Télécharger l'app

Scanne. C'est dans ta poche.

QR Code — Dygest

Ouvre l'app Appareil photo, pointe sur le code. C'est gratuit à l'essai.

Couverture de 'Phedon'

Phédon

Platon

Dialogue philosophique sur l'âme et la mort

Écouter l'extrait du podcast :
0:00 --:--

Description

le "Phédon" est l'un des dialogues les plus célèbres de Platon, dans lequel il rapporte les derniers moments de Socrate et sa discussion sur l'immortalité de l'âme. Ce dialogue date des environs de 399 avant J.-C. Socrate est condamné à mort pour « corruption de la jeunesse » et demeure pendant un mois enchaîné dans la prison des Onze à Phlionte, en attendant de boire la cigüe qui mettra fin à ses jours.

Alors que ses amis et disciples lui rendent une dernière visite, Socrate affirme accueillir la mort avec sérénité. S’engage alors un dialogue à propos de la mort et de la destinée de l’âme.

Sommaire

01

In­tro­duc­tion

Socrate reste longtemps en prison entre son procès et sa mort. Il faut garder la cité pure jusqu’à la fin du pèlerinage du navire à Délos, comme l’exige la coutume. Le dialogue du Phédon se déroule du lever au coucher du soleil, le dernier jour de Socrate, dans une salle où ce dernier, délié de ses chaînes, est autorisé à dialoguer avec ses disciples avant de prendre son bain, de s’entretenir avec sa famille et de boire la potion létale.

Il s’agit d’un dialogue raconté : Phédon relate à Echécrate la mort de Socrate. Plusieurs de ses disciples et amis sont présents, dont la plupart restent muets. Cébès (difficile à convaincre) et Simmias (plus crédule) participent quant à eux activement à l’argumentation : ils interviennent régulièrement pour questionner, émettre des objections ou demander des éclaircissements sur la démonstration de Socrate. Platon est absent, il est alors malade. Le personnage de Phédon, qui donne son nom à l’œuvre, est un des disciples les plus chers de Socrate. S’il est un interlocuteur direct, il participe peu, incarnant en quelque sorte le lecteur du Phédon.

Téléchargez Dygest

pour avoir une expérience complète !

02

Socrate accepte la mort sereinement

Face à la condamnation de son maître, Phédon ne ressent ni pitié ni plaisir et ses autres amis sont partagés entre le rire et les larmes. Ils admirent le calme dont fait preuve le philosophe mais se demandent ce qu’il adviendra du corps et de l’âme de celui-ci après qu’il aura ingéré le poison. En effet, pour la plupart d’entre nous, la mort est synonyme d’angoisse existentielle. Nous la craignons car nous partons du postulat selon lequel notre corps et notre âme seraient liés. Ainsi, la disparition de l’un entraînerait inévitablement l’anéantissement de l’autre. Pour Socrate, celui qui souhaite la mort et se suicide a peur de vivre des maux plus grands encore que la mort dans la vie. C’est donc par lâcheté qu’il passe à l’acte.

Socrate se distingue du peureux et du lâche en ce qu’il ne craint pas la mort ni le déplaisir. Ses disciples et nous-mêmes nous demandons pourquoi il n’oppose aucune résistance à une sentence imposée si injustement par les Athéniens. Le philosophe répond qu’il nourrit l’espoir de se retrouver bientôt auprès de Dieux parfaitement bons dans l’Hadès. En effet, son corps n’est rien pour lui, tandis que son âme, dont il a préservé la pureté en philosophant toute sa vie, est immortelle. La mort se définit pour lui comme une séparation de l’âme et du corps, qui nous purifie.

Téléchargez Dygest

pour avoir une expérience complète !

03

L’âme semble devoir mourir avec le corps

Pour Simmias et Cébès, les deux principaux interlocuteurs de Socrate, l’âme est vie. Ils craignent donc légitimement que l’âme soit par nature soumise aux mêmes lois que le corps. D’une part, Simmias propose une analogie entre l’âme et le corps d’une part et d’autre part la lyre et l’harmonie. C’est ce qu’on appelle la théorie de l’âme-harmonie. Quand la lyre se brise, c’est l’harmonie qui périt en premier. Ainsi, on doit admettre que l’incorporel et le divin dépendent du corps. De même que l’on peut accorder les cordes de la lyre, les propriétés contraires (comme le chaud ou le froid) s’équilibrent dans le corps.

D’autre part, Cébès dit être encore un enfant qui a peur de la mort. Si l’âme dure plus longtemps que le corps comme l’affirme Socrate, elle finit néanmoins par périr elle aussi. L’âme est considérée comme une force vitale qui permet l’harmonisation et la restauration des corps. À force de réincarnations, à force d’empêcher la corruption du corps qui se détruit, elle finit par s’épuiser. Elle est ainsi comparable au tisserand qui tisse continuellement le vêtement.

Téléchargez Dygest

pour avoir une expérience complète !

