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The industries of the future

The industries of the future

Alec Ross

Les secteurs qui feront l'économie de demain

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Description

En 1999, un type de trente ans monte une association pour brancher les écoles pauvres de Baltimore à Internet. Dix ans plus tard, il conseille Hillary Clinton au Département d'État américain sur tout ce qui touche à l'innovation, avec un titre inventé pour lui : Senior Advisor for Innovation. Alec Ross a passé quatre ans à faire le tour du monde pour le compte de la diplomatie américaine, à voir de près les start-up de Nairobi, les labos de Séoul, les bureaux de code d'Estonie. En 2016, il en tire un bouquin, The Industries of the Future, où il essaie de répondre à une question toute simple que tout parent finit par se poser : de quoi sera fait le monde du travail de nos enfants ?

Sa réponse ne relève pas de la boule de cristal. Ross ne prédit pas les gadgets à la mode dans vingt ans. Il pointe quatre grands terrains où, selon lui, se jouera l'essentiel de la richesse et du pouvoir des décennies à venir : les robots qui quittent les usines, le décryptage du génome humain, la transformation de l'argent en lignes de code, et la guerre invisible des données. Quatre secteurs qui ont un point commun : ils sortent tous des laboratoires pour entrer dans le quotidien.

Là où le livre devient plus mordant, c'est quand il arrête de parler technologie pour parler géographie et société. Parce que ces industries ne vont pas fleurir partout de la même façon. Certains pays sont déjà en position, d'autres regardent passer le train. Et ce qui fait la différence, pour Ross, n'est pas là où on l'attend.

La question que l’on se pose : Sur quels terrains va se jouer la richesse des prochaines décennies, et qu'est-ce qui décide vraiment de qui va gagner ?Ce que l’on va voir : Le portrait d'un homme qui a vu l'innovation de l'intérieur, les quatre secteurs qu'il désigne comme décisifs, et la grille très concrète qu'il propose pour deviner qui prendra l'avance.

Sommaire

01

Chapitre 1 — Un gamin de Virginie-Occidentale devenu conseiller d'Obama

Alec Ross n'est pas un enfant de la Silicon Valley. Il grandit en Virginie-Occidentale, dans une région charbonnière en plein déclin, où il voit de ses propres yeux ce qui arrive à une économie quand l'industrie qui la faisait vivre s'effondre. Ce point de départ compte : tout son livre est traversé par l'idée que les révolutions technologiques créent des gagnants et des perdants, et que naître du mauvais côté de la vague coûte cher.

Diplômé, il devient prof dans une école défavorisée de Baltimore via le programme Teach for America, puis cofonde en 2000 une organisation, One Economy, dont le but est d'apporter Internet et ses ressources aux familles à bas revenus. L'idée est déjà là : la fracture numérique n'est pas un détail technique, c'est une fracture économique qui se creuse. Le succès de l'initiative le fait remarquer.

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02

Chapitre 2 — Des robots qui sortent de l'usine pour entrer chez nous

Le premier grand terrain, c'est la robotique. Les robots ne sont pas nouveaux : ils vissent des portières dans les usines automobiles depuis les années 1960. Ce qui change, selon Ross, c'est qu'ils quittent l'environnement fermé et prévisible de la chaîne de montage pour entrer dans des espaces désordonnés — les rues, les hôpitaux, les maisons. Cette bascule tient à la conjonction de trois progrès : des capteurs devenus bon marché, une puissance de calcul qui explose, et des logiciels capables d'apprendre.

Le pays qu'il regarde le plus, c'est le Japon. Vieillissant, avec une population qui décline et une méfiance culturelle envers l'immigration de masse, le Japon voit dans le robot une réponse au manque de bras, notamment pour s'occuper d'une population âgée toujours plus nombreuse. Ross décrit des robots de compagnie, des exosquelettes pour soulever les patients, des machines pensées pour le soin. Là où l'Occident projette souvent ses angoisses de science-fiction, la culture japonaise, dit-il, aborde le robot avec bien moins de méfiance.

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03

Chapitre 3 — Le code du vivant et l'argent qui devient du code

Le deuxième terrain, Ross l'appelle le grand tournant de la génomique. En 2003, le séquençage du premier génome humain a coûté environ trois milliards de dollars et pris plus d'une décennie. Une poignée d'années plus tard, on pouvait séquencer un génome pour quelques milliers de dollars en quelques jours — une chute de prix plus rapide que celle des ordinateurs. Ce qui était de la recherche de pointe devient un service. Pour Ross, la santé s'apprête à vivre ce que l'informatique a vécu : le passage du sur-mesure hors de prix à la consommation courante.

Les promesses sont vertigineuses. Une médecine dite de précision, où le traitement d'un cancer est calibré sur le profil génétique de la tumeur plutôt que sur des protocoles standards. Le repérage précoce de maladies inscrites dans l'ADN. Ross voit dans les sciences du vivant le grand secteur de croissance du XXIe siècle, comme le numérique l'a été pour le précédent. Mais il n'esquive pas les zones d'ombre : qui possède les données génétiques, à qui profitent-elles, et que se passe-t-il quand une assurance ou un employeur veut savoir ce qui est écrit dans nos chromosomes.

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04

Chapitre 4 — Pourquoi certains pays vont rafler la mise et d'autres non

Le dernier terrain que Ross désigne est le plus sombre : la cybersécurité. Il la décrit comme l'industrie de la peur et le champ de bataille du siècle. Quand la richesse, l'infrastructure et les secrets d'État se rangent dans des serveurs, les attaquer devient l'arme la moins chère et la plus discrète du monde. Ross, qui a vu ça de l'intérieur de la diplomatie américaine, considère que les conflits futurs se joueront autant par le code que par les armes, et que protéger les réseaux deviendra un marché colossal. Mais l'essentiel de son propos, à ce stade, n'est plus la technologie elle-même.

Car sa vraie thèse est géographique et sociale. Les quatre industries qu'il a passées en revue vont bien arriver ; la seule question est de savoir où elles prendront racine. Et pour Ross, ce qui décide de l'avance d'un pays n'est ni la taille ni les ressources naturelles. C'est un cocktail plus subtil : l'ouverture, la qualité de l'éducation, la capacité à attirer et à retenir des talents, et un environnement politique qui laisse respirer l'innovation sans l'étouffer. Il oppose des sociétés fermées et contrôlées à des écosystèmes ouverts, et donne l'avantage aux seconds sur la durée.

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05

Conclusion

The Industries of the Future ne cherche pas à prédire les objets qu'on aura dans les mains en 2040. Le pari de Ross est plus large : il désigne quatre forces — robotique, génomique, monnaies numériques, cybersécurité — dont il pense qu'elles feront et déferont des fortunes et des puissances. Le fil qui les relie, c'est que chacune sort du laboratoire pour toucher la vie ordinaire, et que chacune redistribue les cartes entre ceux qui la maîtrisent et ceux qui la subissent. L'ancien gamin de Virginie-Occidentale n'oublie jamais qu'une vague technologique laisse toujours des gens sur le rivage.

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