Télécharger l'app

Scanne. C'est dans ta poche.

QR Code — Dygest

Ouvre l'app Appareil photo, pointe sur le code. C'est gratuit à l'essai.

Platon vs Aristote

Platon vs Aristote

Luc de Brabandere, Anne Mikolajczak

Une initiation joyeuse à la controverse philosophique

Écouter l'extrait du podcast :
0:00 --:--

Description

Un jeune homme d'une dix-septaine d'années débarque à Athènes vers 367 avant notre ère et s'inscrit dans la meilleure école de philosophie de la ville. Elle s'appelle l'Académie, elle est dirigée par un certain Platon, déjà célèbre, déjà âgé. Le jeune homme s'appelle Aristote. Il va rester vingt ans à ses côtés, apprendre tout ce que le maître a à transmettre — et finir par penser à peu près l'inverse de lui sur presque tout ce qui compte.

C'est de ce décalage que part le livre de Luc de Brabandère et Anne Mikolajczak. Leur pari : prendre deux hommes qu'on range d'ordinaire côte à côte, sur le même rayon « fondateurs de la philosophie occidentale », et montrer qu'ils s'opposent terme à terme. Là où Platon regarde vers un autre monde, Aristote fouille celui-ci. Là où l'un déduit, l'autre observe. Les auteurs refusent le ton solennel qu'on colle d'habitude sur ces noms. Ils racontent une dispute, vivante, presque un match — d'où le « joyeuse » du sous-titre.

L'intérêt, c'est que cette dispute n'a jamais vraiment pris fin. Deux manières de chercher la vérité se sont dessinées là, il y a vingt-trois siècles, et on les retrouve partout : dans la façon dont on fait de la science, dont on écrit le droit, dont on imagine une société juste. Avant de voir ce qu'il en reste, encore faut-il comprendre sur quoi, précisément, les deux hommes n'étaient pas d'accord.

La question que l’on se pose : Sur quoi, exactement, deux philosophes qu'on cite toujours ensemble se sont-ils opposés point par point ?Ce que l’on va voir : Comment une amitié de maître à élève a accouché de deux visions rivales du réel, du savoir et de la vie bonne — et pourquoi on choisit encore son camp sans le savoir.

Sommaire

01

Chapitre 1 — Deux élèves, un maître, et un désaccord de fond

Avant d'opposer Platon et Aristote, le livre rappelle une filiation à trois étages. Socrate ne laisse rien d'écrit ; il interroge les Athéniens sur la place publique jusqu'à ce qu'on le condamne à mort en 399 avant notre ère. Platon, son élève, est bouleversé par cette exécution et passe sa vie à prolonger la voix du maître disparu, qu'il met en scène dans ses dialogues. Puis vient Aristote, qui n'a jamais connu Socrate et qui va, lui, prendre ses distances avec Platon de son vivant.

Les deux hommes ne se ressemblent pas, et de Brabandère et Mikolajczak s'amusent de ce contraste. Platon est un Athénien de grande famille, un styliste, un poète de la pensée qui écrit des dialogues où les idées dansent. Aristote vient de Stagire, au nord de la Grèce, fils de médecin, esprit de classificateur — il compte, il trie, il range le vivant en catégories. L'un pense en artiste, l'autre en naturaliste. Déjà, dans le tempérament, tout les sépare.

Téléchargez Dygest

pour avoir une expérience complète !

02

Chapitre 2 — Le monde est-il ailleurs, ou juste ici ?

Le désaccord commence par la question la plus vertigineuse : qu'est-ce qui est réel ? Platon répond par sa fameuse théorie des Idées. Les choses qu'on voit — ce cheval, cet arbre, ce cercle tracé dans le sable — ne sont que des copies imparfaites de modèles parfaits qui existent dans un monde séparé, le monde des Idées. Il y a quelque part un Cheval idéal, un Cercle parfait, un Beau en soi, dont toutes les choses sensibles ne sont que les reflets fuyants.

Le livre rappelle la grande image de la caverne, au cœur de La République. Des prisonniers enchaînés depuis l'enfance ne voient que des ombres projetées sur une paroi et les prennent pour la réalité. Le philosophe est celui qui se détache, sort, et découvre la lumière du vrai monde. Message : ce qu'on croit réel n'est qu'une ombre ; la vraie réalité est ailleurs, et il faut tourner le dos aux sens pour l'atteindre.

Téléchargez Dygest

pour avoir une expérience complète !

03

Chapitre 3 — Connaître : lever les yeux ou ouvrir les mains

Si le réel est ailleurs, comment l'atteint-on ? Platon répond : par la raison seule, en se détournant des sens. Les yeux, les oreilles, le corps nous trompent — ils ne donnent accès qu'aux ombres. Le vrai savoir est un savoir de l'âme qui raisonne. Le livre souligne l'étrange conséquence : pour Platon, connaître, c'est au fond se souvenir. L'âme aurait contemplé les Idées avant la naissance ; apprendre ne serait que retrouver ce qu'elle savait déjà. D'où sa passion pour les mathématiques, ce savoir pur qui ne doit rien à l'expérience.

Aristote, fils de médecin, part dans la direction inverse. Pour lui, rien n'est dans l'esprit qui ne soit d'abord passé par les sens. On ne naît pas savant, on le devient en observant, en comparant, en accumulant. De Brabandère et Mikolajczak rappellent qu'Aristote a disséqué des animaux, décrit des centaines d'espèces, classé le vivant avec un soin qui annonce les naturalistes de bien plus tard. Là où Platon fuit l'expérience, Aristote la collectionne.

Téléchargez Dygest

pour avoir une expérience complète !

04

Chapitre 4 — La morale, la cité, et deux façons d'être heureux

Sur la vie bonne, l'opposition se prolonge, fidèle à elle-même. Pour Platon, le bien est unique, absolu, situé dans le monde des Idées au même titre que le Beau ou le Juste. Il existe un Bien en soi, parfait, et bien agir consiste à s'en approcher. La morale est une affaire de contemplation : plus on connaît ce Bien idéal, mieux on vit. Le livre note la cohérence du système — le même ciel qui abrite les Idées abrite aussi la norme morale.

Aristote redescend, une fois encore. Le bien n'est pas un modèle céleste à contempler mais une pratique à exercer, au cas par cas, dans les situations réelles. Sa grande notion est le juste milieu : le courage se tient entre la lâcheté et la témérité, la générosité entre l'avarice et la prodigalité. Il n'y a pas de recette universelle ; il faut du discernement, de l'habitude, de l'expérience de vie. On devient vertueux comme on devient musicien, en pratiquant. Le bonheur, chez lui, n'est pas une récompense d'un autre monde mais le fruit d'une activité menée avec excellence dans celui-ci.

Téléchargez Dygest

pour avoir une expérience complète !

05

Conclusion

Deux élèves d'une même école, formés par le même maître, qui finissent par répondre l'inverse l'un de l'autre à toutes les grandes questions : d'où vient le réel, comment on le connaît, comment on vit bien, comment on gouverne. C'est le fil que tiennent Luc de Brabandère et Anne Mikolajczak, et leur tour de force est de le dérouler sans solennité, comme on raconterait une longue discussion entre deux amis qui ne seront jamais d'accord.

Téléchargez Dygest

pour avoir une expérience complète !