Télécharger l'app

Scanne. C'est dans ta poche.

QR Code — Dygest

Ouvre l'app Appareil photo, pointe sur le code. C'est gratuit à l'essai.

Negotiation genius

Negotiation genius

Deepak Malhotra

Négocier par les intérêts

Écouter l'extrait du podcast :
0:00 --:--

Description

On imagine souvent la négociation comme un bras de fer. Deux personnes assises face à face, chacune campée sur un chiffre, qui se rapprochent centimètre par centimètre jusqu'à couper la poire en deux. Celui qui tient le plus longtemps, qui parle le plus fort, qui bluffe le mieux, gagne. C'est l'image qu'on garde du marchandage sur un marché ou de l'achat d'une voiture d'occasion. Deepak Malhotra, professeur à la Harvard Business School, a passé sa carrière à démonter cette image dans un livre qu'il cosigne avec Max Bazerman, Negotiation genius, paru en 2007.

Sa thèse tient dans un déplacement simple mais qui change tout. La plupart des gens négocient sur des positions — le prix, la date, le pourcentage. Or derrière chaque position se cache un intérêt : la vraie raison pour laquelle quelqu'un veut ce qu'il demande. Deux personnes qui semblent se disputer le même dollar veulent parfois deux choses différentes, et il y a moyen de les servir toutes les deux. Le négociateur qui creuse le pourquoi trouve des accords que le marchandeur, obsédé par le combien, ne verra jamais.

Malhotra ne vend pas des astuces de manipulation ni des formules à réciter. Il propose une manière de voir la table de négociation où la valeur ne se répartit pas seulement — elle se fabrique. Et là où la plupart des livres du genre s'arrêtent à « comment obtenir plus », lui va jusqu'à un endroit plus inconfortable : reconnaître les négociations qu'il vaut mieux ne pas mener du tout.

La question que l’on se pose : Et si la meilleure façon d'obtenir plus n'était pas de mieux marchander, mais de comprendre ce que l'autre veut vraiment ?Ce que l’on va voir : Comment un professeur de Harvard remplace le bras de fer par une enquête sur les intérêts — et pourquoi il conclut sur les accords qu'il faut refuser.

Sommaire

01

Chapitre 1 — La question qu'on ne pose jamais : pourquoi

Malhotra ouvre sur un exemple devenu classique, emprunté à la tradition de Harvard. Deux sœurs se disputent une orange. Chacune la veut, il n'y en a qu'une. Solution évidente : la couper en deux. Sauf qu'en creusant, on découvre que l'une voulait le jus pour boire, l'autre l'écorce pour un gâteau. En coupant l'orange en deux, chacune a jeté la moitié de ce dont l'autre avait besoin. Une seule question — pour quoi faire ? — aurait donné à chacune la totalité de ce qu'elle voulait.

L'histoire est simple, presque trop, mais elle installe le cœur du livre. Une position, c'est ce que quelqu'un dit vouloir. Un intérêt, c'est la raison sous-jacente. Le marchandeur reste au niveau des positions et se retrouve à couper des oranges. Le négociateur que Malhotra appelle « genius » descend d'un cran et cherche l'intérêt, parce que c'est là que se cachent les accords que personne n'avait vus.

Téléchargez Dygest

pour avoir une expérience complète !

02

Chapitre 2 — Le gâteau qu'on croyait fixe

La croyance que Malhotra veut détruire porte un nom : le « fixed-pie bias », le biais du gâteau fixe. On entre en négociation persuadé que ce que l'autre gagne, on le perd — que la valeur est une quantité figée à se partager. Sous cette hypothèse, toute négociation devient un jeu à somme nulle où le seul enjeu est la taille de sa part. C'est faux dans la plupart des cas, et c'est la source d'à peu près toutes les mauvaises affaires.

Une fois qu'on connaît les intérêts des deux camps, on s'aperçoit qu'ils diffèrent rarement à l'identique. Les parties valorisent les choses différemment : l'une tient au calendrier, l'autre au prix ; l'une veut de la flexibilité, l'autre des garanties. Ces différences ne sont pas des obstacles, ce sont la matière première d'un accord qui agrandit le gâteau au lieu de le découper. Malhotra parle de « logrolling » — échanger sur plusieurs enjeux à la fois, en cédant là où ça coûte peu pour obtenir là où ça compte.

Téléchargez Dygest

pour avoir une expérience complète !

03

Chapitre 3 — Le pouvoir vient de la préparation, pas du bluff

Le concept que Malhotra place au centre de son arsenal vient de la tradition de Harvard : la BATNA, pour « best alternative to a negotiated agreement ». En clair, ce qu'on fera si la négociation échoue. C'est la solution de repli, le plan B concret. Et pour Malhotra, c'est elle, et non le charisme ni l'audace, qui détermine le vrai rapport de force. Celui qui a une bonne alternative peut se lever de table ; celui qui n'en a pas est à la merci de l'autre, quel que soit son talent oratoire.

La conséquence pratique est directe : le pouvoir de négociation ne se cultive pas à la table, il se construit avant. Améliorer sa BATNA — obtenir une autre offre d'emploi, trouver un fournisseur alternatif, se donner du temps — vaut mieux que n'importe quelle technique verbale. Et connaître la BATNA de l'autre, deviner ce qu'il fera s'il n'y a pas d'accord, permet de savoir jusqu'où on peut pousser sans le faire fuir. Beaucoup de gens surestiment la force de l'adversaire faute d'avoir simplement estimé ses alternatives.

Téléchargez Dygest

pour avoir une expérience complète !

04

Chapitre 4 — Négocier avec des gens qui trichent — et savoir dire non

La partie la plus utile du livre est peut-être celle où Malhotra sort du monde idéal des deux parties raisonnables. Que faire face à quelqu'un qui ment, qui menace, qui pose des ultimatums, qui traîne pour vous épuiser ? Sa réponse ne consiste pas à répondre coup pour coup. Elle consiste à ne pas se laisser enfermer dans le jeu que l'autre veut imposer, et à ramener sans cesse la discussion vers les intérêts et les faits vérifiables plutôt que vers le rapport de force brut.

Face à une tactique agressive, il conseille de la nommer plutôt que d'y répondre : dire calmement « je remarque que vous posez un ultimatum » désamorce souvent mieux qu'une contre-menace. Face à un mensonge probable, structurer l'accord pour qu'il se vérifie — clauses conditionnelles, paiements échelonnés, garanties — de sorte que la parole de l'autre coûte cher si elle est fausse. On ne se protège pas de la mauvaise foi en devenant méfiant, mais en construisant des accords qui n'exigent pas de faire confiance aveuglément.

Téléchargez Dygest

pour avoir une expérience complète !

05

Conclusion

On est parti d'un bras de fer et on arrive ailleurs. La négociation, chez Malhotra, n'est pas l'art de tenir plus longtemps que l'autre sur un chiffre, mais celui de descendre sous les positions jusqu'aux intérêts, de découvrir que le gâteau n'était jamais fixe, et d'arriver préparé avec une alternative solide plutôt qu'un bon bluff. L'orange coupée en deux du premier chapitre résume tout : le marchandeur partage ce qu'il aurait pu faire grandir.

Téléchargez Dygest

pour avoir une expérience complète !