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Couverture de 'On mavait dit que cetait impossible'

On m’avait dit que c’était impossible

Jean-Baptiste Rudelle

Les défis de l'entrepreneuriat

Écouter l'extrait du podcast :
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Description

Dans "On m’avait dit que c’était impossible", Jean-Baptiste Rudelle prend un temps de recul sur sa vie d’entrepreneur. Il livre son retour d’expérience comme un exemple de la French Tech. Ses réalisations, ses erreurs, ses choix, constituent un mode d’emploi pour les créateurs d’entreprise.

Déplorant le French bashing permanent, il croit au potentiel des entreprises françaises. Jamais donneur de leçon, plutôt observateur du monde des affaires, sa connaissance des start-up en France et aux États-Unis offre une solide base de réflexion et des conseils pratiques pour ceux qui démarrent leur activité.

Sommaire

01

In­tro­duc­tion

Au moment où il découvre son propre visage sur l’écran géant de la bourse du Nasdaq à New-York, Jean-Baptiste Rudelle savoure cet instant de la réussite comme une sorte d’arrêt sur image. Il perçoit en même temps le besoin d’un temps de recul sur cette formidable aventure qu’il vient de vivre avec son entreprise Criteo.

Homme d’action, mais aussi, et certainement plus qu’il ne veut bien l’avouer, homme de réflexion, il décide de se donner le temps de rédiger son manifeste On m’avait dit que c’était impossible. Il nous y détaille le journal de bord de son odyssée technologique pour aider ceux qui souhaitent créer leur entreprise. Inspiré par les leçons de ses premières expériences, Jean-Baptiste Rudelle s’est autorisé à offrir à Criteo une nouvelle énergie décomplexée et lucide.

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02

Pour réussir il faut oser voir grand

Avant Criteo, Jean-Baptiste Rudelle avait déjà créé deux entreprises, dont Kiwee, société spécialisée dans la personnalisation des sonneries de téléphone. Celle-ci avait très bien marché. Cependant il considère qu’il aurait pu aller plus loin en investissant davantage. C’est l’une de ses premières leçons: il faut oser voir grand.

Si vous avez une idée, que vous avez déjà vérifié sa viabilité, et que vous avez conçu un modèle économique, pensez grand tout de suite. Ne vous endettez pas vous-même, si l’entreprise échoue, ce qui arrive souvent aux start-up, vous risquez de ne pas vous relever. Tournez-vous vers les investisseurs d’entreprise. Les venture capitalists, ou capital-risqueurs, sont des spécialistes de la gestion du capital-risque. S’ils croient en votre projet, ils vous suivront. Ces investisseurs savent que c’est dans le domaine de la haute technologie qu’ils sont susceptibles d’effectuer les meilleures plus-values.

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03

La « stratégie Barbapapa » selon Jean-Baptiste Rudelle

Criteo est loin de l’idée de départ qui a mené à sa réalisation.

Quand Jean-Baptiste Rudelle a décidé de créer une nouvelle entreprise, il venait de vendre sa précédente start-up, et se trouvait à 35 ans dans une situation confortable envisageant peut-être de vivre sans travailler.

Client d’un vidéo club, il avait le temps de visionner, un peu sans discernement, des quantités de mauvais films, avant de pouvoir trouver quelques perles rares. Alors, lui est venue l’idée de créer un outil rassemblant les données des cinéphiles. Chacun bénéficierait des recommandations des autres. Ensuite un algorithme permettrait d’obtenir un service personnalisé de prescription. C’est ainsi qu’est né le premier concept de Criteo.

Alors qu’il discutait de son idée avec un inconnu, ce dernier l’orienta vers deux jeunes informaticiens qui avaient eu le même projet. Et c’est en s’associant avec ces deux experts que Jean-Baptiste Rudelle a démarré Criteo.

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04

L’échec est un facteur de réussite et un moteur de créativité

Jean-Baptiste Rudelle consacre une grande partie de son livre à l’échec.

Aux États-Unis, l’échec n’est pas un sujet à éviter. Bien au contraire, il est considéré comme faisant partie du processus de développement de n’importe quelle entreprise. Plus vous vous êtes trompé, plus vous serez aguerri et donc susceptible de réussir vos futurs projets. Il livre trois exemples d’échecs.

