Télécharger l'app

Scanne. C'est dans ta poche.

QR Code — Dygest

Ouvre l'app Appareil photo, pointe sur le code. C'est gratuit à l'essai.

Quatre comportements de dirigeant efficaces

Écouter l'extrait du podcast :
0:00 --:--

Description

Quand on ferme les yeux et qu'on imagine un PDG, une image se forme presque toujours la même. Un homme grand, sûr de lui, sorti d'une grande école, charismatique, extraverti, jamais pris en défaut. Le profil de la couverture de magazine, du keynote sur scène, du portrait léché. C'est l'idée qu'on se fait du sommet — et c'est aussi celle que se font, la plupart du temps, les conseils d'administration qui recrutent ces gens-là.

Deux consultantes américaines, Elena Botelho et Kim Powell, ont voulu vérifier. Elles travaillent chez ghSMART, un cabinet spécialisé dans l'évaluation de dirigeants, et disposaient d'une base rare : plus de deux mille assessments détaillés de cadres au sommet, dont plusieurs centaines de PDG, accumulés sur des années. Elles ont croisé ces profils avec la performance réelle des dirigeants une fois en poste. En 2018, elles publient The CEO Next Door, qui restitue ce que dit vraiment cette masse de données.

Le résultat contredit à peu près tout le folklore. Les meilleurs dirigeants ne ressemblent pas au cliché. Beaucoup sont introvertis, beaucoup n'ont pas de diplôme prestigieux, et une part surprenante a connu des ratés spectaculaires avant d'arriver. Ce qui les distingue tient dans quelques comportements observables, appris plus que reçus à la naissance.

La question que l’on se pose : Si le PDG idéal n'est pas celui qu'on imagine, qu'est-ce qui sépare vraiment ceux qui réussissent au sommet de ceux qui échouent ?Ce que l’on va voir : Ce que des milliers de dossiers de dirigeants révèlent sur les comportements qui comptent — et sur le portrait-robot faux qu'on continue de recruter.

Sommaire

01

Chapitre 1 — Le cha­ris­ma­tique diplômé d'Ivy League n'existe pas

La première surprise de l'étude est un démontage. Botelho et Powell partent des idées reçues sur le PDG type et les confrontent une à une à leurs données. Le charisme, d'abord. On croit qu'il faut électriser une salle pour diriger. Or les dirigeants les plus performants de l'échantillon sont, en moyenne, plutôt moins charismatiques que la moyenne, et les extravertis n'ont aucun avantage mesurable sur les introvertis. Le charisme aide à décrocher le poste — il ne dit rien de ce qui se passe une fois qu'on l'occupe.

Le pedigree ensuite. On imagine le patron sorti de Harvard ou de Stanford, promotion sans faute. Les chiffres racontent autre chose : une part écrasante des PDG de la base n'a pas fréquenté d'université d'élite, et le diplôme prestigieux n'a aucune corrélation avec la réussite dans le poste. Les auteures citent le cas de dirigeants arrivés au sommet de grandes entreprises en ayant démarré, littéralement, en bas de l'échelle, sans le CV qu'on suppose obligatoire.

Téléchargez Dygest

pour avoir une expérience complète !

02

Chapitre 2 — Décider vite, quitte à se tromper

Le premier comportement porte un nom qui fait presque contre-sens dans le langage du management : la décision. Non pas la bonne décision, mais la capacité à décider — vite, souvent, et en assumant l'incertitude. Les auteures constatent que les PDG performants tranchent avec une rapidité qui déconcerte. Ils préfèrent une décision correcte prise à temps à une décision parfaite prise trop tard, parce qu'ils ont compris qu'au sommet, l'inaction est elle-même une décision, et souvent la pire.

Le contre-intuitif arrive quand on regarde le rapport à l'erreur. Ces dirigeants se trompent, forcément — décider beaucoup, c'est se tromper régulièrement. Mais l'étude montre que les patrons jugés décisifs par leur entourage ne sont pas ceux qui ont raison le plus souvent. Ce sont ceux qui débloquent la machine. Une organisation où personne ne tranche s'enlise ; un dirigeant qui décide, même imparfaitement, remet tout le monde en mouvement, quitte à corriger la trajectoire en cours de route.

Téléchargez Dygest

pour avoir une expérience complète !

03

Chapitre 3 — Tenir sa promesse jusqu'à l'obsession

Le deuxième comportement s'appelle, dans le vocabulaire des auteures, la fiabilité — la capacité à faire ce qu'on a dit qu'on ferait, de façon constante et prévisible. C'est le comportement qui prédit le mieux la réussite d'un candidat, celui que les conseils d'administration recherchent le plus quand ils recrutent, et le plus banal en apparence. Tenir ses engagements. Sauf qu'au niveau d'une grande organisation, la banalité devient une prouesse rare.

La fiabilité d'un dirigeant se juge à un décalage : celui entre ce qu'il promet et ce qui arrive. Les patrons les plus solides détestent surprendre en mal. Ils calibrent leurs annonces, préfèrent sous-promettre et sur-délivrer, et construisent une réputation de prévisibilité qui devient un capital. Un conseil d'administration, des investisseurs, des équipes accordent leur confiance non pas au plus brillant, mais à celui dont ils peuvent anticiper les résultats sans mauvaise surprise trimestre après trimestre.

Téléchargez Dygest

pour avoir une expérience complète !

04

Chapitre 4 — S'adapter sans attendre d'y être forcé

Le troisième comportement corrige le risque du deuxième : c'est l'adaptabilité. Les dirigeants performants passent une part anormale de leur temps tournés vers l'avenir plutôt que vers le présent. Là où beaucoup de cadres se noient dans l'opérationnel du trimestre, eux consacrent l'essentiel de leur attention à ce qui vient — les ruptures de marché, les signaux faibles, les scénarios qui n'existent pas encore. Ils lisent large, s'exposent volontairement à des points de vue qui les dérangent, et cultivent l'inconfort d'avoir tort.

Le plus révélateur, dans les données, concerne le rapport à l'échec. Les meilleurs adaptateurs ne cachent pas leurs erreurs : ils les exhibent presque, les analysent à voix haute, en tirent des ajustements rapides. L'échec, pour eux, n'est pas une tache sur le CV mais une information à traiter vite. Botelho et Powell montrent que cette aisance avec l'erreur distingue nettement les dirigeants qui traversent les crises de ceux qui se rigidifient au moment où il faudrait pivoter.

Téléchargez Dygest

pour avoir une expérience complète !

05

Conclusion

Le patron réel, celui qui dure et qui fait tenir une entreprise, ressemble donc peu au patron rêvé. Il est souvent moins brillant en surface, moins à l'aise sous les projecteurs, plus discipliné que génial. Il a parfois planté une boîte avant de réussir la suivante, appris à trancher plutôt qu'à convaincre, et bâti sa réputation sur la régularité plutôt que sur l'éclat. Botelho et Powell ne disent pas que n'importe qui peut devenir PDG — mais que ceux qui le deviennent bien le doivent à des comportements travaillés, pas à un tempérament reçu à la naissance.

Téléchargez Dygest

pour avoir une expérience complète !