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Couverture de 'Vercingetorix'

Ver­cin­gé­to­rix

Jean-Louis Brunaux

Biographie de Vercingétorix, le chef gaulois

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Description

De Vercingétorix, on connaît surtout le nom, sa lutte héroïque contre Rome, sa défaite à Alésia et le récit qu’en donna Jules César. Mais d’autres écrits et des trésors exhumés par l’archéologie invitent à redécouvrir et à explorer des pans enfouis de l’histoire de l’ancienne Gaule. Cet adolescent arverne, fils de roi, formé tôt à la chose militaire, s’est hissé tout jeune au commandement suprême de la résistance gauloise au conquérant romain.

Cette biographie, la première qui lui est consacrée, retrace l’itinéraire singulier de Vercingétorix : son enfance au sein d’une lignée aristocratique ; l’éducation reçue par ses maîtres druides ; sa formation auprès de César dont il était devenu l’otage lors de la guerre des Gaules ; la rébellion enfin, où il se découvre grand leader politique et redoutable chef militaire. Une vie brève, qui aura nourri une grande postérité.

Sommaire

01

In­tro­duc­tion

La parution de cet ouvrage fait suite à un constat : bien que Vercingétorix soit une figure historique importante, il n’existe aucune biographie à son propos. Il se trouve certes de nombreux essais, plus ou moins biographiques, mais qui ont à peu près tous en commun d’accorder davantage de place à son ennemi romain qu’à lui-même. Jean-Louis Brunaux entend ici pallier ce manque et redonner une épaisseur historique au chef gaulois, au-delà du mythe ou de l’image d’Épinal forgée au XIXe siècle.

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02

La Gaule, berceau de Ver­cin­gé­to­rix

Pour comprendre l’action de Vercingétorix et la place qu’il a prise dans l’histoire, il faut d’abord saisir son rapport complexe à la Gaule. Au Ier siècle avant J.-C., celle-ci s’étendait de la Méditerranée et des Pyrénées jusqu’au Rhin, et était composée de trois parties : l’une, au nord de la Seine, était peuplée par les Belges ; l’autre, dans le sud de la Garonne, par les Aquitains ; la troisième, au centre, par les Celtes. Cette dans cette dernière région, parmi le peuple des Arvernes, qu’est né Vercingétorix vers 82 avant J.-C.

Les peuples gaulois étaient très différents les uns des autres. Les moyens de subsistance, les rapports sociaux, les pratiques politiques variaient considérablement d’une cité à l’autre et les peuples entraient tous dans un vaste réseau de clientèles où pouvoirs économique et politique se mêlaient. La famille de Vercingétorix pratiquait le commerce, et s’enrichissait grâce à la guerre : elle exportait chez ses alliés traditionnels, gaulois ou étrangers, sa force armée. Elle était également versée dans un jeu politique qui ne se limitait pas au territoire arverne, mais associait tous les peuples de la Gaule. Les Arvernes longtemps tinrent le premier rang dans une compétition qui ne visait rien de moins que le commandement de toute la Gaule ; et la famille de Vercingétorix, sorte de dynastie princière, donnait régulièrement aux Arvernes son premier magistrat.

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03

Ver­cin­gé­to­rix otage de César

Vercingétorix prit conscience du péril qui menaçait la Gaule à la fin des années 60 avant J.-C., quand parvint chez les Arvernes le bruit de divisions et de conflits entre les peuples gaulois, notamment entre les Éduens et les Séquanes. Dans l’ombre, veillaient les grandes puissances prédatrices prêtes à profiter de toutes ces faiblesses : Rome, formidable machine et de conquête et d’administration ; les Germains, un ensemble de peuplades certes inorganisées, mais terriblement belliqueuses. Face aux Germains, les Gaulois réclamèrent un « protectorat de Rome ».

En attendant que l’administration qui permettait une collaboration militaire entre les Gaulois et les Romains ne se mît en place, des otages furent saisis, comme garantie que les accords fussent respectés. Vercingétorix compta parmi ces otages, selon Jean-Louis Brunaux, qui s’appuie pour affirmer cela sur les écrits de Dion Cassius, alors que César n’en fait pas mention dans son récit sur la Guerre des Gaules. La Gaule, resserrée entre deux provinces, l’une romaine, l’autre germaine, s’apprêtait à n’être plus que la propriété d’une nation étrangère.

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04

À la tête de la révolte

Vercingétorix devint roi du peuple des Arvernes autour de 55 avant J.-C., avec l’aval de César. À ce stade, toutes les alliances semblaient encore possibles avec Rome : nourri des promesses du proconsul et conscient de la puissance militaire que ce dernier exerçait, le Gaulois envisageait probablement le déroulement de son ascension politico-militaire sereinement, avec pour prochain objectif la conquête des Éduens, dont il entendait ravir le principat.