04

La théorie de la ré­mi­nis­cence prouve l’immortalité de l’âme

Si nous observons la nature, force est de constater que les contraires fonctionnent ensemble : « Il y a devenir réciproque de chacun des termes vers l’autre », comme le froid se réchauffe ou le grand devient petit. De même que de la veille vient le sommeil et inversement, la mort est le contraire de la vie et elles proviennent l’une de l’autre. Socrate affirme donc l’existence d’une circularité, d’un cycle des contraires. Le « revivre » serait par conséquent le devenir de la mort. Il y a une renaissance à partir des morts, non une réincarnation mais ce qu’on appelle une palingénésie : une renaissance définie comme régénération. En effet, si les choses mouraient définitivement, tout finirait donc mort dans le monde.

Ce cycle des contraires fonde ce que Socrate appelle la théorie de la réminiscence. Prenons un exemple : quand nous regardons une chose, non seulement nous la voyons mais nous en concevons une autre, nous avons une idée de la chose attachée à cette perception. La perception se définit donc comme une voie d’accès à la chose imparfaite, qui ne fait que ressembler à la Forme (Idée). Il en va de même pour toutes les choses appartenant au monde visible, sensible. Nous ne connaissons pas la « chose en soi » (par exemple le Beau ou le Bien) mais la chose telle qu’elle nous apparaît par le prisme de notre sensibilité.

Téléchargez Dygest

pour avoir une expérience complète !

05

La différence entre les âmes

Si toutes les âmes sont immortelles, il existe pourtant une différence entre elles. Certaines sont pures, la plupart médiocres et d’autres impures. Cela s’explique par le mélange qu’on peut leur infliger pendant notre vie et qui cause leur dégénération. Les Dieux nous assignent à résidence dans notre corps. Chaque fois que l’âme est affectée par une douleur ou un plaisir lié au corps, elle s’enchaîne un peu plus car elle prend pour vraies des perceptions qui ne sont en rien la réalité véritable. Plus elle se laisse affecter par les perceptions sensibles, plus elle se corrompt, se mélange et moins elle pourra accéder au monde intelligible au moment de la mort.

En effet, si nous laissons l’âme subir l’influence du corps, elle ne pourra pas garder sa pureté une fois séparée de lui, elle sera alourdie par lui. Attachons-nous au fait que l’occupation de l’âme détermine sa destination.

Téléchargez Dygest

pour avoir une expérience complète !

06

La méthode socratique pour purifier son âme

Socrate, à travers son cheminement philosophique, nous explique comment il s’est employé à rechercher les causes de la dégénération et de la corruption de l’âme. Dans ce qu’on appelle la première navigation, il explique qu’il s’est attelé à pratiquer la science de la nature qui se penche sur les « causes finales ». Ce type de cause se définit comme l’intelligence qui ordonne le monde de la meilleure manière possible. Dès lors, il apparaît à Socrate qu’il n’a qu’à étudier le meilleur pour connaître les causes, mais cette méthode s’avère inopérante car elle se fonde sur le monde sensible. Il lui faut donc chercher les causes transcendantes, se baser sur des données a priori, c’est-à-dire qui précèdent l’expérience.

Dans ce qu’on appelle la seconde navigation, Socrate recherche d’autres causes, qui sont les Formes. Cette navigation ne le pousse pas à trouver ce qui est meilleur en chaque chose mais à trouver ce qui confère à chaque chose « son essence et ses propriétés, la rend à la fois réelle et intelligible » (Monique Dixsaut). Il recherche en quoi la Forme participe à la chose, c’est-à-dire comment l’idée est présente ou communie avec la chose.

Téléchargez Dygest

pour avoir une expérience complète !

07

Conclusion

Pour la première fois dans les dialogues de Platon, les rôles sont inversés. Socrate ne fait pas accoucher ses interlocuteurs de la vérité mais il tient la place de celui qui croit en sa manière de vivre et de mourir : celle de la droite philosophie. Alors qu’il semblait émettre des réserves quant à l’immortalité de l’âme dans L’Apologie de Socrate, le philosophe semble ici sûr de lui. Son espérance est passée au crible de l’examen rationnel qui le contraint à se défendre en répondant aux objections formulées par ses interlocuteurs au fil du discours.

Téléchargez Dygest

pour avoir une expérience complète !

08

Zone critique

Le Phédon revêt une dimension à la fois métaphysique et morale. Il nous propose de trouver un sens à notre vie en considérant la mort comme un passage entre deux vies. L’intermédiaire qu’est la vie doit donner la primauté à la recherche de la vérité. Cette attitude (celle du philosophe) trouve une parfaite illustration dans l’allégorie de la caverne décrite plus tard dans La République. Le monde sensible, celui de la caverne où sont enchaînés les prisonniers, est source d’erreur et s’oppose au monde d’en-haut, celui de l’intelligible auquel les prisonniers peuvent accéder grâce à la dialectique.

Téléchargez Dygest

pour avoir une expérience complète !

09

Pour aller plus loin

Ouvrage recensé – Phédon, trad. par Monique Dixsaut, Paris, Flammarion, coll. « GF », 1991.

Du même auteur – La République, trad. par Pierre Pachet, Paris, Gallimard, coll. « Folio essais », 1993. – Apologie de Socrate, Paris, Flammarion, 2017.

Téléchargez Dygest

pour avoir une expérience complète !