Télécharger l'app

Scanne. C'est dans ta poche.

QR Code — Dygest

Ouvre l'app Appareil photo, pointe sur le code. C'est gratuit à l'essai.

Couverture de 'Pourquoi byzance'

Pourquoi Byzance ?

Michel Kaplan

L'histoire énigmatique de Byzance

Écouter l'extrait du podcast :
0:00 --:--

Description

De 330 à 1453, sur les rives du Bosphore, entre la mer noire et la mer Égée, se tient la Ville par excellence, le successeur de Rome : Constantinople. Capitale d’un empire qui va se rétrécissant au fil des siècles, hormis quelques épisodes éclatants, première ville du premier État de la chrétienté médiévale, la cité de Constantin fascine.

C’est à ce phénomène que répond l’ouvrage de Michel Kaplan, qui entreprend ici d’expliquer les fondements du mythe de Byzance.

Sommaire

01

In­tro­duc­tion

Michel Kaplan entreprend ici une histoire chronologique et politique de cet Empire qui se nommait romain, que l’on appela grec, de Constantinople ou en encore byzantin. Histoire dont le fil rouge est la formidable construction idéologique qui présida aux destinées de cet État.

Après avoir fait l’historique de la fascination byzantine, de l’humanisme renaissant à l’érudition moderne en passant par le grand siècle, qui voyait là un modèle, les philosophes des lumières, qui ne voyaient là que décadence, et la littérature fin de siècle, à qui cette décadence même paraissait une source d’inspiration, Michel Kaplan embarque son lecteur pour un très long voyage à travers le temps, à bord de la ville reine, Constantinople. Première étape : la fondation, l’Empire encore romain, déjà chrétien, dont Francs et Goths se reconnaissaient vassaux. Deuxième étape : la reconquête justinienne et l’effondrement du VIIe siècle.

Téléchargez Dygest

pour avoir une expérience complète !

02

Constantin et Justinien

Constantin, premier empereur chrétien, avait besoin d’une capitale qui ne soit pas l’antique Rome, attachée au souvenir du paganisme. Idéalement située, sur les rives poissonneuses du Bosphore, au point de jonction des routes commerciales terrestres et maritimes les plus importantes d’alors, la ville n’avait pas à craindre de gênes pour son approvisionnement. En outre, elle était imprenable, protégée qu’elle était par la mer, pourvu qu’on se dote d’une muraille à l’ouest et d’une chaîne pour interdire l’accès au port. Ce qu’on fit. Enfin, elle se trouvait à distance égale des principaux fronts, celui du Danube et celui de l’Euphrate.

Pour Michel Kaplan, l’histoire de l’Empire byzantin commence avec la fondation de Constantinople, en 330. L’Empire avait besoin d’une idéologie qui concorde avec sa réalité : un pouvoir absolu dominant tout le monde civilisé. L’empire avait tenté assez tôt, avec le culte impérial, une telle synthèse. Mais il avait achoppé sur l’intransigeance chrétienne. Qu’à cela ne tienne : l’empereur voit fait un songe, à la veille de la bataille du pont Milvius (le 28 octobre 312) qui lui ouvrira Rome et la soumission du Sénat. Si je gagne, promet Constantin au Seigneur en un mouvement typiquement païen, je me soumettrai à Ta puissance.

Téléchargez Dygest

pour avoir une expérience complète !

03

Invasions

Puis, survinrent les invasions. Non pas une, deux ou quatre, mais une sorte de flot continu, irrépressible, d’invasions, comme autant de vagues déchaînées sur un fier promontoire. Les Goths, tout d’abord, que les Byzantins surent éloigner, à grand renfort d’argent, vers l’Occident qui s’effondra aussitôt.

Puis les Francs, qui se considérèrent toujours comme les serviteurs de l’Empire, tant le prestige de la seconde Rome était immense. Puis les Vandales, qui dévastèrent l’Afrique du Nord, mais furent ramenés à la raison au VIe siècle par l’Empereur Justinien ; puis les Perses, qui ravagèrent au VIIe siècle l’Arménie, la Mésopotamie, la Syrie et l’Égypte ; puis les Arabes, qui profitèrent de ce qu’Héraclius avait mis les Perses en pièces pour s’emparer de cet Empire comme des régions dévastées de l’Empire byzantin, puis les Bulgares, les Serbes, les Petchenègues, les Coumans, les Russes, les Normands d’Italie, les marchands italiens, les Croisés et les Turcs.

Téléchargez Dygest

pour avoir une expérience complète !

04

Miracle macédonien et ef­fon­dre­ment

Après avoir essuyé deux sièges de la part des Arabes (677 et 718), perdu l’Égypte qui lui assurait son approvisionnement en blé, puis l’Italie, voici que survenaient les Bulgares, dans les Balkans. Si l’on s’était attiré tant de malheurs, c’est sans doute que l’on avait péché. On prend conscience que le peuple, dans sa piété désordonnée, s’adonne au culte des images.

