Votre temps est infini
Et si votre journée était plus longue qie vous ne le pensiez ?
Description
On connaît tous cette phrase, on l'a dite ou on l'a entendue : « je n'ai pas le temps ». On la répète comme un constat, une donnée du réel, aussi solide que la gravité. Pourtant, quand on additionne une journée bout à bout — le sommeil, le travail, les trajets, les repas — il reste presque toujours des heures qui disparaissent sans qu'on sache où. Fabien Olicard, mentaliste et vidéaste connu pour ses tours de mémoire et ses vidéos vues par des millions de gens, en a fait le point de départ d'un bouquin paru en 2019, « Votre temps est infini ».
Son pari est dans le titre, et il assume la provocation. Non, personne n'a vingt-cinq heures dans une journée. Mais une bonne partie des vingt-quatre qu'on a file dans des trous qu'on ne voit même plus : le téléphone attrapé sans raison, le mail relu trois fois, la tâche recommencée faute d'avoir été notée. Olicard ne promet pas de ralentir le temps. Il propose de le récupérer, morceau par morceau, là où on le laisse fuir sans s'en apercevoir.
Ce qui rend le propos particulier, c'est qu'il ne vient pas d'un gourou de la gestion du temps ni d'un consultant en entreprise. Il vient de quelqu'un qui a dû, très concrètement, tenir une chaîne vidéo, une tournée de spectacles, une famille et une vie — et qui a bricolé ses propres méthodes avant d'en faire un livre. C'est du terrain, pas de la théorie.
La question que l’on se pose : Si personne ne manque vraiment d'heures, où passent celles qu'on croit perdues — et peut-on sérieusement les reprendre ?Ce que l’on va voir : D'où vient la sensation permanente de manquer de temps, et la méthode qu'un mentaliste a bâtie pour le récupérer là où il s'échappe.
Sommaire
01 Chapitre 1 — Le temps qu'on ne compte jamais
Le point de départ d'Olicard est un exercice tout bête, qu'il invite à faire avant de lire la suite : poser sur une journée type tout ce qu'on fait, heure par heure. Sommeil, boulot, transports, repas, douche, enfants. Quand on fait l'addition honnêtement, le total ne remplit pas les vingt-quatre heures. Il reste un résidu — souvent deux ou trois heures — qui ne correspond à rien d'identifiable. Ce résidu, c'est le cœur du sujet. Ce n'est pas du temps qu'on n'a pas. C'est du temps qu'on a et qu'on ne voit pas.
Là où Olicard se détache des manuels de productivité classiques, c'est qu'il refuse de culpabiliser le lecteur. Ces heures évaporées ne sont pas le signe qu'on est paresseux ou mal organisé. Elles sont le symptôme d'un environnement qui a été conçu, assez méthodiquement, pour capter l'attention en continu. Le téléphone ne sonne plus pour une raison précise ; il vibre, clignote, propose, relance. Chaque sollicitation prend trente secondes en apparence, et en coûte beaucoup plus en réalité, parce qu'il faut ensuite revenir à ce qu'on faisait.
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02 Chapitre 2 — Les voleurs qu'on invite soi-même
Une fois le résidu identifié, Olicard s'attaque à ce qui le remplit. Et sa thèse, inconfortable, c'est que les plus gros voleurs de temps ne sont pas imposés de l'extérieur — on les fait entrer soi-même. Le premier d'entre eux est la fameuse notification. Pas celle qu'on consulte, celle qui existe. Savoir qu'un message attend suffit à occuper une partie de l'esprit, même sans ouvrir l'application. L'attention fuit vers un arrière-plan permanent de « j'ai peut-être un truc à voir ».
Le deuxième voleur, c'est la tâche qu'on garde en tête au lieu de la poser quelque part. Olicard, qui a travaillé la mémoire toute sa vie, défend ici une idée contre-intuitive pour un mentaliste : il ne faut surtout pas tout retenir. Un cerveau qui doit se souvenir de passer à la pharmacie, rappeler untel et finir un dossier est un cerveau qui tourne en fond sonore, mobilisé par la gestion plutôt que par l'exécution. Vider sa tête sur une liste, aussi banal que ça paraisse, libère une ressource qu'on ne soupçonnait pas.
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03 Chapitre 3 — La boîte à outils d'Olicard
Le livre bascule ensuite dans le pratique, et c'est là qu'Olicard est le plus à l'aise. Il ne propose pas une méthode unique à suivre à la lettre, mais une collection d'outils dans laquelle on pioche. Le premier, et le plus structurant, est la liste. Tout sort de la tête et va sur le papier ou l'écran : tâches, idées, courses, choses à ne pas oublier. L'objectif n'est pas la discipline pour elle-même, c'est de rendre à l'esprit sa disponibilité. Une tâche écrite cesse d'occuper l'arrière-plan.
Deuxième outil : le découpage. Une grosse tâche décourage et se reporte parce qu'elle paraît infranchissable. Olicard conseille de la casser en morceaux si petits que le premier devient évident à commencer. « Écrire le rapport » paralyse ; « ouvrir le document et écrire le titre » se fait. Le mouvement enclenché, le reste suit plus facilement. C'est une mécanique d'amorçage plus qu'un effort de volonté.
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04 Chapitre 4 — Le temps comme choix, pas comme fatalité
Au fond, ce que propose Olicard dépasse la gestion des minutes. Son vrai sujet, derrière les listes et les plages de concentration, c'est le refus d'un mensonge confortable. « Je n'ai pas le temps » est une phrase qui arrange, parce qu'elle place la responsabilité ailleurs — sur le travail, sur les enfants, sur l'époque. Elle transforme un arbitrage en fatalité. Or, dans la quasi-totalité des cas, la vérité est plus crue : on a le temps, on a juste choisi, consciemment ou non, de le mettre ailleurs.
Ce déplacement du regard est inconfortable, et le livre ne le cache pas. Reconnaître qu'on a passé une heure sur son téléphone plutôt que de dire qu'on n'avait pas une heure, c'est s'attribuer une décision qu'on préférait ne pas voir. Mais c'est aussi la seule porte de sortie. Une contrainte subie ne se négocie pas ; un choix, oui. En requalifiant le manque de temps en répartition du temps, Olicard rend au lecteur une marge de manœuvre que la plainte lui avait confisquée.
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05 Conclusion
Le titre était une provocation, et Olicard le savait. Notre temps n'est pas infini au sens propre — personne ne gagne une vingt-cinquième heure. Mais la sensation d'en manquer, elle, est largement fabriquée : par un environnement conçu pour capter l'attention, et par notre propre réflexe de garder tout en tête, de céder à chaque sollicitation, de confondre agitation et efficacité. Ce que le livre reprend, ce ne sont pas des heures qui n'existaient pas. Ce sont des heures qui étaient là, dispersées, invisibles, et qu'une poignée d'habitudes simples suffit à rendre de nouveau disponibles.
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