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J'ai décidé de maigrir

J'ai décidé de maigrir

Jean-Michel Cohen

Une méthode d'amaigrissement encadrée

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Description

On se lève un matin, on se regarde dans le miroir, et on décide. Cette fois c'est bon, on s'y met. On supprime le pain, on saute le dîner, on télécharge l'application qui compte les calories, on jure de ne plus toucher au fromage. Trois semaines plus tard, trois kilos en moins, puis le mur. Et six mois après, les kilos sont revenus, souvent avec un ou deux copains en prime. Ce scénario, à peu près tout le monde l'a vécu une fois, parfois dix.

Jean-Michel Cohen, nutritionniste français qui a passé sa carrière en cabinet à recevoir des gens épuisés par leurs régimes successifs, est parti de ce constat pour écrire un bouquin sans promesse spectaculaire. Pas de poudre, pas d'aliment miracle, pas de détox. Son point de départ est presque froid : avant de décider quoi enlever, il faut savoir ce qu'on mange vraiment. Et son point d'arrivée l'est tout autant — le vrai sujet n'est pas la vitesse à laquelle on descend, mais la capacité à ne pas remonter.

L'idée tranche avec l'industrie du régime, qui vend de la perte rapide parce que la perte rapide se photographie bien. Cohen, lui, raconte un trajet plus lent, plus bête en apparence, qui commence par un carnet et finit par une question qu'on pose rarement : qu'est-ce qui se passe le jour où on a atteint son objectif ?

La question que l’on se pose : Pourquoi perdre du poids est la partie facile, et le garder la partie que presque personne ne réussit ?Ce que l’on va voir : La méthode encadrée d'un nutritionniste qui remplace la promesse du choc par la mécanique patiente d'un poids qui tient.

Sommaire

01

Chapitre 1 — Chapitre 1 — Avant de couper quoi que ce soit, on compte

La première étape de Cohen n'enlève rien. Elle demande juste de regarder. Pendant une à deux semaines, on note tout ce qui entre dans la bouche — le petit-déjeuner, bien sûr, mais aussi le carré de chocolat de 16 heures, le verre de vin, les deux cuillères goûtées en cuisinant, les restes des enfants finis debout devant le frigo. Pas pour culpabiliser, pour cartographier. Parce que la plupart des gens, affirme-t-il, sous-estiment largement ce qu'ils avalent, non par malhonnêteté mais parce qu'une bonne partie de ce qu'on mange échappe à la conscience.

Ce bilan alimentaire a un rôle précis : il révèle le vrai profil de celui qui veut maigrir. Certains ne mangent pas trop à table mais grignotent en continu. D'autres font des repas raisonnables et s'effondrent le soir, devant la télé, quand la vigilance tombe. D'autres encore ne mangent presque rien la journée, convaincus de bien faire, puis compensent d'un coup au dîner avec les intérêts. Chaque cas appelle une correction différente, et aucune n'est trouvable tant qu'on n'a pas le portrait réel sous les yeux. Deux personnes au même poids peuvent avoir deux problèmes opposés.

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02

Chapitre 2 — Chapitre 2 — Maigrir, c'est de l'arith­mé­tique avant d'être de la volonté

Une fois le bilan posé, Cohen ramène le sujet à sa base physique, sans romantisme. Le corps dépense une certaine quantité d'énergie chaque jour — pour respirer, bouger, digérer, rester chaud. Si on lui apporte moins que ça, il puise dans ses réserves, et on maigrit. Si on lui apporte plus, il stocke. Tout le reste, les régimes à la mode, les combinaisons d'aliments interdites, les fenêtres horaires magiques, tourne autour de cette balance-là, qu'on l'avoue ou non. Les promesses qui prétendent la contourner vendent surtout une illusion confortable.

Ce cadre a une conséquence libératrice : aucun aliment n'est diabolique en soi. Le pain, les pâtes, le fromage, le chocolat ne sont pas des ennemis à bannir. Ce qui compte, c'est la quantité et la fréquence, pas l'interdit. Cohen se méfie des régimes qui suppriment des familles entières d'aliments, parce qu'ils créent de la frustration, et que la frustration se paie toujours plus tard, au moment du craquage. L'aliment interdit devient obsession, et l'obsession finit toujours par gagner.

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03

Chapitre 3 — Chapitre 3 — Les trois phases, et pourquoi la dernière est la vraie

La méthode se déroule en temps distincts, et Cohen tient à ce qu'on ne les confonde pas. La première phase est la plus visible : on installe le déficit, les kilos descendent, la motivation est haute parce que la balance récompense. C'est la phase que tout le monde connaît et que les régimes vendent, celle qui tient quelques semaines sur l'élan de la décision du miroir. Le problème, c'est qu'on la prend pour toute l'histoire alors qu'elle n'en est que le premier acte.

Vient ensuite un passage que les patients redoutent : le palier. La perte ralentit, parfois s'arrête, alors qu'on n'a rien changé. Le corps s'est adapté au nouvel apport, il dépense moins. Cohen explique que ce n'est pas un signe d'échec mais une étape normale, et que c'est précisément là que la plupart des gens abandonnent, découragés de ne plus voir le chiffre bouger. Tenir ce plateau, ajuster légèrement sans se décourager, c'est déjà entrer dans l'esprit de la dernière phase.

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04

Chapitre 4 — Chapitre 4 — Le poids qui tient contre le poids qui revient

Si Cohen passe autant de temps sur la stabilisation, c'est qu'il se bat contre un réflexe culturel profond : on pense la perte de poids comme un événement, avec un début, un effort, une fin. Avant-après. La photo du maillot. Le défi des trois mois. Toute l'imagerie du régime raconte une transformation ponctuelle, un sommet qu'on atteint et qui serait, par nature, acquis. Or le corps ne fonctionne pas par événements, il fonctionne par régimes au sens physiologique — des états entretenus en continu.

Le phénomène du yoyo, ces cycles de perte et de reprise qui ponctuent la vie de tant de gens, découle directement de cette confusion. On traite l'amaigrissement comme une parenthèse de privation, donc on attend qu'elle se referme pour revenir à la vie normale — c'est-à-dire exactement à ce qui avait fait grossir. La reprise n'est pas une rechute morale, c'est la conséquence logique d'avoir considéré l'effort comme temporaire. Et chaque cycle laisse souvent le corps un peu plus prompt à stocker, un peu plus difficile à convaincre, ce qui rend le régime suivant plus dur que le précédent.

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05

Conclusion

On revient au matin du miroir, à la décision. Cohen ne la méprise pas — tout commence par là. Mais son livre déplace le centre de gravité : la décision de maigrir est un point de départ facile, presque gratuit, tandis que la vraie difficulté se loge dans ce que personne ne décide, l'entretien discret du poids une fois qu'il est atteint. Le carnet du début et l'équilibre de la fin se répondent : il fallait voir clair pour partir, il faut rester lucide pour tenir.

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