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Couverture de 'Meditations metaphysiques'

Méditations mé­ta­phy­siques

René Descartes

Le doute et le cogito

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Description

"Méditations métaphysiques" de René Descartes est une œuvre philosophique fondamentale qui a marqué le début de la philosophie moderne. Descartes examine les fondements de la connaissance, l'existence de Dieu, la nature de l'âme humaine et la distinction entre l'esprit et le corps. La célèbre formule "Je pense, donc je suis" (Cogito, ergo sum) est introduite comme un premier principe indubitable à partir duquel reconstruire le savoir sur des bases solides.

Il s’appuie alors sur cette certitude première afin de savoir si l’on peut légitimement se fier à notre entendement et à nos sensations pour connaître le monde.

Sommaire

01

In­tro­duc­tion

Les Méditations métaphysiques, sont publiées en 1641 en latin, puis traduites en 1647 en français sous la supervision de Descartes. Le point de départ du texte est une inquiétude de Descartes : il se pourrait que les connaissances accumulées jusqu’à présent soient mal fondées. En effet, la science se fonde sur notre capacité à raisonner de manière logique, ainsi que sur une série d’observations empiriques. Mais qu’est-ce qui nous garantit que l’on peut s’appuyer sur nos sensations et sur notre capacité à raisonner pour connaître le monde ?

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02

Le doute et le cogito

L’objectif de Descartes est d’arriver à une connaissance absolument certaine. La première étape des Méditations consiste donc à distinguer, parmi nos connaissances, entre ce qui est certain et ce qui est douteux. Cela semble être une tâche immense : nous avons une énorme quantité de connaissances et il paraît difficile de les passer toutes en revues. Pour éviter cette difficulté, Descartes se focalise sur les principes au fondement de nos connaissances, car « la ruine des fondements entraîne nécessairement avec soi tout le reste de l’édifice » (p. 268).

Or nous avons acquis nos connaissances grâce à deux principes : nos sens et notre entendement (notre capacité de concevoir et de raisonner). Nos sens peuvent être mis en doute : l’expérience du rêve montre qu’il est parfois difficile de distinguer entre le songe et la réalité. Peut-être tout ce que nous vivons n’est-il qu’un songe prolongé et bien lié : il faut donc rejeter comme douteux tout ce qui nous vient des sens.

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03

Les preuves de l’existence de Dieu et l’entendement

Descartes donne deux preuves de l’existence de Dieu dans les Méditations. Ces preuves vont lui permettre de refonder les principes de notre connaissance : prouver que Dieu existe permettra ensuite à Descartes de prouver qu’il nous a donné un entendement fiable et qu’il a créé un monde corporel qui correspond à nos sensations.

La première preuve de l’existence de Dieu se fonde sur les présupposés suivants : lorsque j’ai l’idée de quelque chose, cette idée doit avoir une cause. Or la cause de l’idée doit avoir au moins autant de réalité que l’idée elle-même, c’est-à-dire qu’on ne forge pas une idée à partir de rien : un homme forge ses idées à partir de ce qu’il a vu, conçu, et par composition d’éléments (un animal mi-homme, mi-cheval, par exemple, le Centaure). Or nous avons l’idée de Dieu, c’est-à-dire d’un être éternel, infini, tout puissant, etc. Qui peut bien avoir produit cette idée ?

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04

L’erreur

Descartes a montré que, Dieu n’étant pas trompeur, on peut se fier à notre entendement. Et pourtant, il nous arrive de nous tromper. Comment expliquer que l’on puisse se tromper si cependant notre entendement est fiable ? Dans quelle mesure peut-on se fier à son entendement pour connaître, s’il est susceptible d’erreur ? Descartes va montrer que l’erreur n’est pas tant une défaillance de notre entendement que l’effet de notre volonté qui outrepasse ses limites.

Nous avons en nous deux facultés qui nous permettent d’affirmer et juger. D’une part, il y a notre puissance de connaître (l’entendement) et, d’autre part, il y a notre libre arbitre, notre capacité à effectuer des choix libres (la volonté). Notre entendement est très petit et borné ; nous le savons car nous éprouvons chaque jour des difficultés à comprendre certaines choses, à nous souvenir de nos raisonnements, etc. Mais notre volonté, quant à elle, semble ne pas avoir de limites. En somme, je ne peux connaître qu’un petit nombre de choses, mais je peux vouloir bien davantage, et donc affirmer et juger des choses sur lesquelles mon entendement n’a pas de prise. C’est là qu’advient l’erreur, lorsque j’affirme des choses que je n’entends pas, c’est-à-dire lorsque ma volonté outrepasse mon entendement.

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05

Les corps

Je sais avec certitude que je suis une chose qui pense, que Dieu existe et que mon entendement est fiable. Il ne reste plus qu’à fonder l’existence des choses matérielles, qui est encore douteuse, et à montrer que nos sensations nous permettent de les connaître adéquatement. Or la tâche n’est pas aisée. D’une part, les perceptions sensibles des choses extérieures sont douteuses : par exemple, j’ai parfois l’impression de voir une tour ronde de loin alors qu’en réalité elle est carrée. Mais, d’autre part, on pourrait dire que les sensations de notre propre corps ne sont pas douteuses : si je me blesse, il semble difficile de remettre ne cause le fait que j’ai un corps qui me fait mal.

Pourtant, Descartes rappelle que certaines personnes amputées d’une partie du corps ressentent de la douleur dans le membre qui n’est plus là. Ainsi, même nos sensations les plus intimes semblent douteuses.

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06

Conclusion

Descartes part d’un doute radical portant sur notre entendement et nos sensations, et reconstruit peu à peu notre confiance en ces deux principes de notre connaissance. Pour ce faire, il met au jour un noyau de vérité absolument indubitable : il est certain que lorsque je pense, je suis. À partir de cette certitude première, il prouve l’existence d’un Dieu tout puissant et non trompeur, lequel garantit la vérité de nos évidences logiques (comme lorsqu’on trouve évident que deux et deux font quatre).

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07

Zone critique

Les Méditations métaphysiques ont été mises en avant par l’institution universitaire à partir du XIXe siècle, qui les présenta comme le cœur de la philosophie de Descartes, mettant au second plan d’autres parties de son œuvre. Il n’est pas dit toutefois que Descartes ait considéré ces Méditations comme le cœur de sa philosophie, ni comme son texte le plus important.

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08

Pour aller plus loin

Ouvrage recensé – Méditations métaphysiques, dans Œuvres et lettres, Paris, Gallimard, coll. « Bibliothèque de la Pléiade », 1953 (1re éd. 1641).

Du même auteur – Discours de la méthode, Paris, Flammarion, 2016 [1637]. – Les Passions de l'âme, Paris, Flammarion, 1998 [1649].

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