
Qui dort dehors ?
Analyse des réalités de l'itinérance
Description
Chaque début d’hiver, les Français prennent brutalement conscience de l’existence des SDF.
Mais de qui et de quoi parle-t-on exactement ? Combien sont-ils ? Quel est l’impact sur le phénomène de la crise migratoire ? Julien Damon répond dans l’ouvrage à toutes ces questions, et à bien d’autres encore.
Sommaire
01Introduction
Des campements de migrants aux portes de Paris aux enfants mendiants, de l’objectif « zéro SDF » à celle du logement des populations les plus fragilisées socialement, l’ouvrage de Julien Damon ne dément pas son titre : « Qui dort dehors ? »
Recueil d’articles publiés à divers moments de la carrière éditoriale de l’auteur, le livre permet un tour d’horizon complet de la « question SDF ». Avec beaucoup de chiffres, mais également avec des mises en perspective éclairantes ainsi que des comparaisons internationales.

Téléchargez Dygest
pour avoir une expérience complète !
02Des situations très diverses
Le maître-mot pour qualifier la situation des SDF (« sans domicile fixe »), ou sans-abri, est celui de diversité.
En effet, certains SDF sont à la rue depuis peu de temps, et sont rapidement sur la voie d’une stabilisation de leur situation soit en accueil d’urgence soit dans un logement définitif. Alors que d’autres à l’inverse vivent dans la rue depuis longtemps, et sont destinés à poursuivre leur errance pendant un certain temps encore.
Par ailleurs, certains SDF ne le sont que sporadiquement, quelques fois dans l’année ou à une seule reprise dans l’année. Le reste du temps, ils ont un logement stable. D’autres, ayant vécu l’expérience de la vie dans la rue, ne seront plus jamais SDF. Leur passage dans la marginalité n’était qu’un accident de parcours exceptionnel.

Téléchargez Dygest
pour avoir une expérience complète !
03Une approche chiffrée
Chiffrer de manière précise le nombre de SDF existant dans une ville ou dans un pays se révèle un exercice particulièrement ardu. En effet, il n’existe pas de registre « déclaratif » de la situation de SDF, et seuls des comptages par « maraudes » ou par suivi administratif peuvent permettre de quantifier le phénomène de manière plus ou moins précise.
Parce qu’ils sont mobiles dans les villes, qu’ils se cachent parfois, les SDF échappent peu ou prou aux enquêtes traditionnelles, qui, toutes, se fondent sur le critère de « ménages logés », un critère qui bien entendu n’est pas pertinent pour qualifier une telle population.
Depuis le début des années 1980, date à laquelle leur nombre a explosé (l’apparition et la multiplication des SDF dans les métropoles occidentales sont ainsi exactement contemporaines des premières politiques néo-libérales suivies par les pays développés), le chiffrage des SDF a surtout été le fait de structures associatives.

Téléchargez Dygest
pour avoir une expérience complète !
04L’action publique en leur faveur
L’action des pouvoirs publics en faveur des SDF est, comme la situation de la population qu’elle cherche à décharger de ses problèmes les plus importants, extrêmement diverse.
Des secours d’urgence (hébergements pour une nuit, repas gratuits) au RMI (Revenu minimum d’insertion, mis en place par le gouvernement de Michel Rocard en 1988, ancêtre du RSA), des actions de long terme (construction de logements adaptés) aux dispositifs en matière d’emploi (entreprises d’insertion, emplois aidés) ou de santé (pour accéder à l’hôpital ou faire valoir des droits à l’assurance maladie), l’action de l’État et de ses différents services apparaît véritablement protéiforme.

Téléchargez Dygest
pour avoir une expérience complète !
05Les SDF et l’offre de logement
En Île-de-France, 1 à 2 % des Franciliens sont hébergés chaque soir. Au 31 décembre 2018, on comptait en effet 110 000 places d’hébergements financées par l’État dans la région de la capitale.
Cette offre de logement est elle-même extrêmement diversifiée. On trouve en effet là, pour employer le jargon administratif, des CHRS (Centres d’hébergement et de réinsertion sociale), des CADA (Centres d’hébergement pour demandeurs d’asile), mais également des pensions de famille, des chambres d’hôtel ainsi que de l’intermédiation locative (institutions ou particuliers qui louent ou sous-louent tout ou partie d’un logement).
Quelle est l’évolution récente de cette offre de logement ? Elle est en très forte expansion. Ainsi, elle a augmenté de 60 % en cinq ans. Fin 2014 en effet, à périmètre constant, l’offre mobilisable était de 70 000 places seulement.

Téléchargez Dygest
pour avoir une expérience complète !
06Éloge des SDF
Pour la majorité des Français, les SDF représentent une nuisance. Des témoins gênants des dysfonctionnements de notre société, que l’on préférerait ne pas voir. Ah, si les sans-abri pouvaient être moins visibles ! S’ils pouvaient ne pas tendre la main et solliciter en permanence, une pièce de monnaie, une cigarette, un ticket restaurant !
Pourtant les SDF, d’un certain point de vue, sont utiles à la société. Aussi paradoxal que cela puisse paraître, ce sont des acteurs utiles de notre système, sans lesquels certains de nos repères disparaîtraient, ou du moins s’affaibliraient.
Leur première utilité, celle à laquelle on pense le moins, est d’ordre spirituel. En nous donnant l’occasion de les aider, si nous le souhaitons, les SDF nous permettent de faire preuve d’empathie, d’altruisme, de générosité, d’ouverture vers l’autre. Ce n’est déjà pas si mal dans une époque de repli sur soi généralisé et de narcissisme triomphant.

Téléchargez Dygest
pour avoir une expérience complète !
07Conclusion
Pour Julien Damon, le fait que les moyens consacrés à la « question SDF » n’aient jamais été aussi importants, tout comme le fait qu’ils continuent d’augmenter d’année en année, est de bon augure.

Téléchargez Dygest
pour avoir une expérience complète !
08Zone critique
Le principal reproche que l’on peut adresser à cet ouvrage tient en un mot : syndrome de l’enfermement. Julien Damon semble vérifier en effet le diagnostic de Michel Foucault dans Surveiller et punir, d’après lequel certaines élites tiennent absolument à enfermer, pour mieux les surveiller et les contrôler, marginaux, délinquants et « classes dangereuses ». C’est le propre en effet des sociétés modernes de ne plus supporter la marginalité, et de vouloir à tout prix la circonscrire ne serait-ce que spatialement, en enfermant, au sens le plus propre du terme, ceux que l’on juge dangereux.

Téléchargez Dygest
pour avoir une expérience complète !
09Pour aller plus loin
Ouvrage recensé – Julien Damon, Qui dort dehors ?, La Tour d’Aigues, Éditions de l’Aube, 2020.
Du même auteur – Les classes moyennes, Paris, PUF, 2012. – Les familles recomposées, Paris, PUF, 2012. – Exclusion : vers zéro SDF ?, Paris, La Documentation française, 2017.

Téléchargez Dygest
pour avoir une expérience complète !












