
Tao Te King
La Voie pour devenir un être libre
Description
Le "Tao Te King", écrit par Lao-tseu au VIe siècle avant J.-C., est une perle de sagesse qui nous invite à un voyage intérieur à la découverte de notre vraie nature.
Derrière la simplicité du style se cache une profondeur insoupçonnée. Chaque chapitre est une invitation à la réflexion, pour réaligner notre vie sur ce qui compte vraiment. En suivant la Voie du Tao, chemin d'authenticité, de spontanéité et de non-agir, nous pouvons accéder à une dimension de l'existence faite de sérénité et de plénitude.
Le Tao Te King, en quelques mots limpides, nous transmet un art de vivre subtil, à contre-courant de nos existences trépidantes. En cultivant simplicité et harmonie avec le monde, ce livre nous montre comment donner un sens véritable à notre passage sur terre. C'est en quelque sorte un manuel d'instructions pour la vie qui mérite d'être médité.
Sommaire
01Introduction
Le Tao Te King, l’ouvrage de l’ enseignement de la Voie du Tao, aurait été transmis oralement par Lao-Tseu sous la plume du gardien de Yin Xi de la passe Hangu de l’État de Quin en Chine, lors de la période dite « Des Royaumes combattants ». Cette période se caractérise par de nombreux progrès techniques et économiques déterminants qui ont profondément influencé l’ Histoire de la Chine. Elle fait suite à la fin de la période des Zhou et à l’apparition de sociétés divisées en province, chacune dirigée par un Prince. Lao-Tseu y expose la voie du sage, les conseils à l’ homme désirant suivre la Voie, le Tao, et les idées sociopolitiques du taoïsme.
Le taoïsme est, aujourd'hui, à la fois une philosophie et une religion chinoise, il signifie littéralement « enseignement de la Voie ». La pensée chinoise se représente souvent en images, de par, notamment, son écriture pictographique et calligraphique. Cette version illustrée « Un voyage illustré » d’arts asiatiques de l’Art Institute of Chicago, permet de ressentir l'harmonie en mot et en image chère à la pensée chinoise. Décrire la pensée taoïste est une recherche de sens en soi, ce qui selon cette pensée serait un non-sens, tant elle se vit, par l’expérience de chacun, en trouvant la source en son intériorité. Découper cette pensée reviendrait donc à s’éloigner de son fondement, l'unité, tout en étant nécessaire afin de tenter de s'approcher de sa substantifique moelle.

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02Le naturalisme, l'art du non-agir
Lao-Tseu pose le principe d'être en harmonie et confiant avec la réalité telle qu'elle est, afin de ne faire qu'un avec la nature. « L'homme se règle sur la terre. La terre se règle sur l'univers. L'univers se règle sur le Tao. Le Tao ne se règle que sur lui-même », résume-t-il, paragraphe 25. Le Tao est infini, serein, vide, il représente l'impermanence du tout. À l'image du recommencement sans fin des saisons, rien n'est figé, tout change, évolue et reste pourtant à l'origine de la nature elle-même. Il décrit l'harmonie homme-nature, comme elle seule permettant la sagesse. Être en harmonie consisterait à suivre le courant de la vie. Imiter la passivité féconde, créatrice de la nature. Tout ce qui existe, existe dans la nature, par la nature et pour la nature, même l'esprit.

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03L'harmonie Yin Yang, l'équilibre des opposés
« Quand masculin et féminin se rejoignent, toute chose s'harmonise » (paragraphe 43). La pensée chinoise considère tous les aspects opposés de la vie, formant un tout, une unité en le catégorisant en deux principes, l'un yin, principe féminin et l'autre yang, principe masculin. Les harmoniser est la clef de l'unité, du tout harmonieux. Ces deux aspects créateurs sont présents dans la nature. Par exemple, la lune et la terre sont par essence yin, tandis que le soleil et le ciel, yang. Suivre la Voie consiste à accueillir les opposés en soi, leurs interactions, sans volonté.
Pour trouver la Voie, un des chemins est le recours aux paradoxes tels que : Celui qui sait ne parle pas. Celui qui parle ne sait pas. La faiblesse est plus forte que la force. Connaître c'est ne pas connaître. Ne pas connaître, c'est connaître, etc. En demeurant dans le Tao sans but, l'homme du Tao atteint la réussite, car il est lui-même, épanoui, en harmonie grâce à ses opposés équilibrés. Pour le Tao nous avons les réponses naturelles en nous. En nous faisant confiance, nous pouvons être naturel, ne faire qu'un avec le silence, la perte, se laisser guider par ce qui est, s'ouvrir complètement, afin de se fondre dans le tout, l'unité. Il y a, d'ailleurs, selon Lao-Tseu, un temps pour tout ; un temps pour être en danger, en sécurité, ne rien contrôler, l'unique espace étant de rester en son centre. Rester centré consiste à demeurer dans la compassion et le non-jugement. Accepter les opposés c'est accepter l'impermanence de la vie et sa propre impermanence, en totale insouciance.

