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Cover of 'A peoples history of the united states'

Une histoire populaire des États-Unis

Howard Zinn

Contestation de l’histoire vue d’en haut

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Description

"Une histoire populaire des États-Unis" de Howard Zinn est un livre qui propose une relecture de l'histoire américaine du point de vue des classes populaires, des minorités et des groupes marginalisés. Zinn met en avant les luttes sociales, les mouvements de résistance, et les contestations qui ont façonné les États-Unis, souvent occultés dans les récits historiques traditionnels. L'ouvrage couvre une période allant de l'arrivée de Christophe Colomb jusqu'aux événements contemporains, en passant par la Révolution américaine, la guerre civile, les mouvements pour les droits civiques et les protestations contre la guerre du Vietnam.

Zinn souligne l'importance de l'action collective et de la solidarité dans la lutte pour la justice sociale et l'égalité.

Sommaire

01

In­tro­duc­tion

L’ouvrage est une histoire vue d’en bas, une histoire sociale, des oubliés, des vaincus, des opprimés. Il ne s’agit pas d’une lecture exhaustive de l’histoire de l’Amérique, mais d’une sélection de moments négligés ou mal connus qu’Howard Zinn porte à notre connaissance. C’est ainsi qu’il expose la découverte de l’Amérique du point de vue des Indiens arawaks, l’histoire de la Constitution du point de vue des esclaves, celle d’Andrew Jackson vue par les Cherokee, la guerre de Sécession par les Irlandais de New York, ou la Première Guerre mondiale par les socialistes et la suivante par les pacifistes.

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02

De la découverte à l’in­dé­pen­dance

Howard Zinn fait débuter son ouvrage par le point de vue des Indiens arawaks lorsque Christophe Colomb débarqua sur le continent américain en octobre 1492, chaleureusement accueilli par les autochtones. Rapidement, parce que les terres découvertes n’étaient pas le paradis de l’or tant espéré et qu’il fallait tout de même envoyer en Espagne des cargaisons d’un quelconque intérêt, les colons organisèrent une véritable chasse à l’esclave. Dans de telles conditions, deux années ont suffi pour que meurtres, mutilations et suicides réduisent de moitié la population indienne de l’île d’Haïti.

En 1650, ils avaient totalement disparu. Ce que Colomb fit subir aux Arawaks, les Anglais le firent également aux Indiens d’Amérique du Nord, massacrant les populations locales. L’historien rappelle que ces peuples qui ne connaissaient pas l’écriture avaient une culture riche faite de chants, de danses, de poésies, et au sein de laquelle les rapports humains étaient plus égalitaires qu’en Europe, notamment entre les hommes et les femmes.

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03

Un pays et une société en construc­tion

Howard Zinn accorde une large place de son étude au statut des femmes dans la société américaine post-indépendance. Il souligne en ce sens les terribles conditions de vie des domestiques sous contrat, mais également celles des femmes esclaves, qu’il considère victimes d’une double oppression.

Dans les années 1830-1850, les femmes commencèrent à résister à ceux qui voulaient les garder dans la « sphère domestique ». Elles participèrent à des mouvements de toutes sortes, pour les prisonniers, les malades mentaux, les esclaves noirs, ainsi que pour leurs propres droits.

C’est également à cette période que se développa une quête de terres supplémentaires et une volonté irrépressible d’expansion nationale, dont les Indiens furent les principales victimes, notamment les Cherokee qui furent déportés à l’ouest du Mississippi à partir de 1836. C’est ainsi que les populations blanches s’installèrent au sud pour le coton, au nord pour les céréales et que l’expansion fut considérable. Cela s’accompagna de nombreuses constructions, notamment de canaux, de chemins de fer et l’édification de villes nouvelles vers l’ouest. De même, après que le Texas se fut séparé du Mexique en 1836, il rejoignit l’Union en tant qu’État à part entière en 1845. L’événement fut suivi d’une guerre américano-mexicaine, se soldant par la capitulation du Mexique en 1848, qui perdit la Californie et le Nouveau-Mexique.

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04

Grandeurs et dés­illu­sions

L’histoire américaine est aussi celle d’une expansion extérieure, notamment vers l’Amérique latine pour laquelle les États-Unis entendaient clairement signaler à l’Europe qu’ils la considéraient comme relevant de sa sphère d’influence. Par exemple, pour aider Cuba à se débarrasser de sa tutelle espagnole, ils s’y installèrent en imposant une base militaire et un droit d’intervention dans les affaires intérieures de l’île.

