Télécharger l'app

Scanne. C'est dans ta poche.

QR Code — Dygest

Ouvre l'app Appareil photo, pointe sur le code. C'est gratuit à l'essai.

Fail fast or win big

Fail fast or win big

Bernhard Schroeder

Échouer vite ou gagner gros

Écouter l'extrait du podcast :
0:00 --:--

Description

On a tous en tête l'image de l'entrepreneur visionnaire qui verrouille son idée dans un garage, garde le secret pendant des mois, peaufine son produit jusqu'à la perfection, puis dévoile au monde une chose finie qui change tout. C'est une belle histoire. C'est aussi, selon Bernhard Schroeder, à peu près la meilleure façon de perdre son temps, son argent et parfois sa maison. Schroeder a passé des années à conseiller des créateurs d'entreprise, à observer ceux qui réussissaient et ceux qui coulaient, et il en a tiré un bouquin dont le titre sonne comme une provocation : échouer vite ou gagner gros.

Le renversement tient en une phrase : la question n'est pas « comment éviter l'échec », mais « comment échouer le plus tôt et le moins cher possible ». Parce que la plupart des idées de départ sont fausses — pas un peu fausses, carrément fausses — et que le seul moyen de le savoir, c'est de les confronter à de vrais clients avant d'avoir tout misé dessus. L'entrepreneur qui découvre au bout de deux ans que personne ne veut de son produit a payé son apprentissage au prix fort. Celui qui l'a découvert en trois semaines a payé une paille.

Derrière ce conseil se cache une conviction plus large sur la nature du risque : l'incertitude ne se dissout pas en réfléchissant plus longtemps dans son coin, elle se réduit en allant chercher l'information là où elle se trouve, dehors, chez les gens censés payer. Reste à savoir comment on organise concrètement cette confrontation, et pourquoi l'instinct nous pousse presque toujours dans la direction inverse.

La question que l’on se pose : Pourquoi la meilleure stratégie pour réussir un lancement consiste-t-elle à chercher l'échec le plus vite possible ?Ce que l’on va voir : Comment Schroeder retourne la peur de se tromper en méthode, et ce que le prix de l'erreur nous apprend bien au-delà de l'entrepreneuriat.

Sommaire

01

Chapitre 1 — Le mythe du plan parfait

Le point de départ de Schroeder, c'est une observation qui contredit tout ce qu'on raconte sur les fondateurs de génie. La grande majorité des entreprises ne meurent pas parce que leur produit était mal fabriqué ou leur équipe incompétente. Elles meurent parce qu'elles ont construit, avec application, quelque chose dont personne ne voulait. Le problème n'est pas l'exécution. C'est la prémisse. On a résolu à la perfection un problème qui n'existait pas, ou qui n'existait pas assez pour que quelqu'un sorte sa carte bleue.

Or l'instinct de l'entrepreneur pousse exactement à l'inverse de ce qu'il faudrait faire. On tombe amoureux de son idée. On la trouve tellement évidente qu'on ne conçoit pas qu'elle puisse être fausse. Alors on la protège : on évite d'en parler de peur qu'on nous la vole, on repousse le moment de la montrer, on préfère la fignoler encore un peu avant le grand jour. Cette prudence, qui ressemble à du sérieux, est en réalité une manière de retarder le seul verdict qui compte — celui du marché.

Téléchargez Dygest

pour avoir une expérience complète !

02

Chapitre 2 — Le lean avant l'heure, version Schroeder

L'idée que Schroeder défend n'est pas tombée du ciel. Elle s'inscrit dans un courant qui a remodelé la Silicon Valley au tournant des années 2010, autour de Steve Blank et de son élève Eric Ries, l'auteur du Lean Startup. Le principe partagé : une startup n'est pas une petite version d'une grande entreprise, c'est une organisation temporaire dont le vrai métier est de chercher un modèle économique viable. Elle ne sait pas encore ce qu'elle vend, ni à qui. Son travail, c'est de le découvrir.

De là découle le vocabulaire qui structure tout le raisonnement. On formule des hypothèses — sur le client, le problème, la solution, le prix. On les traite comme ce qu'elles sont, des paris, pas des faits. Puis on les teste une par une, en commençant par la plus risquée, celle qui, si elle est fausse, fait s'écrouler le reste. Inutile de vérifier qu'on peut livrer en vingt-quatre heures si personne ne veut du produit qu'on livre.

Téléchargez Dygest

pour avoir une expérience complète !

03

Chapitre 3 — Tester une idée avant d'y croire

La partie la plus concrète du livre concerne la manière de mener ces tests sans se mentir à soi-même. Car il y a un art de poser les questions, et une façon presque garantie de se tromper : demander aux gens si leur idée leur plaît. Tout le monde, par politesse, répond que oui. Un enthousiasme poli ne vaut rien. Schroeder pousse à chercher des preuves d'engagement, pas des compliments : les gens sont-ils prêts à laisser leur email, à pré-commander, à payer un acompte, à consacrer du temps ? L'argent et l'effort ne mentent pas comme les mots mentent.

Le test bien conçu part d'une hypothèse falsifiable et d'un critère de réussite fixé à l'avance. Avant de lancer une page, on décide : si moins de tant de pour cent des visiteurs cliquent pour acheter, l'hypothèse est morte. Ce seuil défini en amont protège contre le biais le plus vicieux de l'entrepreneur amoureux, qui trouvera toujours une raison d'expliquer un mauvais résultat — le mauvais jour, le mauvais canal, les gens qui n'ont pas compris. Sans critère préalable, aucun test ne peut vraiment échouer, donc aucun test n'apprend quoi que ce soit.

Téléchargez Dygest

pour avoir une expérience complète !

04

Chapitre 4 — Ce que coûte l'ap­pren­tis­sage tardif

Si on prend un peu de hauteur, ce que Schroeder décrit dépasse largement le cas de la startup. Il touche à quelque chose de très général : le moment où l'on paie l'information dont on a besoin pour décider. Toute décision qui engage des ressources — de l'argent, du temps, de l'énergie — repose sur des paris. La seule variable qu'on maîtrise vraiment, c'est l'instant où l'on découvre si ces paris étaient bons. Tôt, c'est bon marché. Tard, c'est ruineux. Et le coût grimpe de façon vertigineuse à mesure qu'on avance.

C'est ce que les ingénieurs ont mesuré depuis longtemps sous d'autres noms : corriger un défaut à l'étape de la conception coûte une fraction de ce qu'il coûte une fois le produit livré au client. La même courbe régit une reconversion professionnelle, un déménagement, un mariage, un manuscrit de dix ans. Plus on attend pour confronter son hypothèse à la réalité, plus on a investi, plus il devient douloureux d'admettre qu'on s'est trompé — et plus, du coup, on résiste à l'admettre. L'investissement passé, qui devrait être sans effet sur la décision, se met à peser sur elle.

Téléchargez Dygest

pour avoir une expérience complète !

05

Conclusion

Échouer vite ou gagner gros n'oppose pas deux issues, il décrit une même trajectoire vue par ses deux bouts. On échoue vite, sur de petites hypothèses, à bas coût, pour se donner une chance de gagner gros là où le marché confirme qu'on avait vu juste. Schroeder ne vend pas le culte de l'échec, cette esthétique un peu creuse des conférences où l'on célèbre ses ratés comme des trophées. Il vend une chose plus sobre : la vitesse à laquelle on accepte d'apprendre qu'on s'est trompé.

Téléchargez Dygest

pour avoir une expérience complète !