
Prospérité, puissance et pauvreté
Les clés du développement économique
Description
Pourquoi certains pays sont-ils riches et d’autres pauvres ? Est-ce dû à la culture, au climat, à la géographie, ou encore à l’ignorance des dirigeants politiques ?
Pour les auteurs, l’histoire impose une explication entièrement différente : c’est la présence ou l’absence de certaines institutions politiques et économiques qui seules assurent ou entravent la marche vers la prospérité.
Sommaire
01Introduction
Ce livre s’ouvre sur un avant-propos consacré au « printemps arabe » de 2011, les auteurs formant le vœu que, à la suite de ces diverses « révolutions de jasmin », la prospérité économique atteigne enfin cette partie du monde. L’ouvrage est en effet construit en prenant appui sur une grande variété d’exemples historiques. Aussi le lecteur est-il convié à la fois dans la Venise médiévale et dans les cités-États mayas de l’Amérique précolombienne, dans la Rome antique et dans l’Angleterre du Moyen Âge et des XVIe, XVIIe, XVIIIe et XIXe siècles, dans le Botswana de la fin du XIXe siècle et dans le royaume Kongo du XVIe siècle, sans oublier la Colombie contemporaine, le Guatemala ou la Sierra Leone.

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02Richesse et pauvreté
L’événement fondateur pour le développement économique mondial a été la Glorieuse Révolution anglaise de 1688, qui a vu le renversement de la dynastie catholique des Stuart au profit de la dynastie protestante des Orange. Du même coup, une société aristocratique fondée sur les privilèges a été remplacée par une société bourgeoise fondée sur les talents et les capacités, donc sur une forme, en quelque sorte, de méritocratie. Cette révolution, un siècle avant la Révolution française de 1789, fut le point de départ de la mise en place des conditions de liberté politique, économique et sociale qui devaient, à peine quelques décennies plus tard, donner naissance à la révolution industrielle.

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03Les institutions inclusives
Les auteurs établissent une distinction fondamentale, qui sert de fil conducteur tout au long de l’ouvrage, entre ce qu’ils nomment les institutions inclusives et les institutions extractives.
Les institutions inclusives correspondent à celles qui, du point de vue politique aussi bien qu’économique, permettent la plus large participation du plus grand nombre possible d’acteurs au gouvernement de la société dont ils font partie. On peut dire que c’est le nom que les auteurs donnent à ce que l’on nomme, dans la culture démocrate-chrétienne propre à la construction européenne, le « principe de subsidiarité » : ne pas faire prendre de décisions collectives à un niveau supérieur à celui auquel elles peuvent être prises efficacement. Soit, en clair, toujours privilégier une certaine forme d’autogestion maximale de toutes les communautés humaines, à commencer par la famille, cellule de base de la société.

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04Les institutions extractives
L’autre type d’institutions que les auteurs caractérisent reçoit le nom d’« extractives ». De telles institutions sont un frein extrêmement puissant à la croissance économique (mais également sociale) : elles représentent une forme de désincitation à la croissance.
Du point de vue social, l’esclavage ou le servage constituent d’une certaine manière le summum des institutions extractives. Ne serait-ce que parce qu’en réduisant une part, souvent importante, de la population à des conditions économiques de survie, une société se prive d’un grand nombre de consommateurs potentiels, et donc d’une source non moins grande de croissance économique.

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05Le Japon de l’ère Meiji
Les auteurs donnent plusieurs exemples d’États qui, sur le long terme, ont su édifier des sociétés inclusives. Parmi eux figure en bonne place le Japon de l’ère Meiji, qui débute en 1867 pour se terminer en 1912, et qui correspond au règne de l’empereur Mutsu-Hito, également dénommé Meiji du nom que l’on donna à sa période de gouvernement, selon l’usage japonais traditionnel d’après lequel à chaque empereur correspond le nom d’une ère.
Fondamentalement, l’ère Meiji correspondit pour le Japon à une expérience de modernisation autoritaire qui devait créer les conditions de la prospérité économique. La féodalité fut abolie, et remplacée par des structures administratives modernes. L’empereur Meiji mit fin, dès le début de son règne, à l’isolement du pays, qui datait de l’ère des Shoguns, dite également ère Tokugawa, du nom de la famille des Shoguns héréditaires, entre le début du XVIIe siècle et 1867.

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06Les deux Corée
De nombreux penseurs, théoriciens et philosophes ont émis l’hypothèse que le climat ou la culture d’origine constituaient des éléments déterminants pour le développement économique. Les auteurs ne partagent pas ce point de vue. Ainsi, ils prennent pour exemple, que l’on pourrait tout aussi bien dénommer contre-exemple, le cas des deux Corée, qu’ils nomment « l’économie du 38e parallèle », du nom de la ligne qui sert de démarcation entre la Corée du Nord et la Corée du Sud. Les deux Corée, donc. La même géographie, le même climat, le même peuple, la même langue, la même histoire, la même culture. Pourtant, deux États distincts. Au nord, la Corée du Nord, dictature communiste issue de la « libération » du pays par l’URSS en 1945, après un demi-siècle de colonisation japonaise. Au sud, la Corée du Sud, démocratie libérale (certes depuis peu) libérée du même joug et à la même période par les États-Unis. De 1950 à 1953, une guerre opposa les puissances occidentales, sous couvert de l’ONU, à l’Union soviétique pour réunifier les deux Corée. Guerre épuisante, et qui n’eut aucun vainqueur. En définitive, les belligérants optèrent pour le statu quo ante et pérennisèrent la fameuse ligne de démarcation séparant les deux Corée, la communiste et la libérale.

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07Conclusion
Les auteurs rappellent que, s’il existe aujourd’hui tant d’inégalités dans le monde, c’est parce qu’au cours des XIXe et XXe siècles certains pays ont pu et ont su profiter de la révolution industrielle, alors que d’autres s’en sont révélés incapables. Car, sans être l’unique moteur de la prospérité économique, l’évolution technologique en constitue l’élément le plus important. Pour autant, était-il inévitable, sur le plan à la fois historique, géographique, culturel et ethnique, que l’Europe de l’Ouest, l’Amérique du Nord et le Japon deviennent à ce point plus riches que l’Afrique subsaharienne, l’Asie du Sud ou l’Amérique latine ?

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08Zone critique
La plupart des critiques de Daron Acemoglu et James A. Robinson pointent du doigt le même travers de leur ouvrage : le caractère univoque, voire mécaniste de leur thèse sur les origines de la prospérité économique. Leur propos, en effet, rappelle un peu celui de l’économiste américain Rostow, avec ses cinq étapes de la croissance économique, qui prend son envol à partir du « take off », le décollage. Par ailleurs, un certain nombre d’exemples infirment les thèses des deux auteurs.

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09Pour aller plus loin
Ouvrage recensé – Prospérité, puissance et pauvreté, Genève, Markus Haller, 2015.

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