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Couverture de 'Napoleon chef de guerre'

Napoléon, chef de guerre

Jean Tulard

L'art de la guerre selon Napoléon

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Description

La guerre était au cœur de l’histoire napoléonienne. Ce furent les victoires d’Italie et d’Égypte qui portèrent le général Bonaparte au pouvoir et ce fut une défaite en Belgique qui l’en chassa. Son génie politique était inséparable de son génie militaire.

Ce dernier tenait à sa capacité à s’entourer d’excellents officiers, au lien très fort entre le chef et ses hommes. Napoléon maîtrisait également l’art de la propagande, grâce aux journaux et aux bulletins qu’il faisait écrire. Il accordait aussi une grande importance au renseignement : connaître le terrain et connaître l’ennemi, et être capable de s’adapter aux plans de l’adversaire en changeant les siens. C’est ce chef de guerre hors pair que nous fait découvrir Jean Tulard.

Sommaire

01

In­tro­duc­tion

Les études sur les campagnes napoléoniennes sont plus nombreuses que celles sur les institutions créées par l’empereur. Par leur ampleur géographique, couvrant l’Europe de l’Espagne à la Russie, ainsi que l’Égypte et la Syrie, elles impressionnent. Pourtant, si une partie de l’héritage du Consulat est parvenu jusqu’à nous, il ne reste rien des conquêtes impériales si ce n’est quelques traces de l’influence du Code civil sur certaines législations européennes et des monuments à la gloire de la Grande Armée.

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02

La formation de l’empereur

La pensée militaire de Napoléon fut d’abord formée à l’École militaire de Paris où il entra en 1784. On y apprenait alors des matières comme les mathématiques, la géographie ou le droit, et les exercices englobaient le maniement du fusil ou les principes de la marche militaire. Mais la théorie de la guerre était absente. Il en sortit seulement une année plus tard, ce qui fut d’autant plus bref pour acquérir un savoir approfondi.

Sa formation fut poursuivie au cours de ses nombreuses lectures en garnison : Bonaparte a su puiser son inspiration dans les grands auteurs militaires. Il prit notamment des notes des Mémoires du marquis de la Vallière, à propos des principes de l’artillerie et notamment des avantages des pièces longues qui portent plus loin et tirent plus juste. Des idées de Frédéric II de Prusse qu’il admirait, il retint le principe d’une guerre courte et totale.

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03

Se préparer

Les victoires de Napoléon furent avant tout le résultat d’une préparation minutieuse. C’est dans l’organisation dont il fit preuve que se révéla la première facette de son génie. En campagne, Napoléon prenait toutes les décisions seul, avant, pendant et après les opérations. Lorsqu’il était à Paris, le centre de décisions était le palais des Tuileries. Jean Tulard passe en revue les hommes qui entouraient l’empereur au ministère de la guerre ou à l’état-major, comme les maréchaux et généraux à la tête de ses armées, dont la nomination lui incombait.

De la même manière, le plan était élaboré par Napoléon seul, sans aucun conseil. Il dormait peu et passait ses nuits, plongé dans des cartes, éclairé par des chandelles et déplaçant des épingles à tête de couleurs différentes pour simuler le mouvement des troupes, ou calculant les distances avec un compas. L’ouvrage passe également en revue le statut des simples soldats, qu’ils fussent français ou étrangers. L’empereur ne les choisissait pas, c’était la conscription (un héritage du Directoire) qui les lui fournissait. Napoléon disposait donc, dès l’origine, d’une armée nationale et non de troupes de mercenaires. La formation des conscrits se faisait rapidement : huit jours pour apprendre à monter et démonter le fusil, le charger et tirer. Mais parfois le temps manquait et nombreux furent les soldats instruits sur le terrain, notamment en 1813 et 1814.

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04

Faire la guerre

Dans la seconde partie de son ouvrage, Jean Tulard offre une bonne synthèse des grandes caractéristiques des campagnes napoléoniennes. Il rappelle l’importance des manœuvres militaires, Napoléon ne procédant pas avec des forces concentrées, mais étalées et se déplaçant avec une rapidité inhabituelle pour l’époque. Les actions se divisaient le plus souvent en deux phases : dans un premier temps, l’armée se déployait comme un filet destiné à enserrer l’ennemi.

