Télécharger l'app

Scanne. C'est dans ta poche.

QR Code — Dygest

Ouvre l'app Appareil photo, pointe sur le code. C'est gratuit à l'essai.

Géopolitique contemporaine

Géo­po­li­tique contem­po­raine

Charles Zorgbibe

Les zones d'affrontement du monde

Écouter l'extrait du podcast :
0:00 --:--

Description

Il y a des cartes qu'on regarde pour se rassurer : frontières nettes, pays coloriés, capitales à leur place. Et puis il y a celle que décrit Charles Zorgbibe, juriste et historien des relations internationales, dans Géopolitique contemporaine. Celle-là ne tient jamais en place. Un détroit qu'on croyait anodin devient le point où bascule l'approvisionnement de la moitié de la planète. Une vallée perdue entre deux montagnes concentre trois armées. Une mer semi-fermée voit s'affronter des revendications vieilles de mille ans et des plateformes pétrolières toutes neuves.

Zorgbibe fait un travail de cartographe du désordre. Il recense, région par région, les endroits où la tension est structurelle — pas conjoncturelle, pas liée à un dirigeant ou à une crise du moment, mais inscrite dans la géographie, l'histoire et la ressource. Le Proche-Orient, le Caucase, la mer de Chine, les Balkans, la Corne de l'Afrique. Des noms qu'on entend aux informations sans toujours voir ce qui les relie. Lui cherche précisément ce lien.

Car son pari, c'est que ces foyers dispersés ne sont pas une collection de faits divers tragiques. Ils obéissent à des logiques qu'on peut lire, des rivalités qui se répètent, des puissances qui se repositionnent derrière des conflits qui semblent locaux. Lire la géopolitique contemporaine, chez lui, c'est apprendre à voir la grammaire sous les titres de journaux.

La question que l’on se pose : Pourquoi certains points du globe restent-ils des foyers de conflit quels que soient les régimes, les époques et les dirigeants — et qu'est-ce que leur persistance dit de l'ordre mondial ?Ce que l’on va voir : Comment une poignée de lieux concentre les affrontements du monde, et ce que leur géographie révèle de la grande recomposition des puissances.

Sommaire

01

Chapitre 1 — Une carte du monde qui ne tient jamais en place

La géopolitique, telle que Zorgbibe la pratique, commence par un refus : celui de croire qu'une frontière tracée est une frontière réglée. Un État, ce n'est pas seulement un drapeau à l'ONU. C'est un territoire avec des voisins, des accès à la mer ou l'absence d'accès, des montagnes qui protègent ou qui enferment, des fleuves qu'il faut partager. Toute cette matière physique pèse sur les décisions bien après que les traités ont été signés. L'histoire s'efface, la géographie reste.

C'est pourquoi il insiste sur la différence entre les crises et les tensions. Une crise éclate et retombe — un coup d'État, un attentat, une guerre de quelques semaines. Une tension, elle, dure. Elle traverse les générations, change de prétexte sans changer de nature. Deux pays peuvent se faire la guerre pour une religion, puis pour une idéologie, puis pour une ressource, en se disputant toujours le même bout de terre. Le décor change, le point de friction non.

Téléchargez Dygest

pour avoir une expérience complète !

02

Chapitre 2 — Des lignes de faille qui portent un nom

Zorgbibe déroule alors sa liste, et c'est une géographie de l'inquiétude. Le Proche-Orient d'abord, où le conflit israélo-palestinien n'est qu'un des fils d'un écheveau qui mêle rivalités arabo-perses, fractures entre sunnites et chiites, et l'héritage des frontières dessinées à la règle par les diplomaties européennes après 1918. Des États posés sur des cartes qui ne correspondaient à aucune réalité humaine, et qui paient encore cette artificialité. Un siècle plus tard, les lignes tracées à Londres et à Paris continuent de saigner.

Le Caucase ensuite, cette charnière entre mondes où se croisent la Russie, la Turquie et l'Iran, trois empires anciens qui ne se résignent pas à n'être que des États. Le Haut-Karabakh, l'Abkhazie, la Tchétchénie : des noms minuscules sur la carte, des enjeux énormes parce qu'ils commandent les routes et les tubes qui font passer les hydrocarbures de la Caspienne vers l'Europe. Ici, chaque vallée est un couloir que quelqu'un veut contrôler.

Téléchargez Dygest

pour avoir une expérience complète !

03

Chapitre 3 — Le pétrole, l'eau, les routes : la matière des conflits

Derrière ces foyers, Zorgbibe cherche la matière concrète. Et elle est souvent plus prosaïque que les discours qui l'enrobent. Le premier moteur, c'est l'énergie. Le pétrole et le gaz ne sont pas seulement des marchandises ; ce sont des objets stratégiques dont dépend la survie des économies. Qui contrôle les gisements, qui contrôle les tubes, qui contrôle les détroits par lesquels passent les tankers — voilà des questions qui valent des guerres, et qui en ont déjà provoqué.

Les détroits, précisément, occupent une place centrale dans sa lecture. Ormuz, Malacca, le Bosphore, Bab el-Mandeb : des goulets de quelques kilomètres par où transite une part considérable du commerce mondial. Une puissance qui tient un détroit tient une poignée qu'elle peut serrer. Zorgbibe rappelle que ces passages ont toujours été des enjeux de domination, des Dardanelles antiques aux porte-avions contemporains. La géographie maritime n'a pas d'équivalent en matière de leviers : un chenal qu'on ferme, et c'est une économie entière qu'on étrangle sans poser un pied sur son sol.

Téléchargez Dygest

pour avoir une expérience complète !

04

Chapitre 4 — Quand les tensions locales re­de­viennent affaire de blocs

Reste la question que Zorgbibe garde pour la fin, et qui donne son relief à tout le reste : ces foyers dispersés sont-ils vraiment indépendants les uns des autres ? Sa réponse est non. Un conflit qui paraît local — deux voisins qui se disputent une frontière — devient rarement local longtemps. Très vite, des puissances plus grandes s'invitent, financent un camp, arment l'autre, transforment une querelle régionale en test de rapport de forces entre elles. Le terrain change d'échelle sans que ses habitants l'aient décidé.

C'est là que sa cartographie révèle sa vraie logique. Pendant la guerre froide, chaque crise était lue à travers le prisme des deux blocs : tout conflit local était un épisode de l'affrontement américano-soviétique. Zorgbibe observe qu'après une parenthèse où l'on a cru à un monde sans blocs, la logique de regroupement revient. Les puissances se réalignent, nouent des solidarités, dessinent des ensembles rivaux. La Chine et la Russie d'un côté, les démocraties atlantiques de l'autre, des États qui naviguent entre les deux — la carte se repolarise, mais selon des lignes plus floues, plus mouvantes qu'au siècle précédent.

Téléchargez Dygest

pour avoir une expérience complète !

05

Conclusion

Au bout de ce parcours, la carte de Zorgbibe n'est plus une collection de tragédies éparses. C'est un système. Chaque détroit, chaque vallée, chaque récif disputé s'inscrit dans un jeu plus vaste où un petit nombre de puissances cherchent à tenir les passages, les ressources et les positions qui commandent le reste. Les foyers persistent parce que la géographie ne bouge pas, et parce que les rivalités qu'ils cristallisent ne s'éteignent jamais vraiment : elles changent de nom et se rallument.

Téléchargez Dygest

pour avoir une expérience complète !