Au regard de la bible, il y a sacrilège. Rétablir le vrai culte du Dieu invisible et unique, voilà qui satisfera Dieu, soutien de l’autorité impériale. On a beaucoup, à propos de cette crise de l’iconoclasme, parlé d’influence islamique. Pour Michel Kaplan, c’est une illusion rétrospective. L’islam était considéré comme une hérésie, non comme un modèle. Quoi qu’il en soit, l’empereur convoqua un concile, qu’il présida et auquel il imposa la condamnation des images. On les détruisit partout, provoquant l’indignation du pape et la colère d’une partie du peuple, comme de nombreux moines. Mais la crise permit, c’est la thèse de Michel Kaplan, à l’empire de se réaffirmer. L’empereur fut déclaré seul responsable devant Dieu de nouveau peuple élu. Il faisait et défaisait l’orthodoxie. Pour preuve : c’est uniquement aux opinions successives des empereurs que l’on doit les changements de la doctrine. Quand le culte des images fut rétabli, et rendu obligatoire, ce le fut encore par la volonté impériale.

Téléchargez Dygest

pour avoir une expérience complète !

05

Croisades

Le danger est tel, qu’en Occident, on en a une claire conscience. Malgré les importants frottements entre les Églises qu’avait provoqués la crise de l’iconoclasme, les liens ne sont pas rompus. Le pape est toujours reconnu à Byzance. Les images y sont certes adorées d’une façon peu catholique, mais Rome ne s’en formalise pas encore. Plus important, le « schisme » de 1054, selon Michel Kaplan, « n’a en fait jamais existé : tout au plus deux évêques […] se sont mutuellement excommuniés » (p. 213).

Téléchargez Dygest

pour avoir une expérience complète !

06

Oc­ci­den­ta­li­sa­tion

Après la dynastie macédonienne, qui avait rétabli l’Empire dans une certaine gloire, voici donc celle des Comnène, glorieuse aussi, mais toute différente. Non seulement elle doit faire face à des Croisés qui ne se contentent pas de n’être que de simples auxiliaires, mais elle doit résoudre une grave crise financière provoquée par la perte de la riche Anatolie. En dix ans, à la fin du XIe siècle, la monnaie byzantine perd 60% de sa valeur. Privée de ressources fiscales, elle assoit son pouvoir sur une base qui n’est plus purement étatique. Son pouvoir repose désormais sur des allégeances et des réseaux familiaux. On met à l’encan les charges de l’État. L’impôt est levé par des agents privés.

Téléchargez Dygest

pour avoir une expérience complète !

07

Renaissance

En 1180, quand meurt Michel Ier Comnène, son fils Alexis n’a que onze ans. La régence échoie à une princesse latine : Marie d’Antioche. Cette fois, c’en est trop, depuis quelques décennies, les cités italiennes se sont vu octroyer d’exorbitants privilèges : leurs marchands opèrent sans payer de taxe. Le ressentiment populaire débouche sur une immense Saint-Barthélemy (1182), suivie de la fuite en Italie d’un Empereur déposé qui promettra des fortunes colossales à ceux qui le rétabliront sur le trône… On est en 1201.

Téléchargez Dygest

pour avoir une expérience complète !

08

Conclusion

S’ensuivent deux siècles d’agonie. Se battant tout à la fois contre les cités italiennes, contre les hérésies latines, contre les Slaves du sud, et contre les Turcs, les Empereurs n’avaient qu’un seul espoir : une nouvelle croisade. Mais cela supposait d’accepter les dogmes latins, ce à quoi l’Église grecque ne pouvait que se refuser, figée qu’elle était depuis la résorption de la crise iconoclaste et la définition de l’orthodoxie.

Là-dessus, une guerre civile se déclare entre aristocratie et bourgeoisie. Puis, c’est la peste (1347). Puis, les Serbes fondent un empire alternatif, contre lequel on en vient à s’allier aux Turcs, qui prennent bientôt pied en Europe, déferlant sur les Balkans… L’Empire est aux abois. On vend la vaisselle d’or. La croisade emmenée par le roi Sigismond de Hongrie est défaite, l’armée serbe anéantie au Champ des Merles (1392). Symbole : la coupole de Sainte-Sophie menace de s’effondrer, suite à un tremblement de terre. Le monde s’écroule : on le fuit pour les monastères, où fleurit le mysticisme, tandis que les savants, dans les bibliothèques, redécouvrent l’antiquité.

Téléchargez Dygest

pour avoir une expérience complète !

09

Zone critique

Centré sur l’histoire politique, l’ouvrage de Michel Kaplan ne s’attarde pas sur l’aspect artistique et religieux d’un byzantinisme qu’il assimile à une sorte de fixisme malsain. Négligeant de faire la généalogie de cette mentalité typique du platonisme médiéval, l’ouvrage ne permettra donc pas au lecteur d’entrer dans une compréhension intime de cette civilisation platonicienne dont les derniers feux fascinèrent tant les premiers humanistes.

Téléchargez Dygest

pour avoir une expérience complète !

10

Pour aller plus loin

Ouvrage recensé – Pourquoi Byzance ? Un empire de onze siècles, Gallimard, coll. « Folio Histoire », 2016.

Du même auteur – Pouvoirs, Église et sainteté. Essais sur la société byzantine, Paris, Publications de la Sorbonne, coll. « Les classiques de la Sorbonne », 2011.

Téléchargez Dygest

pour avoir une expérience complète !