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Everything is figureoutable

Everything is fi­gu­reou­table

Marie Forleo

Tout problème a une solution

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Description

Marie Forleo grandit dans le New Jersey, dans une maison où sa mère répare à peu près tout ce qui tombe en panne. Un jour, la gamine la regarde retaper une vieille radio avec un tournevis et une notice qu'elle n'a jamais lue. Comment tu sais faire ça ? La mère répond sans lever les yeux : rien n'est impossible à comprendre si tu t'y mets vraiment. Tout peut se débrouiller. La phrase, presque banale sur le moment, va devenir la colonne vertébrale d'un livre paru en 2019 : Everything is Figureoutable.

Le mot n'existe pas vraiment en anglais. Forleo l'a fabriqué à partir de cette réplique maternelle, et elle en a fait une devise, puis une méthode. L'idée tient en une conviction simple, presque provocante : face à un problème, la vraie question n'est jamais « est-ce que c'est possible ? », mais « est-ce que je veux vraiment trouver comment ? ». Le reste — le talent, l'argent, le temps, les circonstances — vient après. D'abord la posture, ensuite l'action.

Le livre a un côté qui pourrait faire lever les yeux au ciel : encore un manuel qui promet que rien ne résiste à la volonté. Sauf que Forleo ne vend pas la pensée positive naïve, et qu'elle prend soin de délimiter ce que sa formule couvre et ce qu'elle ne couvre pas. C'est là que ça devient intéressant à décrypter.

La question que l’on se pose : Qu'est-ce qui bloque vraiment l'action face à un problème — le manque de moyens, ou une croyance qu'on n'a jamais examinée ?Ce que l’on va voir : Comment une phrase de cuisine devient une méthode de résolution, et où passe la ligne entre agir et se raconter des histoires.

Sommaire

01

Chapitre 1 — Une phrase héritée d'une mère qui réparait tout

L'origine du livre n'est pas un séminaire ni une révélation. C'est une cuisine du New Jersey et une femme qui refusait de payer un réparateur quand elle pouvait ouvrir le capot elle-même. La mère de Forleo posait du carrelage, ravalait un mur, remontait un moteur, toujours avec la même méthode : lire, essayer, rater, recommencer. Elle n'avait pas de diplôme d'ingénieur. Elle avait une conviction têtue que n'importe quel problème finit par livrer sa logique si on y consacre assez d'attention.

Forleo raconte avoir mis des années à comprendre que ce n'était pas un trait de caractère isolé, mais une véritable manière de se tenir face au monde. Sa mère ne se demandait jamais si elle était capable. Elle se demandait par où commencer. La différence est énorme : la première question paralyse, la seconde met en mouvement. Une bonne partie du livre consiste à transformer cette intuition domestique en principe applicable ailleurs qu'à une radio cassée.

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02

Chapitre 2 — La croyance avant la technique

Le cœur de la thèse est plus subtil qu'un slogan de motivation. Forleo distingue deux niveaux : ce qu'on croit possible, et ce qu'on fait. Et elle affirme que le second dépend presque entièrement du premier. Nos croyances ne sont pas des décorations mentales sans conséquence — elles filtrent ce qu'on tente. Si on est convaincu qu'un problème est insoluble, on ne cherche pas de solution. On ne rate même pas : on ne commence pas.

Elle appelle ça installer la croyance comme un logiciel. Avant d'attaquer une difficulté, on décide, presque techniquement, de la considérer comme solvable. Non pas facile, non pas garantie — solvable. Ce basculement change tout le comportement qui suit. Le cerveau, dit-elle en s'appuyant sur des travaux de psychologie de la motivation, se met à chercher des voies là où, en mode « impossible », il ne voyait que des murs. La posture précède l'information, elle ne la suit pas.

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03

Chapitre 3 — Le mur de la peur, de l'excuse et du per­fec­tion­nisme

Reste l'obstacle le plus coriace, celui qui vit à l'intérieur. Forleo passe une bonne partie du livre à démonter ce qui empêche d'appliquer sa formule alors même qu'on y adhère. Le premier saboteur est la peur, qu'elle refuse de traiter comme un signal d'arrêt. La peur, pour elle, n'est pas la preuve qu'on va dans le mur — c'est souvent la preuve qu'on va vers quelque chose qui compte. Elle propose de la réinterpréter comme un indicateur de direction, pas de danger.

Le deuxième saboteur est l'excuse déguisée en constat. « Je n'ai pas le temps », « je n'ai pas l'argent », « je suis trop vieux, trop tôt, trop tard ». Forleo les prend une à une et montre qu'elles sont presque toujours des jugements sur la priorité, pas des faits sur la réalité. « Je n'ai pas le temps » veut dire, la plupart du temps, « ce n'est pas ma priorité » — ce qui est un choix légitime, à condition de l'assumer comme tel plutôt que de le maquiller en fatalité extérieure. Le langage trahit la croyance : changer les mots oblige à regarder le vrai choix en face.

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04

Chapitre 4 — Ce qu'une posture change dans une vie ordinaire

Si on prend un peu de hauteur, la vraie proposition de Forleo n'est pas une méthode de productivité. C'est une position sur la question la plus ancienne qui soit : est-ce que le monde est déjà écrit, ou est-ce qu'il reste de la marge ? La plupart des gens vivent, sans se l'avouer, avec un fond de fatalisme — les choses sont ce qu'elles sont, on fait avec, on n'y peut pas grand-chose. Tout est solvable est le refus explicite de ce fond-là.

Ce refus a une conséquence inconfortable, et Forleo ne l'esquive pas. Si l'on admet que l'action reste possible, on ne peut plus se réfugier derrière l'impuissance. Le fatalisme est confortable précisément parce qu'il déresponsabilise : si rien n'est possible, on n'a rien à se reprocher. La posture inverse rend chaque renoncement visible comme un choix. C'est plus exigeant, et c'est probablement pour ça qu'on préfère souvent croire que les choses nous dépassent.

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05

Conclusion

On revient à la cuisine du New Jersey et à cette femme qui ouvrait le capot au lieu d'appeler un réparateur. Ce que Forleo a tiré de ce souvenir n'est pas un truc pour réussir, c'est un rapport aux problèmes : les traiter comme des choses à comprendre plutôt que comme des verdicts à subir. La formule qu'elle en a faite ne promet pas que tout se pliera à nous. Elle promet seulement que le point de départ n'est jamais « est-ce possible », mais « est-ce que je décide de chercher ».

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