Télécharger l'app

Scanne. C'est dans ta poche.

QR Code — Dygest

Ouvre l'app Appareil photo, pointe sur le code. C'est gratuit à l'essai.

Couverture de 'Les objets transitionnels'

Les Objets tran­si­tion­nels

Donald Woods Winnicott

Psychologie des objets de transition

Écouter l'extrait du podcast :
0:00 --:--

Description

Qui ne se souvient pas du doudou de son enfance ? Compagnon de nuit des tout-petits, il console et rassure autant que la présence maternelle. Il est si important qu’on ne l’oublie pas, même à l’âge adulte, et qu’il reste précieusement enfoui dans les tréfonds de la mémoire.

Donald W. Winnicott est le premier à avoir souligné le rôle fondamental de ce jouet vraiment pas comme les autres, qui prend le nom d’objet transitionnel dans le jargon psychanalytique.

Sommaire

01

In­tro­duc­tion

L’environnement dont jouit un enfant compte pour beaucoup dans son développement. Il doit y trouver la stabilité et la satisfaction de ses besoins. Mais parmi ses premières expériences, il est un objet qui tient une place particulière : l’objet transitionnel. C’est en 1950 que Donald W. Winnicott introduit pour la première fois cette notion, qui révolutionne le domaine de la psychanalyse.

Ni véritablement associé à un jouet, ni véritablement considéré comme extérieur à lui-même par l’enfant, l’objet transitionnel occupe une place particulière dans la relation de dépendance/indépendance maternelle. Il correspond au doudou de l’enfance qui réconforte et sert de substitut à la mère, même pour les enfants ayant subi un traumatisme ou une séparation. Mais dans quelle mesure l’objet transitionnel est-il indispensable au développement infantile ?

Téléchargez Dygest

pour avoir une expérience complète !

02

Comment la mère contribue-t-elle au dé­ve­lop­pe­ment de l’enfant ?

Le début de la vie du petit enfant se caractérise normalement par une symbiose parfaite avec la mère. Celle-ci s’adapte de façon si spontanée et instinctive aux attentes du bébé, qu’il croit être lui-même à l’origine de la satisfaction de ses besoins. Ainsi, il ne perçoit pas le sein maternel qui l’allaite comme un élément extérieur, mais comme une partie intégrante de lui-même.

À ce stade, l’enfant a donc l’illusion d’être tout-puissant, alors que dans les faits, il est extrêmement dépendant. Cette illusion est indispensable au bien-être et au développement normal du bébé puisqu’il n’est alors pas en mesure de compenser ou d’affronter la moindre carence parentale. Le rôle de la mère va être ensuite de « désillusionner » son enfant, c’est-à-dire qu’elle va s’adapter moins étroitement à ses besoins. Ce changement de comportement maternel se met en place à mesure que le tout-petit développe les capacités de faire face au manque ou à l’insatisfaction. Cette phase, appelée aussi sevrage, permet à l’enfant d’accéder à la conscience d’une réalité extérieure avec laquelle il pourra peu à peu interférer.

Téléchargez Dygest

pour avoir une expérience complète !

03

L’objet tran­si­tion­nel : un jouet comme les autres ?

Dès les premiers mois, l’enfant ébauche ses premiers contacts avec des objets ou des jouets. Cette manipulation est cruciale pour son développement. Si l’évolution du bébé est normale, il va manifester une prédilection pour un objet précis et nouer une relation spécifique avec celui-ci. Cet objet est dit transitionnel parce qu’il participe au processus qui conduit l’enfant à mieux appréhender le réel et à supporter le manque et la frustration.

Symbolisant le sein maternel, il a une fonction rassurante et apaisante qui vise à atténuer les angoisses liées à un changement d’environnement ou une séparation. Le maniement de cet objet peut aussi être accompagné ou remplacé par des phénomènes transitionnels : l’enfant suce son pouce ou son poing, s’adonne à des gestes tactiles et masturbatoires sur son propre corps, ou émet des sons par la bouche. Ces différents comportements, de même que l’attachement à l’objet transitionnel, se retrouvent chez tous les enfants. Ils témoignent d’un développement sain et équilibré.

Téléchargez Dygest

pour avoir une expérience complète !

04

Le cas de l’enfant « déprivé »

L’enfant « déprivé » est un enfant qui n’a pas bénéficié de l’environnement familial qui lui est nécessaire pour s’épanouir et se développer de façon équilibrée. Deux cas peuvent se présenter. Soit il n’a jamais connu d’expérience familiale constructive et satisfaisante. Soit il a eu l’occasion d’en profiter momentanément avant d’en être privé. Le divorce des parents, le décès de l’un d’eux ou bien une famille monoparentale peuvent être à l’origine de cette perte de stabilité. Il est aussi possible que l’enfant n’ait jamais disposé d’aucune famille depuis sa naissance.

