
Makers
La nouvelle révolution industrielle
Description
Dans cet ouvrage de prospective, Chris Anderson avance que la prochaine révolution industrielle est déjà en train de se dérouler sous nos yeux et qu’elle détermine un nouveau modèle d’entreprenariat et de croissance économique.
L’auteur multiplie les exemples, raconte les aventures d’entrepreneurs hors normes et invite à penser un nouvel espace de développement, une « poche d’espoir et de croissance » comme il la définit lui-même.
Sommaire
01Introduction
Fort des succès de ses précédents livres et de sa propre expérience professionnelle de « maker », Chris Anderson partage avec ses lecteurs sa vision prospective.
Dans ses ouvrages précédents, il avait analysé le phénomène de « longue traîne » (long tail en anglais), montrant comment des diffuseurs de produits de niche avec un circuit de diffusion international pouvaient dépasser en valeur les sommes dégagées par la vente d’un petit nombre de best-sellers. Il avait aussi montré que le modèle de l’open source et du free pouvait paradoxalement générer des bénéfices et proposer un nouveau paradigme pour le développement de l’économie. Dans Makers, il combine les deux approches pour imaginer un autre développement industriel possible à côté de la production de masse.

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02L’histoire des révolutions industrielles
Chris Anderson n’hésite pas à se faire parfois professeur d’histoire, retraçant à grands traits les caractéristiques principales de ce qu’il convient d’appeler les « révolutions industrielles ». Il rappelle comment les artisans du XVIIIe siècle, les tisserands par exemple, travaillant à domicile, ont vu leur production changée du tout au tout par l’émergence de « fabriques » préindustrielles et par l’invention de la machine à vapeur. Les machines à filer ou les métiers à tisser mécanisés étaient disséminés dans les foyers autour des centres de production, procurant un travail à domicile assez lucratif, même si les travailleurs restaient à la merci des commandes des gros distributeurs.
La révolution industrielle du XIXe siècle a fait naître des usines qui se sont installées près des sources d’énergie et des ressources premières. Elles ont concentré la fabrication et l’ont rationalisée à travers la production de masse.

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03Fab Lab, makerspace et desktop
L’un des points d’observation que propose l’auteur pour son analyse est la cité de Manchester. Il observe comment cette ville, d’abord leader de la première révolution industrielle, après avoir connu ensuite une phase de déclin, se réinvente maintenant autour d’un pôle numérique puissant.
Des laboratoires de fabrication (Fab Lab) abritent des outils nouveaux et les proposent à des adhérents mais aussi, à certaines heures, à des amateurs extérieurs en créant des makerspaces. Ils constituent des pôles de créativité qui fédèrent des communautés de passionnés. Les universités et les écoles d’ingénieurs jouent d’ailleurs parfois un rôle moteur. Le desktop, le bureau, devient un centre de recherche et développement miniature et détermine ce qu’on va appeler de la « production industrielle de bureau ».

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04Imprimante 3D, scanner 3D et découpeuse laser
Dans les Fab Lab, on va ainsi trouver différentes équipements mis à disposition des utilisateurs et dont les prix chutent tellement qu’ils pourront bientôt être acquis par tout un chacun. On peut ainsi évoquer la machine emblématique qu’est l’imprimante 3D, mais aussi la découpeuse laser ou encore le scanner 3D. L’imprimante, à la manière d’une imprimante à encre classique, vient déposer de la matière là où le programme l’a prévu.
Cependant, cette fois le travail se fait non pas sur un seul plan mais dans toutes les dimensions. Le laser permet de découper, mais aussi de percer et de graver et ouvre beaucoup de perspectives aux artistes et aux concepteurs. Le scanner 3D, lui, est comme une sorte de photocopieur de la réalité : il est capable de modéliser n’importe quel objet et d’écrire les lignes de code qui permettront de le reproduire.

