Télécharger l'app

Scanne. C'est dans ta poche.

QR Code — Dygest

Ouvre l'app Appareil photo, pointe sur le code. C'est gratuit à l'essai.

Couverture de 'Les oceans'

Les Océans

Dygest Original

71% de la planète, et on ne sait presque rien.

Écouter l'extrait du podcast :
0:00 --:--

Description

À plus de 4000 mètres sous la surface océanique gisent des nodules polymétalliques des boules de minéraux accumulées lentement au fil des millénaires.

Elles contiennent des concentrations exceptionnelles de manganèse, de nickel, de cobalt et de cuivre. Ces minerais sont critiques pour fabriquer les batteries des véhicules électriques et les éoliennes: chaque voiture électrique nécessite entre 50 et 100 kilos de nickel, 10 à 15 kilos de cobalt.

Avec la transition énergétique qui s’accélère, la demande en ces métaux va tripler ou quadrupler d’ici 2050. Les gisements terrestres de cobalt sont concentrés en Afrique centrale, le nickel en Indonésie et aux Philippines. Cette dépendance géopolitique a créé une pression croissante pour exploiter les fonds marins.

L’International Seabed Authority (ISA), une agence de l’ONU créée en 1994, doit donner des licences de “deep-sea mining” dans les eaux internationales. Le paradoxe central est que tout le monde reconnaît que l’exploitation des fonds marins à grande échelle portant des risques écologiques mal documentés, mais que personne ne veut attendre qu’on les comprenne mieux: le manque de ces minerais crée un coût alternatif très réel (ralentissement de la transition énergétique, dépendance géopolitique accrue).

Ce qu’on va voir : L’écologie des fonds marins et l’importance des nodules polymétalliques pour la transition énergétique, ce qu’on sait réellement et ce qui reste ignoré de ces écosystèmes profonds, la gouvernance complexe de l’International Seabed Authority et les enjeux géopolitiques de l’exploitation minière océanique, et enfin le paradoxe où l’urgence climatique presse vers une extraction minière aux risques écologiques mal compris.

Le fil rouge : La tension entre l’urgence de la transition énergétique qui exige ces minerais et l’impossibilité actuelle de comprendre les véritables risques écologiques avant de commencer l’exploitation industrielle des fonds marins.

Sommaire

01

L’écologie des fonds marins: ce qu’on sait et ce qu’on ignore

Les fonds marins sont en grande partie une frontière scientifique. On connaît mieux la surface de la lune que les profondeurs de l’océan au-delà de 2000 mètres. Selon un rapport de l’UNESCO (2019), 80% des fonds océaniques mondiaux n’ont jamais été cartographiés en détail. Les régions où les nodules polymétalliques sont concentrées les plaines abyssales à 4000-6000 mètres sont particulièrement mal étudiées. Ce qu’on sait: ces zones abritent une biodiversité bien plus importante qu’on l’estimait encore en 2010.

Téléchargez Dygest

pour avoir une expérience complète !

02

L’ISA et la gouvernance des eaux in­ter­na­tio­nales

L’International Seabed Authority a été créée en 1994 par la Convention des Nations Unies sur le Droit de la Mer. Son mandat est de régulariser les activités dans la “Zone” les fonds marins au-delà des juridictions nationales, soit 54% des océans. L’ISA est composée de 168 États membres.

Elle a pour mission d’autoriser les activités d’exploitation et d’en recevoir une part des revenus, à destination des pays en développement. Pendant 30 ans, l’ISA a très peu autorisé d’activités: principalement de la recherche et quelques contrats de prospection de nodules.

Téléchargez Dygest

pour avoir une expérience complète !

03

Tech­no­lo­gies et mécaniques de l’ex­ploi­ta­tion sous-marine

Le deep-sea mining se ferait selon un processus relativement simple: des navires en surface contrôlent des collecteurs autonomes qui aspirent les nodules du fond marin, créant des panaches de sédiment.

Ces panaches remontent quelques centaines de mètres, se dispersent, et retombent. Une simulation de la Commonwealth Scientific and Industrial Research Organisation (CSIRO) australienne publiée en 2022 estime qu’un panache de sédiment peut affecter des zones de 500 à 2000 kilomètres carrés autour d’un champ d’extraction. Cette dispersion n’est pas uniforme: elle dépend des courants océaniques, de la profondeur, de la viscosité du sédiment.

Téléchargez Dygest

pour avoir une expérience complète !

04

Économie bleue, cadre juridique et enjeux géo­po­li­tiques

L’économie bleue l’exploitation des ressources marines est un secteur en croissance. Les revenus des activités maritimes mondiales (pêche, transport maritime, énergie marine, tourisme) approchent 2 à 3 billions de dollars annuels selon un rapport de la Banque Mondiale (2017). Le deep-sea mining est vendu comme une opportunité d’améliorer la transition énergétique et d’offrir une source de revenus aux petits États côtiers.

Mais la réalité économique est complexe. Les contrats de nodules proposés par l’ISA offrent aux États côtiers entre 5 et 15% des revenus nets d’exploitation. Une étude de Resources for the Future (2023) calcule que pour Nauru, un contrat d’exploitation intensive rapporterait entre 50 et 150 millions de dollars annuels pendant 20-30 ans.

Téléchargez Dygest

pour avoir une expérience complète !

05

Conclusion

L’exploitation des fonds marins incarne un dilemme sans réponse facile: on a besoin de ces minerais pour réussir la transition énergétique, mais on ne comprend pas suffisamment les écosystèmes avant d’y intervenir.

Trois positions coexistent. La première est celle de la précaution maximale: aucune exploitation tant que les risques n’ont pas été documentés (ce qui pourrait prendre 10-20 ans). La deuxième est celle du pragmatisme: les risques existent, mais l’absence de ces minerais crée aussi des risques (ralentissement climatique, dépendance géopolitique) il faut donc exploiter de manière régulée et progressive.

Téléchargez Dygest

pour avoir une expérience complète !

06

Pour aller plus loin

Questions pour aller plus loin :

-Existe-t-il une fenêtre de temps acceptable pour mener une recherche écologique plus profonde avant d’autoriser une exploitation généralisée des fonds marins?

- Comment internaliser les coûts écologiques globaux de l’exploitation dans les contrats d’exploitation, de sorte que les bénéficiaires directs paient aussi pour les risques qu’ils créent?

Téléchargez Dygest

pour avoir une expérience complète !