Ensuite elle se concentrait, non moins rapidement et par surprise, de façon à obtenir la supériorité face à un ennemi qu’elle avait déjà enveloppé. La puissance de l’offensive était la clé de la stratégie de l’empereur. Une fois la manœuvre achevée, l’armée prenait position pour la bataille. Mais souvent, les manœuvres permettaient de limiter les batailles en obtenant rapidement la capitulation de l’ennemi comme à Ulm en octobre 1805 ; ce sont elles qui permirent les succès des campagnes impériales. Chaque fois, l’empereur était en retrait, mais s’efforçait d’avoir une bonne vision des opérations.

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05

Conclure la paix

La conclusion de la paix était inséparable de la déclaration de guerre. Le militaire faisait alors place au diplomate. Ainsi, une fois la bataille d’Austerlitz gagnée le 2 décembre 1805, Napoléon reçut le lendemain le baron de Lichtenstein venu solliciter l’armistice. Il en accepta le principe, puis rencontra l’empereur François en personne et les négociations débutèrent. Le ministre des Relations extérieures, Talleyrand, qui engagea les discussions, obtint l’acceptation des conditions françaises de la part de l’Autriche. Le traité de Presbourg fut signé le 26 décembre 1805.

Mais Napoléon fut mécontent de son ministre, qu’il estimait ne pas avoir été assez exigeant sur le montant des réparations de l’Autriche. Jean Tulard explique en ce sens que l’empereur ignorait que Talleyrand s’était en réalité fait payer par Vienne en échange de sa modération.

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06

La défaite

L’ouvrage passe également en revue les échecs de Napoléon. Dans sa guerre contre l’Angleterre qui s’acheva sur le désastre de Waterloo le 18 décembre 1815, deux raisons sont mises en avant pour expliquer la défaite : l’absence d’une flotte qui puisse rivaliser avec la Royal Navy, et la méconnaissance de l’empereur des règles de la guerre maritime. Une île détient forcément un avantage face à une armée conquérante. Pourtant, sous Louis XVI, la marine française n’avait rien à envier à sa rivale, mais la Révolution française l’avait considérablement désorganisée et elle ne fit pas le poids.

L’échec espagnol est également analysé par l’historien. En 1808 en effet, les troupes de l’empereur furent confrontées à un nouveau type de guerre, la guérilla, où l’élément passionnel abolit toute règle, toute morale, tout respect de l’adversaire. Subitement, les soldats de métier se trouvaient désarmés face à cette violence aveugle. La bataille classique avec ses deux armées face à face parut brusquement caduque. En outre, l’absence de Napoléon dans la péninsule et le manque de coordination des généraux sur place empêchaient la mise en place d’une contre-guérilla efficace. Jean Tulard analyse cet épisode de la période napoléonienne comme un échec politique : l’empereur n’a pas compris que sa volonté de soumettre l’Europe à ses lois ne pouvait que conduire à des réactions nationales qui ont transformé la guerre codifiée en mouvement populaire et révolutionnaire, sans règle.

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07

Conclusion

Les guerres napoléoniennes se résument en définitive à un affrontement franco-anglais. Prussiens et Autrichiens ne furent jamais en mesure d’inquiéter vraiment Napoléon, et celui-ci n’aurait pas échoué en 1812 en Russie si son souci de remporter une victoire décisive à la manière d’Austerlitz ne l’avait conduit à s’enfoncer dans les plaines pour prendre Moscou plutôt que Saint-Pétersbourg. L’Angleterre fut le véritable adversaire de Napoléon et le conflit opposa deux stratégies : l’attaque à outrance de l’empereur fut mise à mal par la stratégie défensive de Londres, qui finit par gagner.

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08

Zone critique

L’ouvrage proposé est riche : les informations sur la guerre et sur la manière dont elle était menée par Napoléon sont abondantes et, en cela, la promesse de Jean Tulard de proposer un regard nouveau sur la période est respectée.

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09

Pour aller plus loin

Ouvrage recensé

– Napoléon, chef de guerre, Paris, Tallandier, coll. « Texto », 2015.

Du même auteur

– Dictionnaire Napoléon, Paris, Fayard, 1988. – Napoléon, Paris, Fayard, coll. « Pluriel », 2011. – La France de la Révolution et de l'Empire, Paris, PUF, 2014. – Le Grand Empire : 1804-1815, Paris, Albin Michel, coll. « Bibliothèque de l'évolution de l'humanité », 2009.

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