Télécharger l'app

Scanne. C'est dans ta poche.

QR Code — Dygest

Ouvre l'app Appareil photo, pointe sur le code. C'est gratuit à l'essai.

Le renseignement et la lutte contre le terrorisme

Le ren­sei­gne­ment et la lutte contre le terrorisme

Jacques F. Baud

Le renseignement face au terrorisme

Écouter l'extrait du podcast :
0:00 --:--

Description

Un attentat frappe, et dans les heures qui suivent revient toujours la même phrase : « les services savaient ». Le suspect était fiché, il figurait sur une liste, il avait été signalé. On en déduit presque mécaniquement qu'il y a eu faute, défaillance, aveuglement coupable. L'intuition est tenace et rassurante : si on savait, on aurait dû empêcher. Jacques Baud, officier de renseignement suisse qui a passé sa carrière à ce métier, part précisément de ce malentendu pour raconter ce qu'est, concrètement, le renseignement quand il affronte le terrorisme.

Son point de départ n'est pas l'exploit d'espionnage ni la grande machine de surveillance. C'est un processus, presque administratif, qu'on appelle le cycle du renseignement : on oriente, on collecte, on analyse, on diffuse, puis on recommence. Un rouage lent, méthodique, pensé pour éclairer des décideurs face à des armées et des États. Le terrorisme, lui, ne suit aucune de ces règles. Il est petit, diffus, patient, et il n'a pas de capitale à surveiller.

De cette rencontre entre un outil rodé et un adversaire qui ne joue pas la même partie naît tout l'intérêt du livre. Baud ne cherche pas à dénoncer l'incompétence des services ni à vanter leurs prouesses. Il décrit un travail, ses contraintes, ses angles morts, et ce moment inconfortable où savoir ne suffit pas à agir.

La question que l’on se pose : Pourquoi des services qui « savent » n'empêchent-ils pas toujours ce qu'ils voient venir ?Ce que l’on va voir : Comment fonctionne la fabrique du renseignement, et où elle bute quand l'ennemi n'est plus un État mais une poignée d'individus.

Sommaire

01

Chapitre 1 — Un cycle qui tourne et un ennemi qui n'attend pas

Baud commence par poser la mécanique de base, celle qu'on apprend dans toutes les écoles de renseignement du monde : le cycle. Quatre temps, répétés sans fin. D'abord l'orientation, où un décideur politique ou militaire pose une question — que prépare tel groupe, où, quand. Ensuite la collecte, où l'on va chercher des bouts d'information par tous les moyens disponibles. Puis l'analyse, où ces bouts épars sont recoupés, confrontés, mis en forme pour produire du sens. Enfin la diffusion, où le produit fini remonte vers celui qui décidera. Et on recommence.

Ce cycle a une logique profonde : il transforme un chaos de signaux en une image exploitable. Mais il a aussi un rythme. Chaque étape prend du temps, chacune peut introduire du retard, du bruit, de la déformation. Un renseignement qui arrive trop tard ne vaut rien. Un renseignement mal orienté au départ — parce qu'on a posé la mauvaise question — produira une collecte en pure perte. Baud insiste sur ce point que les profanes ignorent : la qualité du produit final dépend surtout de la qualité de la question initiale, pas de la quantité d'informations récoltées.

Téléchargez Dygest

pour avoir une expérience complète !

02

Chapitre 2 — La taupe, le satellite et le mythe de la machine

Pour collecter, les services disposent de grandes familles de moyens, et Baud prend soin de démonter les idées reçues attachées à chacune. Il y a le renseignement humain, celui des sources, des informateurs, des agents infiltrés — ce que la culture populaire appelle l'espionnage. Il y a le renseignement technique : écoutes, interceptions, imagerie satellite, analyse des communications. Et il y a ce qu'on tire de sources ouvertes, cette masse d'informations publiques dont l'exploitation est souvent sous-estimée.

L'erreur commune, explique-t-il, est de croire que la technique a rendu l'humain obsolète. Un satellite voit un bâtiment, pas une intention. Une interception capte des mots, pas le contexte qui leur donne un sens. Contre un adversaire qui communique peu, qui connaît les méthodes de surveillance et s'en protège, la source humaine reste irremplaçable — et c'est précisément la plus difficile à obtenir. Infiltrer un réseau clandestin soudé par l'idéologie ou le lien familial prend des années, quand c'est seulement possible.

Téléchargez Dygest

pour avoir une expérience complète !

03

Chapitre 3 — Nommer l'ennemi avant de le combattre

Un chapitre entier du raisonnement de Baud porte sur une difficulté qu'on néglige : définir ce qu'on combat. Le terrorisme n'est pas un ennemi au sens militaire classique. Ce n'est pas une organisation unique, ni une doctrine fixe, ni même une forme d'action stable. C'est un mode d'action, une manière d'employer la violence pour produire un effet politique par la peur. Et un mode d'action, ça ne se détruit pas comme une armée.

Baud, qui a travaillé sur ces questions pour des institutions internationales, rappelle qu'il n'existe pas de définition du terrorisme universellement acceptée. Chaque État le définit à sa façon, souvent en fonction de ses propres intérêts. Le combattant de l'un est le terroriste de l'autre. Cette instabilité n'est pas qu'un débat de juristes : elle a des conséquences opérationnelles directes. Si on ne s'accorde pas sur ce qu'est la cible, on ne peut ni coopérer efficacement entre services, ni orienter correctement le cycle du renseignement.

Téléchargez Dygest

pour avoir une expérience complète !

04

Chapitre 4 — Ce que le ren­sei­gne­ment ne peut pas faire

Arrivé au bout de la mécanique, Baud pose la question qui dérange : jusqu'où le renseignement peut-il vraiment prévenir le terrorisme ? Sa réponse n'est pas celle d'un homme qui aurait perdu la foi dans son métier, mais celle d'un praticien lucide. Le renseignement a des limites qui ne sont pas des défauts d'exécution. Elles sont inscrites dans la nature même de l'outil et de sa cible.

La première limite est que le renseignement éclaire, il ne décide pas. Il remonte une information à un responsable politique ou judiciaire qui, lui, agit — ou n'agit pas. Un individu signalé mais contre qui aucun fait concret n'est établi ne peut pas être arrêté dans un État de droit. Savoir qu'une personne est dangereuse ne donne pas le droit de l'enfermer avant qu'elle n'ait agi. Cette tension entre prévention et liberté n'est pas un détail technique : c'est la contrainte fondamentale dans laquelle travaille tout service d'un pays démocratique.

Téléchargez Dygest

pour avoir une expérience complète !

05

Conclusion

On repart du reproche initial — « les services savaient » — et on le voit autrement. Oui, souvent, ils savaient quelque chose : un nom dans un fichier, un signalement parmi des milliers. Mais entre ce savoir fragmentaire et la capacité d'empêcher un acte précis, il y a tout ce que Baud a déplié : un cycle calibré pour d'autres menaces, des moyens puissants mais aveugles à l'individu, un ennemi qu'on peine même à définir, et une frontière juridique qui interdit d'agir sur la seule présomption.

Téléchargez Dygest

pour avoir une expérience complète !