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Apocalypse Never

Apocalypse Never

Contre l'alarmisme environnemental

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Description

En 2020, un Américain qui milite pour l'environnement depuis l'adolescence publie un livre au titre volontairement provocateur : Apocalypse Never. Michael Shellenberger a passé trente ans dans le camp vert — campagnes contre les énergies fossiles, financement de fermes solaires, plaidoyer pour les renouvelables. Et voilà qu'il présente publiquement ses excuses. Pas pour avoir défendu la nature, mais pour avoir, selon lui, contribué à répandre une peur exagérée sur ce qui attend la planète. Le livre devient aussitôt un objet de bagarre, applaudi par les uns, démonté par les autres.

Son propos tient en une phrase inconfortable : le changement climatique est réel, sérieux, causé par l'homme — mais il n'est pas la fin du monde qu'on nous décrit. Shellenberger reprend un par un les récits catastrophistes qui saturent le débat public — l'effondrement imminent, la sixième extinction, les incendies qui annoncent l'enfer — et les confronte aux rapports scientifiques dont ils sont censés découler. Son constat : l'écart entre ce que disent les données et ce qu'on en fait tenir dans les médias est énorme.

Le livre a été attaqué avec autant de force qu'il a été lu, et une partie de ses affirmations a été contestée point par point par des chercheurs. Raison de plus pour le décrypter honnêtement : suivre son raisonnement jusqu'au bout, puis regarder où il tient et où il vacille.

La question que l’on se pose : Le catastrophisme écologique aide-t-il la cause qu'il prétend défendre, ou lui nuit-il ?Ce que l’on va voir : Le parcours d'un militant qui retourne sa veste, les données qu'il oppose aux prophéties, et la contre-attaque des scientifiques qu'il a provoquée.

Sommaire

01

Chapitre 1 — Un militant vert qui change de camp

Michael Shellenberger n'est pas un climatosceptique venu de l'industrie pétrolière. C'est là toute la charge de son livre. Adolescent dans les années 1980, il collecte des fonds pour l'Amazonie et milite contre l'apartheid. Jeune adulte, il défend les travailleurs immigrés, puis se consacre à l'énergie propre. En 2003, avec Ted Nordhaus, il cofonde le Breakthrough Institute, un think tank environnemental qui pousse pour des investissements massifs dans les technologies vertes. Il conseille des campagnes, participe à orienter des milliards de dollars vers le solaire et l'éolien.

Son basculement ne vient pas d'un reniement politique mais, dit-il, du terrain. En étudiant de près les dossiers qu'il défendait, Shellenberger tombe sur des contradictions. Les fermes solaires géantes ravagent des habitats naturels dans les déserts californiens. Les éoliennes tuent des oiseaux et des chauves-souris par centaines de milliers. Surtout, il constate que les pays qui ont massivement misé sur les renouvelables — l'Allemagne en tête — ont vu leurs émissions stagner et leurs factures grimper, faute d'avoir pu remplacer le charbon.

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Chapitre 2 — Ce que disent vraiment les courbes

Le cœur du livre est un exercice de recadrage. Shellenberger prend les affirmations catastrophistes les plus répandues et les compare aux rapports du GIEC et aux publications scientifiques dont elles se réclament. Sa méthode est simple : citer la source, puis montrer comment elle a été durcie, tronquée ou détournée au passage.

Prenons les incendies. Après les feux australiens de l'été 2019-2020, on a lu partout qu'ils signaient un emballement climatique inédit. Shellenberger objecte que la surface brûlée dans le monde a en réalité diminué d'environ un quart depuis le début des années 2000, selon les données satellites de la NASA, et que la gravité des feux tient largement à l'accumulation de combustible et aux choix de gestion forestière, pas seulement au réchauffement. Même logique sur les catastrophes naturelles : le nombre de morts liées aux événements climatiques a chuté de plus de 90 % en un siècle, à mesure que les sociétés se sont enrichies et protégées.

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Chapitre 3 — Le nucléaire, cette solution qu'on refuse

Si Shellenberger devait garder une seule bataille, ce serait celle-ci. Le nucléaire est, chiffres à l'appui, la source d'énergie décarbonée la plus dense et l'une des plus sûres jamais mises en service. Il rappelle que les grandes catastrophes — Tchernobyl, Fukushima — ont fait bien moins de victimes directes que la peur qu'elles ont inspirée ne le laisse croire. À Fukushima, l'accident nucléaire lui-même n'a causé qu'une poignée de décès attribuables aux radiations ; l'essentiel du drame vient du tsunami et de l'évacuation paniquée.

Le paradoxe qu'il pointe est cruel. Chaque fois qu'un pays ferme ses centrales par précaution — l'Allemagne après 2011, une partie de la Californie — il remplace de l'énergie propre par du gaz ou du charbon, et ses émissions augmentent. La France, qui a bâti son réseau autour de l'atome dans les années 1970 et 1980, produit une électricité parmi les moins carbonées d'Europe, à un coût longtemps modéré. Pour Shellenberger, l'écologie qui combat le nucléaire se tire une balle dans le pied climatique.

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Chapitre 4 — Quand la peur devient un business

Arrivé là, Shellenberger déplace la focale. Il ne s'agit plus seulement de savoir si telle courbe monte ou descend, mais de comprendre pourquoi le récit apocalyptique s'impose alors même que les données le contredisent. Sa réponse dépasse le climat : elle touche à la manière dont une cause se transforme en industrie de la peur, avec ses financements, ses carrières et ses gratifications psychologiques.

Il observe d'abord que l'alarmisme paie. Les ONG lèvent davantage de fonds quand l'échéance est imminente et la menace totale. Les médias captent plus d'attention avec un titre sur la fin du monde qu'avec un rapport nuancé. Les chercheurs eux-mêmes, soumis à la compétition pour les crédits, ont intérêt à formuler leurs conclusions dans les termes les plus frappants. Ce n'est pas un complot, insiste-t-il, mais un système d'incitations qui pousse tout le monde à dramatiser, chacun à son étage.

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05

Conclusion

Le fil du livre est là, tenu de bout en bout : un militant de longue date affirme que la cause qu'il défend s'est laissée déborder par sa propre dramaturgie. Le climat change, l'homme en est responsable, mais l'humanité s'adapte, s'enrichit et se protège mieux qu'avant — et les solutions les plus puissantes, le nucléaire en tête, sont écartées au nom d'une peur qui sert mal la planète et beaucoup d'intérêts. Apocalypse Never demande moins d'y croire que d'aller relire les rapports que tout le monde cite sans les ouvrir.

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