Varsovie est bombardée, assiégée, puis capitule à la fin du mois. Szpilman décrit la stupeur d'une ville qui croyait encore que les Alliés viendraient, et qui comprend peu à peu que personne ne vient. La vie continue par habitude — on cherche à manger, on essaie de travailler — mais chaque semaine apporte une nouvelle restriction. Les affiches tombent. Les juifs doivent s'enregistrer, porter un brassard à l'étoile de David, remettre leurs biens, céder la place sur les trottoirs.
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02 Chapitre 2 — Le mur se referme sur quatre cent mille personnes
À l'automne 1940, les Allemands délimitent un quartier et ordonnent à tous les juifs de Varsovie de s'y installer. Un mur de briques, haut de trois mètres, coiffé de barbelés, enferme bientôt un territoire étroit où s'entassent environ quatre cent mille personnes. C'est la plus grande concentration de juifs du continent. Szpilman et les siens s'y retrouvent, dans un appartement partagé, au milieu d'une densité humaine qui rend chaque geste du quotidien difficile.
La faim s'installe vite. Les rations officielles sont dérisoires, calculées pour tuer lentement. Ceux qui ont encore de l'argent achètent au marché noir, où tout circule par-dessus le mur grâce à la contrebande, souvent portée par des enfants. Szpilman continue de jouer — dans les cafés du ghetto, il y a encore un monde qui veut oublier une heure, des musiciens, des chanteurs, une vie culturelle fiévreuse qui tient debout au-dessus de la mort. Il décrit cette coexistence étrange sans jamais l'embellir.
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03 Chapitre 3 — Un homme caché dans une ville morte
Après la déportation des siens, Szpilman survit d'abord à l'intérieur du ghetto réduit, affecté à des travaux forcés dans des équipes qui démolissent ou transportent. Il assiste de loin, au printemps 1943, au soulèvement du ghetto de Varsovie, quand les derniers combattants juifs prennent les armes contre les Allemands qui viennent liquider ce qu'il reste. Le quartier est écrasé, incendié, rasé. Lui a déjà réussi, avec l'aide d'amis polonais restés de l'autre côté, à passer du côté « aryen » de la ville.
Commence alors une longue clandestinité. Des connaissances d'avant-guerre — musiciens, employés de la radio, de simples sympathisants — le cachent dans une série d'appartements vides. La règle est toujours la même : ne pas se montrer à la fenêtre, ne pas faire de bruit, ne pas tirer la chasse quand les voisins pourraient entendre. Il passe des semaines enfermé seul, dépendant entièrement de quelqu'un qui doit lui apporter à manger et qui, parfois, disparaît. La faim et la peur de la dénonciation sont constantes.
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04 Chapitre 4 — L'officier allemand et la part d'humanité
Dans les ruines, en novembre 1944, Szpilman cherche de la nourriture lorsqu'un officier allemand le surprend. L'homme porte l'uniforme de la Wehrmacht. Il demande au fugitif ce qu'il fait là, qui il est. Szpilman répond qu'il était pianiste. L'officier le conduit à un piano resté intact dans la maison et lui demande de jouer. Décharné, les doigts raidis par le froid et des mois sans toucher un clavier, Szpilman joue une ballade de Chopin. L'Allemand écoute, puis le laisse vivre — et davantage : il le cache dans le grenier du bâtiment, qui sert de quartier général, et lui apporte à manger les semaines suivantes, jusqu'au retrait des troupes.
Cet officier s'appelait Wilm Hosenfeld. Szpilman ignorait son nom au moment des faits ; il ne l'a appris que des années plus tard. Hosenfeld, ancien instituteur, catholique pratiquant, avait d'abord adhéré au nazisme avant de se retourner intérieurement contre lui au fil de ce qu'il voyait en Pologne. Ses carnets, retrouvés après la guerre, montrent un homme qui a aidé plusieurs personnes, juives et polonaises. Fait prisonnier par les Soviétiques, il est mort en captivité en 1952, sans avoir été libéré malgré les tentatives de Szpilman pour le retrouver.
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05 Conclusion
Le livre se referme comme il s'était ouvert, sur un morceau de Chopin. Celui que les bombes avaient coupé en 1939, Szpilman revient le jouer à la radio de Varsovie reconstituée, en 1945, comme pour renouer un fil tranché par six ans de guerre. Entre les deux, une famille entière disparue à Treblinka, un ghetto rasé, une ville morte, et un homme qui a tenu par accidents successifs là où presque personne ne tenait.
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