Télécharger l'app

Scanne. C'est dans ta poche.

QR Code — Dygest

Ouvre l'app Appareil photo, pointe sur le code. C'est gratuit à l'essai.

Quand le corps dit non

Quand le corps dit non

Gabor Maté

Le stress qui finit par rendre malade

Écouter l'extrait du podcast :
0:00 --:--

Description

Dans son cabinet de Vancouver, Gabor Maté finit par repérer un air de famille entre ses patients. Pas les symptômes — ceux-là varient, cancer, sclérose en plaques, polyarthrite, maladie de Crohn. Non, quelque chose dans la manière d'être. Des gens qui ne disent jamais non. Qui portent les autres, encaissent, minimisent, s'excusent presque d'exister. Des gens qu'on qualifie de gentils, de forts, de courageux — et qui tombent gravement malades sans explication médicale satisfaisante.

Médecin de famille pendant vingt ans, puis en soins palliatifs, Maté a vu défiler assez de dossiers pour que l'intuition devienne gênante. Et si une partie de ces maladies n'était pas qu'une affaire de gènes et de hasard ? Et si le corps, à force d'absorber ce qu'on refuse de ressentir, finissait par présenter la facture ? En 2003, il met cette hypothèse dans un livre, Quand le corps dit non, qui va devenir un classique inconfortable de la médecine grand public.

L'idée est séduisante et dérangeante à la fois. Séduisante parce qu'elle redonne du sens à la maladie. Dérangeante parce qu'elle flirte avec un terrain miné : celui où l'on finit par rendre le malade responsable de son mal. Maté marche sur ce fil pendant tout son livre, et c'est là que ça devient passionnant à suivre.

La question que l’on se pose : Est-ce que les émotions qu'on refoule pendant des années peuvent, à la longue, se traduire en maladie physique ?Ce que l’on va voir : L'hypothèse d'un médecin qui a passé sa carrière à chercher ce qui relie le vécu intérieur de ses patients aux corps qui finissent par lâcher.

Sommaire

01

Chapitre 1 — Un médecin qui voyait toujours le même patient

Mary avait la sclérodermie, une maladie auto-immune où le corps attaque ses propres tissus conjonctifs. Quand Maté la suit, il découvre une femme qui a passé sa vie à s'effacer. Enfant placée, maltraitée, elle est devenue adulte incapable de formuler le moindre besoin, dévouée aux autres jusqu'à l'épuisement. Un jour, en consultation, Maté lui demande si elle a déjà su dire non. La question la laisse sans voix. C'est ce genre de scène, répétée dossier après dossier, qui a nourri le livre.

Maté raconte aussi des figures publiques. Il revient sur la fin de vie de personnes connues pour leur dévouement extrême, leur incapacité à se ménager, leur habitude de porter des charges émotionnelles énormes sans jamais les décharger. À chaque fois, le même motif : des gens qui ont enterré leurs propres émotions sous un sens du devoir écrasant, et dont le corps a fini par craquer par un endroit inattendu.

Téléchargez Dygest

pour avoir une expérience complète !

02

Chapitre 2 — La biologie du refoulement

Pour tenir son hypothèse, Maté avait besoin de plus que des histoires de cabinet. Il va donc la brancher sur ce que la science appelle depuis les années 1980 la psycho-neuro-immunologie — le champ qui étudie comment le cerveau, le système hormonal et le système immunitaire se parlent en permanence. L'idée de base est devenue solide : ces trois systèmes ne sont pas des départements séparés, ils forment un même réseau, et un signal émotionnel peut circuler jusqu'aux défenses immunitaires.

La pièce maîtresse, c'est le stress chronique. Face à une menace, le corps libère du cortisol et de l'adrénaline : rythme cardiaque qui s'accélère, vigilance qui monte, réponse immunitaire qui se réorganise. Ce mécanisme est brillant sur le court terme, fait pour fuir un danger et revenir au calme. Le problème, c'est quand il ne s'éteint jamais. Un cortisol élevé en permanence use les tissus, dérègle l'inflammation et épuise les cellules censées surveiller les intrus. Hans Selye, le pionnier de la recherche sur le stress, avait posé ces bases dès le milieu du XXe siècle.

Téléchargez Dygest

pour avoir une expérience complète !

03

Chapitre 3 — Ces maladies qui parlent une langue qu'on ignore

Maté concentre son attention sur des pathologies où la part du vécu émotionnel lui semble lisible. Les maladies auto-immunes d'abord — polyarthrite, lupus, sclérose en plaques — où le système de défense se retourne contre son propre corps. L'image le fascine : un organisme qui attaque ce qu'il devrait protéger, comme un écho biologique d'une vie passée à se nier soi-même. Il relie ces maladies à des histoires de frontières jamais posées, de besoins jamais défendus.

Il s'attarde aussi sur les cancers, terrain autrement plus délicat. Il n'affirme pas que la détresse émotionnelle fabrique une tumeur. Il avance que le stress chronique, en affaiblissant la surveillance immunitaire et en nourrissant l'inflammation, peut faire partie du terrain qui laisse une maladie s'installer. Il raconte des patientes atteintes d'un cancer du sein dont l'histoire est traversée par le même fil : l'abnégation, le silence, la difficulté à exprimer un conflit. Prudent, il reste du côté du facteur de risque, pas de la cause unique.

Téléchargez Dygest

pour avoir une expérience complète !

04

Chapitre 4 — Le piège d'une médecine qui coupe le corps en deux

Si Quand le corps dit non dérange autant, c'est qu'il attaque une habitude profonde de la médecine moderne : séparer le corps et l'esprit, les confier à des spécialistes différents, et traiter l'un sans jamais interroger l'autre. Maté fait remonter cette coupure à Descartes, qui distinguait la matière pensante de la matière étendue. Pratique pour faire avancer la science, cette séparation a produit des prouesses — mais elle a aussi appris aux médecins à regarder un organe sans regarder la vie qui va avec.

La force du livre est de replacer le patient entier dans la pièce. Sa faiblesse, c'est le risque inverse, que Maté connaît et tente de désamorcer page après page : glisser vers l'idée que les gens tombent malades parce qu'ils s'y prennent mal avec leurs émotions. Dire à une femme atteinte d'un cancer qu'elle aurait dû davantage exprimer sa colère, c'est ajouter la culpabilité à la souffrance. Maté répète qu'il ne s'agit pas de responsabilité mais de compréhension. La nuance est fragile, et tous les lecteurs ne la tiennent pas.

Téléchargez Dygest

pour avoir une expérience complète !

05

Conclusion

Maté referme son livre comme il l'a ouvert : au chevet de patients dont le corps a fini par exprimer ce que leur vie entière avait étouffé. Son hypothèse tient en une phrase simple et redoutable — à force de dire oui quand tout en nous dit non, on laisse à l'organisme le soin de poser la limite à notre place. Entre l'abnégation érigée en vertu et la maladie qui survient, il trace un pont que la médecine a longtemps préféré ignorer, et qu'on ne regarde plus tout à fait de la même manière une fois qu'il l'a montré.

Téléchargez Dygest

pour avoir une expérience complète !