Télécharger l'app

Scanne. C'est dans ta poche.

QR Code — Dygest

Ouvre l'app Appareil photo, pointe sur le code. C'est gratuit à l'essai.

Plaidoyer pour les animaux

Plaidoyer pour les animaux

Matthieu Ricard

Plaidoyer pour la cause animale

Écouter l'extrait du podcast :
0:00 --:--

Description

On peut aimer son chien à en pleurer quand il meurt, s'attendrir devant une vidéo de loutre qui se tient la main avec sa congénère, et manger le soir même un animal qu'on n'a jamais vu, élevé dans un hangar, sans jamais faire le lien. Ce grand écart, on le tient tous, plus ou moins. Matthieu Ricard — moine bouddhiste, ancien biologiste passé par l'Institut Pasteur, interprète du dalaï-lama — a décidé d'y consacrer un livre entier, paru en 2014, sobrement intitulé Plaidoyer pour les animaux.

Le mot est juste : plaidoyer. Ricard ne prend pas la posture du chercheur neutre, il prend celle de l'avocat d'une cause qui n'a pas de voix pour se défendre. Son argument n'est ni sentimental ni religieux au premier chef. Il s'appuie sur ce que la science du vivant a établi depuis quelques décennies sur la douleur, l'émotion et l'intelligence des autres espèces, puis en tire une conclusion morale qu'il pousse jusqu'au bout — y compris dans son assiette, et dans la nôtre.

Ce qui frappe dans sa démarche, c'est le refus de laisser le malaise là où on le range d'habitude : dans la case « c'est comme ça ». Ricard fait de ce malaise le point de départ. Et il le relie à une longue histoire, celle d'un cercle de considération morale qui n'a cessé de s'agrandir au fil des siècles.

La question que l’on se pose : Sur quoi tient exactement la frontière qui nous autorise à considérer certains êtres et à en exploiter d'autres par milliards ?Ce que l’on va voir : Comment un moine biologiste construit, faits à l'appui, une défense des animaux qui finit par nous ramener à table.

Sommaire

01

Chapitre 1 — Un mur d'un côté de la table

Ricard part d'une observation simple, presque gênante à force d'évidence : on trie les animaux. Il y a ceux qu'on caresse, ceux qu'on mange, ceux qu'on chasse, ceux qu'on ignore. Un même cochon peut être adoré comme animal de compagnie dans un salon et abattu à la chaîne dans un abattoir à quelques kilomètres, sans que personne ne trouve la contradiction troublante. Ce tri, souligne-t-il, ne repose sur aucune propriété réelle de l'animal — le cochon de compagnie et le cochon d'élevage ressentent la même douleur. Il repose sur l'usage qu'on décide d'en faire.

Le mécanisme qui rend ce tri confortable, c'est la distance. Ricard insiste : notre rapport aux animaux fonctionne parce que la souffrance est tenue hors de vue. On ne voit pas l'abattoir, on ne voit pas l'élevage, on voit une barquette. Il rappelle une phrase souvent citée, l'idée que si les abattoirs avaient des murs de verre, beaucoup cesseraient de manger de la viande. Le mur opaque n'est pas un détail logistique : il est la condition de possibilité de notre tranquillité.

Téléchargez Dygest

pour avoir une expérience complète !

02

Chapitre 2 — La frontière des espèces mise à l'épreuve

Une fois posé que les animaux souffrent, reste la vraie question : et alors ? Beaucoup admettent qu'un cochon a mal sans en conclure qu'il faut cesser de l'exploiter. La frontière qu'on trace n'est donc pas celle de la douleur, mais celle de l'espèce : eux, c'est eux ; nous, c'est nous. Ricard reprend un mot forgé par le psychologue Richard Ryder et popularisé par le philosophe Peter Singer — le spécisme. L'idée : accorder moins de valeur morale à un être au seul motif qu'il n'appartient pas à notre espèce, exactement comme le racisme discrimine au sein de l'espèce humaine elle-même.

L'analogie est volontairement dérangeante, et Ricard l'assume. Il retrace le long élargissement du cercle moral : pendant des siècles, l'esclave, l'étranger, la femme, l'enfant ont été tenus hors du champ des égaux. À chaque étape, la même certitude que la frontière était naturelle et définitive. À chaque étape, elle a fini par céder. La question qu'il pose est simple : et si l'espèce était la prochaine frontière arbitraire, celle qu'on tient aujourd'hui pour évidente et qu'on regardera demain comme une injustice ?

Téléchargez Dygest

pour avoir une expérience complète !

03

Chapitre 3 — Soixante milliards de raisons de détourner le regard

Le plaidoyer bascule ici du principe aux chiffres, et les chiffres sont vertigineux. Chaque année, dans le monde, des dizaines de milliards d'animaux terrestres sont abattus pour la consommation — Ricard cite un ordre de grandeur d'environ soixante milliards, sans compter les poissons, qui se comptent, eux, en centaines de milliards voire en milliers de milliards. L'échelle est telle qu'elle échappe à l'imagination, et c'est justement ce qui la rend supportable : un individu qui souffre nous touche, un chiffre à onze zéros nous laisse froids.

L'élevage industriel occupe le centre de sa démonstration. Ricard décrit des poules pondeuses entassées dans des cages où elles ne peuvent déployer les ailes, des porcs sur caillebotis qui ne verront jamais le jour, des poussins mâles broyés vivants parce qu'ils ne pondront pas. Il ne cherche pas le pathos gratuit : il constate qu'un système entier a été conçu pour maximiser le rendement en traitant l'animal comme une unité de production. Le vivant y devient une matière première, et sa souffrance, un coût invisible qu'on ne compte nulle part.

Téléchargez Dygest

pour avoir une expérience complète !

04

Chapitre 4 — La cohérence comme point de bascule

Ce que le plaidoyer de Ricard vise, au fond, dépasse la question de la viande : c'est celle de la cohérence morale. Une morale, dans sa logique, ne vaut que si elle inclut aussi ceux qui ne peuvent pas réclamer leur place. On ne juge pas une éthique à la façon dont elle traite ses égaux — c'est facile — mais à la façon dont elle traite les faibles, les absents, ceux qui n'ont ni voix ni vote ni pouvoir de représailles. Les animaux sont, à cet égard, le test le plus pur qu'on puisse imaginer.

L'histoire humaine, telle que Ricard la lit, est celle d'une extension progressive de ce cercle. On a d'abord réservé la dignité à sa tribu, puis à sa nation, puis à toute l'humanité — chaque élargissement ayant paru, en son temps, excessif ou irréaliste. Sa thèse est que l'inclusion des autres espèces sensibles n'est pas une rupture avec ce mouvement, mais son prolongement naturel. Ce qui bloque n'est pas un argument, c'est une habitude et un intérêt.

Téléchargez Dygest

pour avoir une expérience complète !

05

Conclusion

Ricard boucle son plaidoyer là où il l'a ouvert : à table. Après avoir démonté le mur qui sépare les animaux qu'on aime de ceux qu'on mange, après avoir montré que la frontière des espèces tient moins de la nature que de l'habitude, il en tire la conséquence qu'il refuse d'esquiver. Réduire sa consommation de viande, ou y renoncer, n'est pas pour lui une lubie diététique : c'est la traduction pratique d'un raisonnement moral mené jusqu'au bout. Le végétarisme, chez lui, n'est pas une prescription — c'est le point où l'argument atterrit.

Téléchargez Dygest

pour avoir une expérience complète !