Le Pacifique était également convoité : c’est ainsi que le pays a forcé le Japon à s’ouvrir au commerce américain à grand renfort de navires de guerre et de menaces, ils se sont également assurés qu’une part des ressources chinoises leur reviennent, au même titre que les puissances impérialistes européennes. Enfin, ils se sont approprié Hawaii, Porto Rico et Guam. Les interventions étaient toujours, comme le souligne Howard Zinn, intéressées.

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05

Une su­per­puis­sance ?

Après la Seconde Guerre mondiale, se forgea aux États-Unis un consensus pour unir les républicains et les démocrates autour de l’anticommunisme. Ce sentiment fut accéléré par l’engagement du président Truman dans la guerre de Corée, en 1950. Au même moment, le sénateur McCarthy se lança dans sa chasse aux communistes présents dans l’administration américaine, dont le point culminant fut le procès des époux Rosenberg en 1950, provoquant une vague internationale de protestation en leur faveur.

Cette période fut également celle du retour de la question de l’égalité raciale et de l’explosion du mouvement des droits civiques dans les années 1950. Dans de nombreuses villes du pays, notamment à Albany (Géorgie), des manifestations eurent lieu contre la ségrégation et la discrimination, et furent durement réprimées.

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06

Les États-Unis contem­po­rains

Déçue par la politique, l’opinion américaine se détourna, dès la fin des années 1970 vers le divertissement et toutes les recettes de quête du bonheur orchestrées par les médias. Les populations marginales s’abandonnèrent de plus en plus à la violence. Le seul moyen d’action politique pour ceux qui y croyaient encore était l’action associative, notamment pour les droits des femmes, pour un meilleur accès aux soins (surtout après l’apparition du virus du SIDA), ou pour l’octroi de logements aux sans-abris.

Avec l’arrivée au pouvoir de Reagan, la politique devint moins libérale et plus conservatrice, Howard Zinn la qualifiant d’ « agressive » : suppression d’allocations, réductions fiscales pour les plus riches, augmentation du budget de la défense. L’appareil social fut totalement démantelé sous cette présidence et sous celle de George Bush, provoquant une misère profonde et des écarts entre les riches et les pauvres qui se sont considérablement accrus : entre 1977 et 1989, le revenu des 1% les plus fortunés augmenta de 77%.

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07

Conclusion

En guise de ce qu’il qualifie de « post-scriptum » et qui fait office de conclusion de l’ouvrage, Howard Zinn revient sur les élections de 2000 et la guerre contre le terrorisme menée par les États-Unis après les attentats du 11 septembre 2001. Il s’agit du dernier ajout de l’historien à son travail (en 2009). Selon lui, dans cet affrontement, il s’est agi de tuer des Afghans innocents pour venger des New-yorkais innocents. Il précise également que George W. Bush et ses conseillers auraient dû savoir que le terrorisme ne pouvait pas se détruire par la force. La critique envers les dirigeants américains y est aussi forte que dans tout le reste de l’ouvrage.

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08

Zone critique

Lors de la sortie de l’ouvrage, les travaux d’Howard Zinn furent plutôt bien accueillis par la critique, en dépit des partis-pris très marqués de leur auteur.

L’historien Pierre Mélandri, spécialiste de l’histoire des États-Unis à Sciences-po Paris, souligna ainsi la qualité de l’interprétation de l’histoire américaine, articulant politique étrangère et politique intérieure. D’un point de vue méthodologique, la perspective globale adoptée dans le livre était assez novatrice, proposant une nouvelle manière d’envisager l’histoire sociale.

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09

Pour aller plus loin

Ouvrage recensé

– Une histoire populaire des États-Unis, de 1492 à nos jours, Marseille, Agone, coll. « Mémoires sociales », 2002 [1980],

Du même auteur

– Le Vingtième Siècle américain. Une histoire populaire de 1890 à nos jours, Marseille, Agone, 2003. – La bombe. De l’inutilité des bombardements aériens, Paris, Lux Éditeur, 2011. – L’Impossible Neutralité. Autobiographie d’un historien et militant, Marseille, Agone, coll. « Éléments », 2013.

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