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Unshakeable

Unshakeable

Tony Robbins

Bâtir un portefeuille et tenir la baisse

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Description

En mars 2009, l'indice S&P 500 touche le fond après avoir perdu près de la moitié de sa valeur en dix-huit mois. Les journaux parlent de fin du capitalisme, les épargnants américains vident leurs plans retraite en catastrophe, et beaucoup jurent de ne plus jamais toucher à la Bourse. Six ans plus tard, le même indice avait plus que triplé. Ceux qui étaient sortis au plus bas ont raté toute la remontée. Ceux qui n'avaient rien fait — qui étaient simplement restés investis, sans regarder — s'en sortaient très bien.

C'est de cette scène que part Tony Robbins dans Unshakeable, paru en 2017. Coach de développement personnel devenu obsédé par la finance après la crise de 2008, il a passé des années à interroger les plus grands gérants de la planète — Ray Dalio, Warren Buffett, Jack Bogle — pour une question simple : qu'est-ce qui sépare celui qui bâtit un patrimoine de celui qui le voit fondre à chaque secousse ? La réponse, dit-il, tient moins dans le talent ou la chance que dans une poignée de principes ennuyeux et têtus.

Le titre est une promesse : devenir inébranlable, c'est traverser les tempêtes financières sans se faire éjecter du marché au pire moment. Robbins ne vend pas un système pour battre la Bourse — il jure d'ailleurs que presque personne n'y arrive durablement. Il propose plutôt une façon de construire, de payer le moins possible, et surtout de tenir.

La question que l’on se pose : Qu'est-ce qui permet à un investisseur ordinaire de bâtir un patrimoine et de ne pas céder à la panique quand tout dévisse ?Ce que l’on va voir : Comment un coach parti interroger les grands gérants transforme la peur du krach en méthode de long terme.

Sommaire

01

Chapitre 1 — Le krach comme rendez-vous, pas comme accident

La première idée que Robbins martèle est contre-intuitive : les baisses de marché ne sont pas des anomalies, ce sont des rendez-vous réguliers. Il s'appuie sur un historique que peu d'épargnants ont en tête. Depuis 1900, le marché américain a connu, en moyenne, une correction — une chute d'au moins 10 % — à peu près une fois par an. Un an, en gros, sur la vie d'un investisseur. Ce n'est pas la catastrophe qu'on imagine, c'est le climat normal de la Bourse.

Les krachs plus violents, les fameux bear markets où le marché perd 20 % ou davantage, arrivent eux aussi avec une régularité troublante : environ tous les trois à cinq ans sur le siècle écoulé. Et à chaque fois, sans exception jusqu'ici, le marché a fini par se redresser et dépasser son ancien sommet. Robbins insiste sur ce point non pour prédire l'avenir — personne ne le peut — mais pour désamorcer la peur. Ce qui ressemble à un effondrement définitif quand on est dedans est, statistiquement, une phase.

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02

Chapitre 2 — Les frais qui mangent la moitié du gâteau

Le deuxième combat du livre est celui des frais, et c'est là que Robbins se fait le plus véhément. La plupart des épargnants placent leur argent dans des fonds gérés activement — des professionnels choisissent les actions pour eux — et paient pour ce service des frais annuels qui paraissent minuscules. Un ou deux pour cent, se dit-on, ce n'est rien. C'est là que se joue le tour de passe-passe.

Un pour cent prélevé chaque année n'ampute pas un pour cent de votre patrimoine. Sur plusieurs décennies, avec l'effet des intérêts composés, cet écart apparemment ridicule dévore une part énorme du gain final. Robbins reprend un calcul devenu célèbre : entre deux épargnants qui placent la même somme sur la même durée, celui qui paie 1 % de frais de plus peut se retrouver, à l'arrivée, avec pratiquement la moitié de capital en moins. Les frais ne grignotent pas la marge, ils dévorent le rendement composé.

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Chapitre 3 — L'al­lo­ca­tion d'actifs, ou l'art de ne pas tout perdre d'un coup

Une fois les frais maîtrisés et la peur des krachs relativisée, reste la question de la composition. Comment répartir son argent ? Robbins consacre une large part du livre à ce qu'il présente comme la décision la plus importante de toutes : l'allocation d'actifs. Autrement dit, la proportion entre les placements qui grimpent fort mais tanguent — actions, immobilier — et ceux qui rapportent moins mais amortissent les chocs — obligations, liquidités.

L'idée, empruntée à la théorie financière classique et confirmée par les gérants qu'il interroge, est que cette répartition détermine l'essentiel du comportement d'un portefeuille, bien plus que le choix précis de tel ou tel titre. Un panier bien diversifié ne dépend pas de la fortune d'une seule entreprise ni d'un seul secteur. Quand une partie souffre, une autre tient. On ne cherche pas à tout gagner en même temps, on cherche à ne jamais tout perdre en même temps.

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04

Chapitre 4 — Le vrai risque, ce n'est pas le marché — c'est nous

Si l'on prend de la hauteur, Unshakeable dit quelque chose qui dépasse la finance : le principal obstacle à la réussite d'un épargnant n'est ni le marché, ni les frais, ni même l'ignorance technique. C'est sa propre psychologie. Robbins, coach avant d'être vulgarisateur financier, place le comportement au centre de tout. On peut connaître par cœur les fonds indiciels et l'allocation d'actifs et tout saboter en un instant de peur.

Il s'appuie sur ce que la finance comportementale a documenté depuis des décennies : les êtres humains ressentent la douleur d'une perte environ deux fois plus fort que le plaisir d'un gain équivalent. Cette asymétrie, invisible en temps normal, explose pendant les krachs. Elle pousse à vendre quand tout baisse — c'est-à-dire à transformer une perte temporaire, sur le papier, en perte réelle et définitive. Le marché ne ruine personne ; c'est la réaction au marché qui ruine.

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05

Conclusion

Au fond, Robbins ne promet pas de battre le marché — il jure au contraire que courir après cette promesse est le meilleur moyen de s'appauvrir en frais et en erreurs de timing. Ce qu'il propose est plus modeste et plus solide : rester investi en permanence, acheter le marché entier à bas coût, répartir son argent pour qu'aucune crise ne puisse tout emporter, et se blinder contre sa propre panique. Quatre principes qu'on pourrait résumer sur une carte postale, et que presque personne ne tient jusqu'au bout.

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