• La mauvaise idée, mal mise en œuvre :

Il voulait créer une base de données de référence pour les cinéphiles. Les internautes noteraient les films. Ensuite un algorithme travaillerait toutes ces données pour créer un système de recommandation de films. En s’associant dès le départ à des techniciens et des experts, Jean-Baptiste Rudelle et son équipe ont conçu un site vraiment réussi, innovant, et qui fonctionnait très bien. Malheureusement la fréquentation était trop faible. Le manque de trafic sur leur plateforme n’était pas rentable et ils ont rapidement compris que cela ne tiendrait pas.

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05

Réussir passe aussi par la confiance et par la culture du « co »

Jean-Baptiste Rudelle aime la lecture et en particulier l’histoire. Évoquant la nuit du 4 août 1789, au cours de laquelle fut votée l’abolition des privilèges et des droits féodaux, il insiste sur l’attachement des Français à l’esprit de la Révolution. Si les institutions ont beaucoup évolué vers un système plus démocratique et plus participatif, l’entreprise conventionnelle a conservé un mode de fonctionnement très traditionnel et figé avec un chef d’entreprise omnipotent et des employés encore dédiés à une tâche précise. Cela entretient une profonde culture du conflit dans la vie professionnelle des Français.

Il oppose à cette culture le sens du compromis des Anglo-saxons, adaptables et pragmatiques. Autrement dit, la culture du « co ». Il ne s’agit pas forcément d’être généreux. On ne parle pas d’humanisme, il s’agit d’une forme de bon sens. C’est une réalité évidente : tout le monde a besoin que tout le monde réussisse. On parle d’une émulation collective qui profite à tous. Cela n’empêche pas le milieu de l’Internet d’être concurrentiel, mais il faut constater que les avancées des uns ont permis les performances des autres. C’est de cette manière que se fait l’émulation.

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06

Un pladoyer pour la France

Le French-bashing est à la mode partout dans le monde. Jean-Baptiste Rudelle en a fait les frais, étant parfois contraint de proposer des postes à Londres, plutôt qu’à Paris à certaines recrues américaines. Il reproche un peu aux patrons français d’être les premiers à critiquer notre système en mettant en avant toujours les trois mêmes critiques :

• Le Code du travail va à l’encontre des intérêts des patrons Il admet que notre système de procédures est mal adapté à l’esprit et au fonctionnement des start-up. Certes, les charges sociales sont plus lourdes aussi. Cependant, il considère que cela se retrouve plus ou moins rééquilibré par le marché. Il prend l’exemple du coût global salarial. Il constate qu’il aurait tendance à être moins cher en France qu’aux États-Unis. Car dans la Silicon Valley les salaires sont exorbitants pour des compétences qui existent en France et qui compensent largement la différence de charges sociales. Il prend aussi l’exemple du temps de travail. Les Français ont des congés plus longs et plus nombreux que les Américains. Pourtant ces derniers pratiquent le day off : pour raisons de santé et autres aléas du quotidien, ils pratiquent une sorte d’absentéisme assez décontracté qui n’existe pas en France.

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07

Conclusion

La réussite de Criteo repose essentiellement sur la personnalité de Jean-Baptiste Rudelle.

Profil atypique, très factuel, doté de beaucoup de bon sens, il est conscient de ce qu’il apporte et de ce que les autres peuvent lui apporter. Pragmatique, il s’adapte au monde qui l’entoure. Il garde perpétuellement un esprit ouvert, se remet en question sans s’autocritiquer. Sa force réside dans la simplicité avec laquelle il est capable d’admettre ses erreurs comme de revendiquer ses trouvailles. Totalement libéré de tous les travers liés à l’égo, il semble aussi parfaitement dénué de cynisme.

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08

Zone critique

Après avoir lu le livre de Jean-Baptiste Rudelle, il paraît si simple de créer une start-up que même les nombreuses difficultés évoquées semblent faciles à surmonter !

Il est vrai que son expérience et son esprit toujours positif inspirent confiance et motivation. Cependant tout le monde ne démarre pas avec la même estime de soi. Jean-Baptiste Rudelle a grandi dans un milieu propice. Certes, il ne vient pas du sérail et sa famille n’était pas riche, mais il a bénéficié d’un cadre à la fois intellectuel et créatif qui a beaucoup contribué à sa réussite. Se lancer le défi de créer sa propre entreprise est le plus souvent source de doutes, de craintes et de stress… En particulier quand il faut faire face à des financiers aguerris et défendre son projet sans montrer sa peur.

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09

Pour aller plus loin

Ouvrage recensé

– On m’avait dit que c’était impossible, Paris, Stock, 2016.

Autres pistes

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