Mais le sort que César réserva à certains peuples gaulois, notamment les Sénons, modifia la vision qu’avait Vercingétorix de Rome. Il prit alors la tête d’une alliance de peuples gaulois très divers au cours des premières semaines de 52 avant J.-C., témoignant de son sens de la diplomatie et de son charisme, qualités qu’il avait probablement aiguisées au contact de Jules César lui-même. Il devint rapidement un chef de guerre incontestable, dirigeant une grande partie des Gaulois et leur imposant sa stratégie militaire. L’armée confédérée de Vercingétorix était certes nombreuse – autour de 100 000 hommes –, mais les Romains s’accompagnaient d’auxiliaires, principalement germains, qui étaient plusieurs dizaines de milliers, parfaitement entraînés et encadrés.

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05

Une gloire éphémère

L’attitude de Vercingétorix a longtemps interrogé les historiens : pourquoi, disposant d’une armée, peut-être aussi nombreuse que celle de César, n’a-t-il pas, après Gergovie, fondu sur les légions romaines épuisées ? Dans son récit, César suggère que c’est parce qu’il avait peur, ce qui semble peu probable. Jean-Louis Brunaux explique que c’est certainement par prudence, ne sachant pas comment le proconsul allait réagir. Il ajoute également que Vercingétorix ne pouvait pas se permettre de perdre quelques milliers de cavaliers dans une poursuite des légions fort risquée et dont le gain aurait été bien maigre : l’armée romaine était rompue aux exercices de défense. Lors d’une assemblée générale de la Gaule, Vercingétorix fut reconnu, selon les mots de César lui-même, Imperator. Il s’imposait de manière incontestable à la tête de toutes les armées gauloises, et cet honneur lui avait été conféré publiquement et unanimement par tous les responsables politiques réunis dans l’instance la plus haute. La Gaule unifiée, il fallait désormais lui donner les moyens d’exister pleinement, et d’abord en la débarrassant de ses ennemis.

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06

Le verdict du destin

Alésia était le chef-lieu du peuple gaulois des Mandubiens. Vercingétorix, comme de nombreux Gaulois, la connaissait depuis toujours. De fondation ancienne, elle avait jadis servi de relais d’étape aux voyageurs et commerçants grecs qui, à partir de la vallée de la Saône, se dirigeaient vers la Seine, la Manche et la Grande-Bretagne. En s’installant dans cette cité historique, Vercingétorix savait que tous les Gaulois auraient à cœur de lui porter secours, si elle était assiégée. Sa stratégie était habile.

Alors que César faisait reposer ses légions et qu’il recrutait des auxiliaires germains, Vercingétorix renforça sa position. Il reproduisit le plan qui l’avait mené au succès à Gergovie. Il laissa les habitants dans l’enceinte d’Alésia, fit entourer la ville de remparts de terre et de pierre, et fit les provisions nécessaires à un long siège.

Le face à face entre César et Vercingétorix dura six à sept semaines. Dès le départ, la situation était compliquée pour le Gaulois : les fortifications de la ville n’étaient pas terminées et, lorsque les légions romaines s’installèrent en face de la cité, les alliés, qui étaient en marche vers Alésia, n’étaient pas encore arrivés. César allait empêcher toute communication entre ces militaires gaulois et leur chef. De même, il s’installa sur toutes les positions élevées autour d’Alésia, rendant impossible le plan de Vercingétorix qui souhaitait prendre les légions romaines en étau.

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07

Conclusion

L’approche biographique adoptée par Jean-Louis Brunaux permet de replacer le chef gaulois dans son milieu social et culturel, et d’évoquer l’organisation politique et les structures sociales de la Gaule. Issu d’une grande famille arverne dont avaient déjà été issus des hommes politiques de premier plan, Vercingétorix était naturellement amené à jouer un rôle important.

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08

Zone critique

Première biographie de Vercingétorix, cet ouvrage est éloigné de l’image traditionnelle du chef gaulois, construite a posteriori, souvent complaisante, légendaire, ou idéologiquement orientée. En outre, il est frappant de constater que ce travail n’est pas l’histoire d’un seul homme. Jules César, adversaire de Vercingétorix pour la domination de la Gaule, y tient une place majeure : les destinées des deux hommes sont liées, et l’ouvrage La guerre des Gaules a longtemps constitué la seule source historique pour l’étude de ces événements.

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09

Pour aller plus loin

Ouvrage recensé – Jean-Louis Brunaux, Vercingétorix, Paris, Gallimard, 2018.

Du même auteur – Alésia, Paris, Gallimard, 2012. – Voyage en Gaule, Paris, Seuil, 2011.

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