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The Precipice

The Precipice

Toby Ord

Les risques qui menacent notre espèce

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Description

En 2020, un philosophe d'Oxford du nom de Toby Ord a fait un calcul qui donne le vertige. Selon lui, la probabilité que l'humanité s'effondre — disparaisse, ou se retrouve amputée à jamais de son avenir — au cours du siècle qui vient est d'environ une sur six. Un lancer de dé. Pas dans mille ans, pas dans un futur de science-fiction : d'ici 2100, pour des gens déjà nés. Le chiffre est une estimation subjective, il le dit lui-même, mais il n'est pas sorti de nulle part. Il vient d'un travail patient, risque par risque, mené par quelqu'un qui a passé sa vie à réfléchir à ce qui compte vraiment.

Ord n'est pas un prophète de l'apocalypse. C'est un universitaire discret, connu pour avoir promis de donner une large part de ses revenus à des causes efficaces, et pour aborder les catastrophes avec le calme d'un comptable. Son livre, The Precipice, ne cherche pas à faire peur. Il cherche à ranger nos angoisses par ordre d'importance, à séparer ce qui nous terrifie à tort de ce qui devrait nous inquiéter vraiment. Astéroïdes, super-volcans, pandémies, guerre nucléaire, intelligence artificielle : chacun passe sur la table, chiffré, pesé, comparé.

L'idée qui traverse tout le bouquin est simple et dérangeante. L'humanité a traversé deux cent mille ans en survivant à tout ce que la nature lui jetait dessus. Mais depuis le milieu du XXe siècle, on s'est donné les moyens de se détruire nous-mêmes — et on ne les maîtrise pas. On est entré dans une zone étroite, un passage resserré entre un long passé et un avenir immense, où un faux pas suffirait à tout finir.

La question que l’on se pose : Parmi tout ce qui pourrait effacer l'humanité, qu'est-ce qui menace vraiment — et pourquoi ce siècle-ci change la donne ?Ce que l’on va voir : Comment un philosophe range les catastrophes possibles, ce qu'il trouve derrière les peurs les plus médiatiques, et ce que ça engage envers ceux qui viendront après nous.

Sommaire

01

Chapitre 1 — Un philosophe d'Oxford qui compte les fins du monde

Toby Ord appartient à une famille de penseurs qu'on croise rarement dans les rayons apocalypse. Il a cofondé le mouvement de l'altruisme efficace, cette idée qu'il faut faire le bien en le mesurant, comme on optimise un budget. Chercheur au Future of Humanity Institute d'Oxford, aux côtés de Nick Bostrom, il a consacré des années à une question que la plupart des gens évitent : et si l'histoire humaine pouvait simplement s'arrêter ?

Ce qui l'intéresse porte un nom précis : le risque existentiel. Il ne s'agit pas d'une catastrophe qui tuerait des millions de gens — aussi terrible soit-elle, l'humanité s'en relèverait, comme elle s'est relevée de la peste noire ou des deux guerres mondiales. Un risque existentiel, c'est autre chose : un événement qui détruirait pour toujours le potentiel de l'humanité. Soit l'extinction pure et simple, soit un effondrement dont on ne remonterait jamais — une civilisation figée, verrouillée dans un état misérable sans espoir d'en sortir.

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02

Chapitre 2 — Ce que la nature nous a toujours réservé

Commencer par les menaces naturelles a un intérêt : elles servent d'étalon. Depuis deux cent mille ans, notre espèce vit sous elles, et le simple fait d'être encore là dit quelque chose. Si les astéroïdes tueurs frappaient souvent, on ne serait pas nés. Ord se sert de cette longévité comme d'un thermomètre : un risque que nos ancêtres ont traversé des milliers de fois sans disparaître ne peut pas être énorme.

Prenons les astéroïdes et les comètes, la peur classique, celle qui a effacé les dinosaures. La bonne nouvelle, c'est qu'on a cartographié la quasi-totalité des objets assez gros pour menacer la civilisation — ceux de plus d'un kilomètre — et aucun n'est sur une trajectoire de collision pour les prochains siècles. Ord estime le risque d'extinction par astéroïde sur un siècle à environ un sur un million. Autant dire négligeable, et en plus surveillé de près.

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03

Chapitre 3 — Le vrai danger, c'est nous

Le basculement date d'un matin de juillet 1945, dans le désert du Nouveau-Mexique, quand la première bombe atomique a explosé. Pour Ord, c'est là que commence le Précipice : le moment où l'humanité s'est dotée, pour la première fois, du pouvoir de se détruire elle-même. Les risques naturels étaient stables depuis des millénaires. Les risques que nous créons, eux, montent d'année en année, au rythme de nos technologies.

La guerre nucléaire ouvre le bal. Une guerre totale ne tuerait pas tout le monde par ses explosions, mais pourrait déclencher un hiver nucléaire — des suies projetées dans la stratosphère, un refroidissement global, des récoltes anéanties pendant des années. L'ampleur de ce scénario reste débattue chez les climatologues, et Ord en tient compte : il n'y voit pas une extinction certaine, mais un risque réel qu'on aurait tort de balayer.

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04

Chapitre 4 — Un million d'années dans un dé à coudre

Additionnés, ces risques donnent le fameux un sur six. La quasi-totalité vient de nous : les menaces que l'humanité s'est fabriquées pèsent, dans son calcul, mille fois plus lourd que tout ce que la nature réunie peut nous envoyer. C'est le cœur du propos d'Ord, et c'est ce qui donne son nom au livre. Le Précipice, ce n'est pas une prédiction, c'est une situation — un moment où notre puissance a dépassé notre sagesse, où l'on peut se détruire sans encore savoir se retenir.

Ce déséquilibre définit, selon lui, une période très particulière de l'histoire humaine. Il aime rappeler l'échelle du temps : notre espèce a environ deux cent mille ans, mais si rien ne l'arrête, elle pourrait durer des centaines de milliers, voire des millions d'années, essaimer au-delà de la Terre, produire des vies et des œuvres qu'on ne peut même pas imaginer. Ramené à une existence individuelle, l'humanité en serait encore à sa toute première jeunesse — un adolescent qui vient de trouver des allumettes.

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05

Conclusion

The Precipice ne raconte pas une fin du monde. Il décrit un passage, celui qu'une espèce jeune et soudain très puissante doit franchir sans le rater. Ord range nos peurs : les astéroïdes et les volcans, qu'on redoute à tort, cèdent la place aux pandémies fabriquées et aux intelligences qu'on ne saurait plus arrêter. Le danger a changé de camp — il a quitté le ciel pour nos laboratoires. Et le chiffre d'une chance sur six, discutable dans le détail, dit surtout une chose : ce siècle n'est pas un siècle comme les autres.

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