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04Liberté d’être soi
Le soi serait une étincelle de conscience divine dans le cœur de chacun. Être soi est à l'image, décrite par Lao-Tseu, du danseur qui n'est pas séparé de la danse, uni corps et âme. L'être est responsable de son existence, de son développement affectif, social, spirituel et de sa santé. Toutes les paroles, tous les actes ont des conséquences. Ainsi il conseille de laisser le moins de traces possible. Chacun est uniquement responsable de soi. Pour retrouver sa responsable liberté, l'être devra se purifier, plonger en sa part d'obscurité pour y faire jaillir la lumière. « Peux-tu purifier ta vision intime jusqu'à ne rien voir d'autre que ta lumière » (paragraphe 10). L’enseignement de la Voie consiste à s'éloigner de ses pensées, préjugés, peurs, désirs, souffrances, croyances, connaissances pour retrouver l’innocence, l'insouciance de son essence. Lao Tseu conseille de modérer ses actions. À travers l'exemple du travail, il conseille de l’exécuter sans trop s'investir, afin de conserver sa liberté d'être. Ce qui s'apparente encore une fois au concept du non-agir, agir librement, sans attente, volonté et désir. « Cours après l'argent et la sécurité et ton cœur ne s'apaisera jamais » (paragraphe 9).

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05La vacuité, puits jamais tari
L'éternité, le Tao est au-delà de la matière. Il est mystère, non-action, non-avoir, non-agir, nommé comme la vacuité de l'être, la source, ou encore le vide par Lao-Tseu. Il est comme le soleil, on peut sentir sa chaleur, malgré les nuages ou éclipses, il est toujours présent en soi, en son Cœur. Il est infini, « tel un puits, sans cesse utilisé mais jamais tari » (paragraphe 4), éternel, « plus ancien que Dieu » (paragraphe 4 ) innommable, sans origine, c'est le tout est possible. « Dans la pratique du Tao, chaque jour quelque chose est lâché » (paragraphe 49), il est nécessaire de faire confiance à l'autre, qu'il soit de confiance ou non. La force du Tao se déploie dans le vide intérieur, en son centre, ce qui signifie être présent, sans jugement, sans parti, sans distinction du bien et du mal, dans l’accueil des événements. C'est le « royaume du rien », sans possessions, ni connaissances, « Tu ne peux le connaître, mais tu peux l'être » (paragraphe 14).

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06Responsabilité et limites des institutions
L'enseignement de la Voie considère les institutions comme jouant un rôle délimité, avec un début et une fin. « Si les puissants pouvaient restés centrés dans le Tao, toutes choses seraient en harmonie, les gens seraient en paix et la loi inscrite dans les cœurs » (paragraphe 33). Les gens seraient heureux, suivant les rythmes de la nature, libérés de tout désir. La violence est donc bannie. Quand deux grandes forces s'opposent, la victoire va a celui qui a appris à céder. « Maîtriser les autres est force, se maîtriser soi-même est le vrai pouvoir » (paragraphe 32). Ainsi, le dirigeant gouverne avec modération, lâcher prise. Il s'occupe des personnes comme de ses propres enfants avec bienveillance et compassion. Le maître se contente de ce qu'il a car sa vraie richesse se situe en lui-même. Le dirigeant de la Voie est donc, bien entendu, un exemple d'humilité. Pour apprendre à gouverner, il faut être simple, « le modèle le plus simple est le plus clair » (paragraphe 65).

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07Conclusion
Les trois enseignements que Lao Tseu résume sont simplicité, patience et compassion. Pour entendre ces enseignements, il indique que l'unique chemin est celui du cœur. Le Tao Te King propose le détachement de l'ego comme cheminement vers le Tao, la présence, l'amour universel et la compassion naturelle. Avoir un cœur ouvert, nu de toutes connaissances ou pensées, en faisant confiance en sa vision intérieure, en suivant le cours des événements et en s'observant afin de prendre du recul sur soi et le monde. « Être doux et flexible, être un disciple de la vie, quiconque est raide et inflexible est un disciple de la mort » (paragraphe 75).

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08Espace critique
Le livre de « l'enseignement de la Voie et de la vertu » a eu une influence considérable sur des pans entiers de la civilisation extrême-orientale et occidentale grâce à ses nombreuses interprétations et traductions. On confronte souvent le Confucianisme au Taoïsme. Les deux grands sages de la philosophie chinoise, selon ce qui est le plus souvent considéré comme une invention littéraire, se seraient, un jour, rencontrés. Une entrevue de 10 jours durant laquelle Confucius serait resté silencieux.

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09Pour aller plus loin
Ouvrage recensé – Tao Te King, paris, Éditions du Seuil, 2004.

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