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80/20 sales and marketing

80/20 sales and marketing

Perry Marshall

Appliquer la loi de Pareto à sa prospection

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Description

Un commercial reçoit une liste de cent prospects le lundi matin. Il les traite un par un, dans l'ordre, avec la même énergie pour le premier que pour le dernier — parce que c'est ça, être sérieux : ne négliger personne. À la fin du mois, il regarde ses ventes et découvre un truc qu'il connaissait déjà sans vouloir le voir : l'essentiel de son chiffre vient d'une poignée de clients. Le reste a coûté du temps, des relances, des cafés, pour presque rien.

Perry Marshall, consultant en marketing digital devenu spécialiste de la publicité en ligne, a bâti tout un système autour de cette observation banale. Son livre, 80/20 Sales and Marketing, paru en 2013, part d'une idée qu'on croit connaître — la fameuse loi de Pareto, 80 % des effets viennent de 20 % des causes — et la transforme en méthode de prospection. Pas comme une jolie statistique à ressortir en réunion, mais comme une boussole pour décider où mettre son argent et son temps.

Son pari : la plupart des gens qui vendent quelque chose travaillent dur sur les mauvaises choses. Ils dispersent leur effort de façon égalitaire dans un monde qui, lui, ne l'est pas du tout. Et une fois qu'on a compris à quel point ce déséquilibre est profond, on ne prospecte plus, on ne fait plus de pub, on ne fixe plus ses prix de la même manière.

La question que l’on se pose : Et si travailler plus dur sur tout était exactement le contraire de ce qu'il faut faire pour vendre ?Ce que l’on va voir : Comment un déséquilibre statistique connu de tous devient une méthode concrète pour choisir où concentrer son effort — et ce que ça révèle du rapport qu'on entretient avec le travail.

Sommaire

01

Chapitre 1 — Un dés­équi­libre qui refuse de disparaître

Au début du XXᵉ siècle, un économiste italien, Vilfredo Pareto, remarque que 80 % des terres de son pays appartiennent à 20 % de la population. Il retrouve la même répartition dans son jardin : une petite fraction de ses cosses de pois produit l'essentiel de la récolte. L'observation aurait pu rester une curiosité. Elle est devenue, un demi-siècle plus tard, un principe de gestion, popularisé sous le nom de loi de Pareto ou principe 80/20.

Marshall reprend le principe mais insiste sur un point qu'on oublie souvent : ce n'est pas une règle qu'on applique, c'est une loi qu'on subit, qu'on le veuille ou non. Dans à peu près n'importe quel jeu de données commerciales, on retrouve la même bosse. Une minorité de clients fait la majorité du chiffre. Une minorité de produits génère la majorité des marges. Une minorité de canaux publicitaires rapporte la majorité des ventes. On ne décide pas que ce sera 80/20 — on le constate.

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02

Chapitre 2 — La loi qui se cache dans la loi

Là où Marshall va plus loin que le principe classique, c'est en remarquant que le 80/20 ne s'arrête pas au premier découpage. Il se répète à l'intérieur de lui-même. Prenez les 20 % de clients qui font 80 % du chiffre. Appliquez-leur la même loi : à l'intérieur de ce petit groupe, une nouvelle minorité fait de nouveau l'essentiel. Et on peut recommencer encore.

Marshall appelle ça le 80/20 fractal, ou parfois le 80/20 à la puissance deux, à la puissance trois. Concrètement, si on part de cent clients pour dix mille euros de chiffre, les vingt meilleurs font peut-être huit mille. Parmi ces vingt, les quatre premiers font peut-être six mille quatre cents. Et parmi ces quatre, un seul peut peser la moitié de tout. Le déséquilibre ne se dilue pas quand on zoome — il s'accentue.

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03

Chapitre 3 — Choisir avant de vendre

Une fois posé que la valeur est concentrée, la prospection devient d'abord un problème de tri, pas de persuasion. Marshall renverse l'ordre habituel : avant de chercher à convaincre, il faut chercher à éliminer. Repérer vite qui ne deviendra jamais client, pour ne pas dépenser son énergie de conviction dessus. Il aime dire que les meilleurs vendeurs ne sont pas ceux qui savent transformer un non en oui, mais ceux qui savent reconnaître un non le plus tôt possible.

Il en fait un principe qu'il formule crûment : chaque prospect est soit en train d'acheter, soit en train de faire perdre du temps. Le travail consiste à construire des filtres qui laissent passer les premiers et arrêtent les seconds. Une annonce publicitaire, dans cette logique, n'est pas là pour plaire au plus grand nombre — elle est là pour trier. Une bonne pub repousse volontairement les curieux qui ne dépenseront rien, et attire uniquement ceux qui ont le problème, le budget et l'urgence.

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04

Chapitre 4 — Ce que le 80/20 fait à celui qui l'applique

Au fond, ce que propose Marshall dépasse la prospection. Le 80/20 est une façon de regarder le monde comme un endroit fondamentalement inégal — où l'effort et le résultat ne sont pas proportionnels, où deux heures peuvent valoir un mois, où quelques décisions comptent infiniment plus que toutes les autres. Adopter ce regard, c'est renoncer à une croyance profondément installée : celle qui veut que le mérite se mesure à la quantité d'effort dépensé.

C'est peut-être là que le livre touche quelque chose de plus large. Beaucoup de gens tirent une part de leur estime de soi de leur activité — être occupé, répondre à tout, ne rien laisser traîner, s'occuper de chaque client comme s'il était le plus important. Le 80/20 dit que cette morale de l'effort égalitaire coûte cher. Il faut accepter que la plupart de ce qu'on fait ne serve presque à rien, et que quelques rares actions portent presque tout. Pour beaucoup, c'est plus difficile à admettre qu'à comprendre.

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05

Conclusion

Le commercial du lundi matin peut reprendre sa liste de cent noms. Mais cette fois, au lieu de la descendre dans l'ordre, il cherche d'abord les quelques cases qui vont peser. Il coupe vite les prospects qui perdent son temps, il concentre son énergie sur le petit groupe prêt à payer, et il accepte de laisser filer le reste. C'est tout le retournement que propose Marshall : passer d'un effort réparti à un effort concentré, guidé par une loi qu'on ne choisit pas mais qu'on peut apprendre à lire.

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