
Théorie générale de l’emploi, de l’intérêt et de la monnaie
Les fondations de l'économie moderne
Description
La Théorie générale de l’emploi, de l’intérêt et de la monnaie inaugure la révolution keynésienne. Les idées présentées dans cet ouvrage bouleversent les principes fondamentaux de l’économie classique, en mettant en avant la possibilité de dysfonctionnements dans l’économie de marché.
Texte majeur de la discipline, il fait de Keynes la figure tutélaire de la macroéconomie moderne et pour certains, le plus grand économiste du XXè siècle. Modèle de référence de l’après-guerre et pendant toute la période des Trente Glorieuses, le keynésianisme est aujourd’hui au cœur des débats, car nombreux sont ceux qui s’y réfèrent pour trouver les solutions aux conséquences des crises financières et économiques contemporaines.
Sommaire
01La révolution keynésienne
Dans les années 1930, les pays développés font face à la Grande Dépression, une crise économique mondiale provoquée par la crise financière de 1929.
L’École néoclassique alors dominante n’est pas à même d’expliquer pourquoi l’autorégulation des marchés ne parvient pas à résorber un chômage important et persistant. Keynes publie alors en 1936 sa Théorie générale de l’emploi, de l’intérêt et de la monnaie dont l’objet principal est non seulement d’expliquer les causes de ce chômage involontaire, notion alors inconnue par la théorie néoclassique, mais également d’apporter les solutions pour mettre un terme à cette situation de chômage persistant que Keynes qualifie d’équilibre de sous-emploi. Il adopte une approche globale de l’économie en termes d’agrégats et fonde ainsi la macroéconomie moderne.

Téléchargez Dygest
pour avoir une expérience complète !
02Le chômage involontaire
Dans la théorie néoclassique, le marché du travail est, comme tout autre marché, autorégulé : l’inadéquation entre l’offre et la demande de travail se résout par un ajustement du salaire jusqu’au plein emploi.
Selon cette école de pensée, il n’existe que trois formes de chômage : le chômage frictionnel, dû aux délais d’ajustement de la main d’œuvre d’un emploi à un autre, par exemple lorsqu’un individu perd son travail et nécessite un certain temps pour en retrouver un autre ; le chômage structurel, causé par l’inadéquation entre l’offre et la demande de travail, provenant par exemple de la fixation d’un salaire minimum ; enfin, le chômage volontaire, composé d’individus ne souhaitant pas travailler au salaire d’équilibre du marché. Selon l’École néoclassique, le chômage est donc un phénomène conjoncturel : il ne saurait s’inscrire dans la durée.

Téléchargez Dygest
pour avoir une expérience complète !
03La demande effective
Selon Keynes, l’une des principales erreurs de l’économie classique est la loi des débouchés énoncée par Jean-Baptiste Say. Cette loi formule qu’un individu qui veut se procurer un bien doit soit le produire lui-même, soit produire quelque chose qu’il pourra échanger contre ce bien : il est producteur avant d’être consommateur.
La production induit une distribution de revenus qui seront soit consommés, soit épargnés pour être investis : il y a donc équivalence entre l’offre et la demande, et il ne peut y avoir de surproduction générale dans l’économie. Keynes résume la loi des débouchés par l’expression « l’offre crée sa propre demande » , et considère que c’est une erreur, car l’épargne peut être thésaurisée et ainsi réduire le niveau de la demande qui n’est par conséquent pas égale à l’offre.

Téléchargez Dygest
pour avoir une expérience complète !
04La propension à consommer
Selon la théorie classique, un individu répartit son revenu entre consommation et épargne en fonction du taux d’intérêt : plus le taux d’intérêt est élevé, plus l’individu a intérêt à épargner. L’épargne est donc d’après l’École classique une fonction croissante du taux d’intérêt.
Selon Keynes, l’individu consomme d’abord pour ses besoins les plus primaires, ce qu’il appelle la consommation incompressible. Il reste alors un revenu disponible, dont une part est elle aussi consommée, que Keynes appelle la propension à consommer. L’épargne n’est donc qu’un résidu, ce qu’il reste du revenu après avoir consommé.
La propension à consommer dépend de plusieurs facteurs : par exemple, s’abstenir de dépenser pour léguer une fortune, ou pour jouir d’une sensation d’autonomie. Elle est relativement stable et comprise entre zéro et un, « mais beaucoup plus proche de un que de zéro » (elle est souvent estimée à environ 0,8). La propension à consommer étant inférieure à l’unité, quand le revenu augmente, la consommation augmente elle aussi, mais dans une moindre mesure : c’est la loi psychologique fondamentale. Pour Keynes, la part de la consommation (et donc de l’épargne) ne dépend pas du taux d’intérêt comme le pensent les néoclassiques, mais dépend du revenu lui-même. * Pour illustrer la loi psychologique fondamentale, prenons l’exemple d’un individu qui aurait un revenu de 1000€ et dépenserait 80% de son revenu disponible. Imaginons que cet individu dépense 500€ pour ses besoins les plus primaires (sa consommation incompressible), il lui reste alors un revenu disponible de 500€ dont il consomme 80 %, soit 400€. Il consomme donc en tout 900€ et épargne 100€. Si maintenant son revenu double passant de 1000€ à 2000€, il consomme encore une fois les 500€ incompressibles, et 80 % des 1500€ de son revenu disponible (soit 1200€). Il consomme donc en tout 1700€ et épargne 300€.