Dans le cas où des parents ont pris en charge l’enfant, leur capacité à bien s’en occuper et à répondre à ses besoins est fondamentale. S’ils sont défaillants ou négligents, ils l’empêchent d’acquérir une santé psychique solide. Le plus souvent, les enfants « déprivés » n’ont pas eu le temps ou l’opportunité de connaître une phase transitionnelle structurante ou de s’approprier un objet transitionnel rassurant, à moins qu’ils ne l’aient tout simplement perdu. Ils sont aussi généralement dépourvus de la présence d’un parent dépositaire de leur histoire, qui leur permettrait de prendre pied dans le réel en leur racontant leur vécu.

Téléchargez Dygest

pour avoir une expérience complète !

05

Quelles modalités pour accompagner l’enfant « déprivé » ?

Il est nécessaire de mesurer avec le plus d’exactitude possible les conséquences de la « déprivation ». Les dommages psychologiques peuvent être plus ou moins graves selon que l’enfant a été privé de son environnement familial à un âge plus ou moins précoce. Il va de soi que le tout-petit qui s’inscrit encore dans une relation fusionnelle mère-nourrisson est davantage vulnérable que celui qui a dépassé ce stade. Il convient également de recueillir toutes les informations possibles sur le vécu de l’enfant et l’existence d’expériences antérieures positives.

Grâce à ce travail d’anamnèse, il est possible d’obtenir des données précieuses pour personnaliser la prise en charge. On réussit également à établir le type d’expérience familiale dont le sujet a bénéficié. Une prise de contact fondée sur la confiance et l’étude comportementale de l’enfant servent enfin à dresser un diagnostic psychopathologique précis.

Téléchargez Dygest

pour avoir une expérience complète !

06

Quel est le processus de guérison ?

Le processus de guérison peut être assez déroutant pour les personnes qui ne sont pas informées. L’enfant « déprivé », qui a été replacé dans un environnement stable, va en effet passer par différents états contradictoires. Il connaît tout d’abord une phase d’adaptation positive au cours de laquelle son nouveau cadre de vie paraît le satisfaire et l’épanouir. Dans un second temps, la colère ou un état dépressif succèdent à l’embellie psychologique constatée. Loin d’être le signe d’une dégradation, ils révèlent au contraire que l’individu est confronté à ses conflits intérieurs qui doivent s’exprimer d’une façon ou d’une autre.

Dans certains cas, l’enfant recherche activement le conflit et la maltraitance. Il se donne ainsi un motif pour déverser sa haine contre sa famille d’accueil. Peuvent également apparaître des comportements pathologiques ou antisociaux, tels que l’énurésie ou le vol. Si ces actes peuvent sembler contre-productifs, ils manifestent la volonté de l’enfant d’avoir une emprise sur son environnement et de se le réapproprier.

Téléchargez Dygest

pour avoir une expérience complète !

07

Conclusion

Parmi les jeux et jouets de l’enfant, l’objet transitionnel bénéficie d’un statut préférentiel bien à part. À la fois choisi et nommé par le tout-petit, il revêt une dimension affective forte, indépendamment de ses qualités réelles.

Qu’il s’agisse d’un ours en peluche ou d’un simple morceau d’étoffe, il existe en tant que prolongement du corps de l’enfant, puisqu’il est imprégné de ses odeurs, et en tant que prolongement de la figure maternelle, puisqu’il en symbolise le sein nourricier.

Téléchargez Dygest

pour avoir une expérience complète !

08

Zone critique

Depuis ses prémices, la psychanalyse des enfants a suscité de vifs débats dans le domaine psychanalytique. La Seconde Guerre mondiale marque la période des grandes controverses au sein des Sociétés de psychanalyse de Vienne et de Londres. Différents groupes se constituent, qui rallient les théories de Melanie Klein ou Anna Freud. Un troisième groupe, plus modéré et ouvert, se crée : il s’agit du groupe des Indépendants ou Middle Group, auquel appartient Donald W. Winnicott.

Melanie Klein considère que la cure psychanalytique des enfants est similaire à celle des adultes. Si elle est à même de corriger certains troubles psychiques, elle peut aussi être bienfaisante pour les individus ne présentant aucune pathologie, ce que conteste la Société de psychanalyse viennoise à laquelle appartient Anna Freud. À l’instar de Donald W. Winnicott, Anna Freud défend par ailleurs l’idée que la prise en charge de l’enfant doit être précédée d’un travail d’investigation auprès de la famille pour pouvoir répondre aux besoins du patient.

Téléchargez Dygest

pour avoir une expérience complète !

09

Pour aller plus loin

Ouvrage recensé – Les Objets transitionnels, Paris, Éditions Payot et Rivages, 2017.

Du même auteur – Donald W. Winnicott, La Relation parent-nourrisson, Paris, Éditions Payot, 2011.

Téléchargez Dygest

pour avoir une expérience complète !