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05Système propriétaire vs système ouvert
Les concepteurs partent souvent d’un problème personnel. Chris Anderson a, par exemple, voulu un jour faire plaisir à ses filles et leur trouver des meubles pour leurs maisons de poupées. Le marché existant lui proposait peu d’articles, tous très semblables, et à des prix très élevés. Il en a donc imaginé, dessiné et customisé. Puis il les a fait fabriquer. Il observe qu’il n’est sans doute pas le seul père confronté à ce type de problème ! Il peut donc essayer d’offrir à d’autres sa solution.
C’est le principe du mouvement des makers : on propose à d’autres les objets qu’on a conçus pour soi. On a alors deux solutions : on peut produire à la demande une petite série qu’on écoulera via une plateforme sur internet comme ETSY ou EBAY, créant une sorte de micro-marque et de micro-boutique. Ou bien on peut proposer à la communauté son travail de desktop publishing pour que tout un chacun puisse se l’approprier et en modifier même la conception. C’est toute la différence entre un système propriétaire, où rien ne peut être modifié, et un système ouvert, qui permet toutes les modifications. Dans un cas, on vend des atomes de matière, dans l’autre on propose les bits informatiques qui déclencheront la production d’atomes.

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06DIY et open source
La vogue du DIY (Do It Yourself) aujourd’hui rencontre la cuture du web et de la conception numérique. Ainsi voit-on apparaître quantité de produits physiques conçus sur écran. Les communautés se créent par affinités car chacun expérimente qu’il a des besoins, des compétences et des idées, même si tout le monde n’est pas capable de concevoir des projets complets.
Ces nouveaux produits industriels ne sont finalement que des informations numériques transformées en objets par des appareils robotisés. Dès lors qu’on les partage et qu’on les offre en open source, les modifications sont très faciles et il se crée forcément une communauté autour du projet. Ce sont les consommateurs eux-mêmes qui définissent leurs propres usages, lesquels ne sont pas forcément prévus par le constructeur, un peu à la manière dont les micro-ordinateurs se sont développés et répandus chez tout un chacun sans que le fabricant ait pu prévoir toutes les utilisations des clients. Il ne s’agit plus pour l’entrepreneur de chercher des projets pour faire tourner son usine mais plutôt d’imaginer un mode de production à partir d’une idée de produit.

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07L’exemple de 3D-Robotics : communauté et marketing
L’entreprise qu’a montée Chris Anderson, 3D-Robotics, constitue sans doute l’exemple le mieux détaillé dans le livre. Passionné d’aéronautique, il a évidemment été fasciné par l’apparition des drones et a voulu en fabriquer lui-même avec du matériel libre. Puis il a vendu en ligne ses objets à travers le monde. L’entreprise a été rentable dès la première année. Il explique très précisément comment il a déterminé ses marges et celles des revendeurs.
Dès l’origine, une communauté s’est constituée autour de 3D-Robotics : les projets ont été présentés aux passionnés qui ont d’emblée pu proposer des améliorations ou des transformations, avant même le lancement de la production. Chacun a pu collaborer, simplement en donnant un avis, ou bien en s’impliquant bénévolement, y compris dans la chasse aux bugs informatiques !

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08Financement collaboratif
Chris Anderson est optimiste : il pense que cette nouvelle révolution industrielle va permettre de relocaliser des emplois dans la mesure où l’automatisation réduit dans le prix de revient la part des dépenses de main-d’œuvre. Il imagine ainsi qu’à côté de géants qui ne disparaîtront pas, comme le chinois Foxconn qui assemble les iPhones, de petites structures de makers pourront prospérer dans les pays occidentaux en proposant d’autres produits et en s’appuyant sur une « longue traîne » d’objets variés produits en petites quantités. Il reste encore à financer le démarrage de telles entreprises.

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09Conclusion
Comme dans toute révolution, celle des makers a ses héros, ceux qui ont su partir d’un hobby personnel pour élaborer un projet industriel. Mais elle a aussi sa part d’utopie, voire de science-fiction.

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10Zone critique
Makers. La nouvelle révolution industrielle est un livre écrit par une icône de la culture geek. Il en a les qualités, mais aussi les défauts. Facile à lire avec son style journalistique, son enthousiasme, parsemé de phrases chocs et d’exemples inspirants, on peut néanmoins lui reprocher d’être beaucoup moins pertinent dès qu’on sort du champ des gadgets technologiques.

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11Pour aller plus loin
Ouvrage recensé – Makers. La nouvelle révolution industrielle, Montreuil, Pearson, 2012.
Du même auteur – La Longue Traîne. La nouvelle économie est là, Montreuil, Pearson, 2009. – Free ! Entrez dans l’économie du gratuit, Montreuil, Pearson, 2009.

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