Téléchargez Dygest
pour avoir une expérience complète !
05L’investissement et l’effet multiplicateur
L’investissement est la deuxième composante de la demande avec la consommation.
L’incitation à investir d’un individu dépend de deux facteurs : le taux d’intérêt et l’efficacité marginale du capital. Le taux d’intérêt est fixé sur le marché des capitaux par la confrontation entre l’offre de monnaie (c’est-à-dire la quantité de monnaie créée par la banque centrale) et la demande de monnaie (c’est-à-dire la quantité de monnaie que les acteurs économiques souhaitent détenir pour réaliser des transactions, pour se prémunir contre l’avenir ou pour spéculer).
L’efficacité marginale du capital est le rendement attendu d’un investissement, par exemple l’achat de machines ou d’immeubles. Elle dépend du rendement escompté du capital et non du rendement courant. L’entrepreneur effectue un arbitrage entre les revenus qu’il espère tirer de son investissement et le coût de l’emprunt : si l’efficacité marginale du capital est supérieure au taux d’intérêt, il investit ; dans le cas contraire, il préfère placer son argent.

Téléchargez Dygest
pour avoir une expérience complète !
06La monnaie et la préférence pour la liquidité
Selon la doctrine classique, la monnaie n’est qu’un moyen transitoire pour l’échange et n’a pas de valeur intrinsèque. Elle n’est utilisée que pour un motif de transaction, c’est-à-dire pour les besoins des opérations courantes d’achats ou de ventes de biens et de services. La monnaie n’a qu’un rôle passif dans l’économie. On dit qu’il y a une séparation (ou dichotomie) entre la sphère monétaire et la sphère réelle : la monnaie n’est qu’un « voile », selon l’expression de Jean-Baptiste Say, dont la loi des débouchés exprime la neutralité de la monnaie.
Keynes pense au contraire que la monnaie joue un rôle actif dans l’économie. L’individu qui perçoit un revenu a deux décisions à prendre : la première consiste à définir la part de ce revenu qu’il consomme, c’est-à-dire sa propension à consommer ; la seconde est de choisir sous quelle forme il conserve la part du revenu qui est non consommée, c’est-à-dire son épargne.

Téléchargez Dygest
pour avoir une expérience complète !
07L’intervention de l’État dans la sphère économique
Pour l’École classique, le système économique tend spontanément vers l’équilibre grâce à l’autorégulation des marchés, et l’intervention de l’État dans la sphère économique est en général inutile.
Keynes soutient au contraire que le marché peut être défaillant : un équilibre de sous-emploi peut persister, résultant de l’insuffisance de la demande effective. L’État doit donc intervenir économiquement pour apporter des solutions à court terme, et non laisser faire l’autorégulation des marchés régler les dysfonctionnements à long terme, car selon les propres mots de Keynes, « à long terme, nous sommes tous morts » .
Keynes prône pour que l’État mette en œuvre une politique à la fois budgétaire et monétaire (un policy mix) afin de soutenir la demande effective, en particulier l’investissement, car l’effet multiplicateur permet de résorber le chômage de manière très efficace.
Le premier volet de la politique keynésienne de relance est la politique budgétaire. Lorsque l’investissement des ménages et des entreprises est insuffisant pour atteindre l’équilibre de plein emploi, l’État doit soutenir la demande en stimulant ses composantes : la consommation, l’investissement et la dépense publique. Pour stimuler la consommation, l’État peut par exemple augmenter les salaires, en ciblant particulièrement les plus bas, car en vertu de la loi psychologique fondamentale la part du revenu consommée des bas salaires est plus forte que celle des hauts salaires.

Téléchargez Dygest
pour avoir une expérience complète !
08Conclusion
Dans la Théorie générale de l’emploi, de l’intérêt et de la monnaie, Keynes propose une remise en cause des principes économiques fondamentaux de l’École néoclassique.
En considérant de manière globale les revenus, la production, la consommation, l’emploi, l’épargne ou encore l’investissement, Keynes devient la figure tutélaire de la macroéconomie. L’analyse économique laisse désormais une place importante aux notions d’anticipations et de psychologie des agents, et a pour principal but de résoudre le problème du chômage.

Téléchargez Dygest
pour avoir une expérience complète !
09Zone critique
La doctrine keynésienne présentée dans la Théorie générale devient après-guerre le modèle de référence des politiques économiques.
Les adeptes sont nombreux, et les idées keynésiennes sont formalisées en 1937 par le modèle IS/LM de John Hicks. Les néokeynésiens, tels Hicks, Samuelson, ou Solow, réalisent la synthèse entre les idées néoclassiques et le keynésianisme. L’ascendant théorique de la pensée de l’économiste britannique se prolonge durant toute la période des Trente Glorieuses, mais prend fin au cours des années 1970, laissant la place aux politiques néolibérales avec en figure de proue le courant monétariste fondé par Milton Friedman.

Téléchargez Dygest
pour avoir une expérience complète !
10Pour aller plus loin
Ouvrage recensé – John Maynard Keynes, Théorie générale de l’emploi, de l’intérêt et de la monnaie, Petite Bibliothèque Payot, (édition de 1975, traduction de Jean de Largentaye).
Ouvrages de John Maynard Keynes – Les conséquences économiques de la paix (1919) – Traité sur la monnaie (1930) – Théorie générale de l’emploi, de l’intérêt et de la monnaie (1936)

Téléchargez Dygest
pour avoir une expérience complète !












