
Les mots sont des fenêtres (ou bien ce sont des murs)
Introduction à la Communication NonViolente
Description
Dans cet ouvrage, Marshall Rosenberg expose la méthode qu’il a créée pour développer nos capacités d’empathie, améliorer notre communication avec les autres et avec nous-mêmes et désamorcer les situations de conflit.
En s’appuyant sur des exemples empruntés à la vie quotidienne et des situations rencontrées dans son activité de médiateur, le psychologue décrit un processus en plusieurs étapes permettant de défaire les modes de pensée et de comportements violents auxquels nous avons été éduqués, pour renouer avec notre bienveillance naturelle.
Sommaire
01Introduction
Marshall Rosenberg est profondément convaincu que l’individualisme et l’agressivité ne sont pas chez l’homme des dispositions innées. Si la violence se manifeste et prolifère partout dans le monde, nous devons, selon lui, y voir les conséquences de notre conditionnement social.
À vivre dans ces sociétés bâties sur la domination des « masses » par une minorité, nous avons développé ce qu’il appelle « une mentalité d’asservis » : sans le savoir, nous véhiculons, par nos attitudes et modes de communication, des jugements de valeur destinés à entretenir ces rapports de pouvoir. Nous nous dévalorisons en permanence, nous critiquons les choses et les personnes en les qualifiant de « vraies » ou de « fausses », de « bonnes » ou de « mauvaises » … Ces comportements sont devenus des réflexes et ont envahi notre façon de communiquer. Or, de tels comportements ne peuvent qu’alimenter la violence. Rosenberg décrit ainsi une communication qui « coupe de la vie », qui est « aliénante ».

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02Le langage ordinaire bâtit des murs entre nous et les autres
La réflexion de Marshall Rosenberg est fondée sur son expérience personnelle. Il évoque l’emménagement de sa famille à Détroit (Michigan) lorsqu’il était enfant et les manifestations quotidiennes et souvent extrêmes de violence auxquelles il fut alors confronté. Il découvrit le racisme. À l’école, il dut lui-même faire face à des injures et fut roué de coups en raison de son patronyme d’origine juive. Une question se glisse alors dans son esprit : comment résister psychiquement à la violence et surtout de ne pas l’alimenter en développant soi-même des comportements agressifs ? Comment rester connecté à sa vraie nature – l’ouverture à l’autre, la bienveillance, l’empathie – lorsque la vie nous expose à la violence et la barbarie ? Il se documente beaucoup sur ce sujet.
Parmi ses lectures, celle d’Une vie bouleversée, le journal écrit par la jeune femme juive Etty Hillesum durant la Seconde Guerre mondiale, le marque particulièrement. Très tôt, ses observations et réflexions le convainquent du fait que c’est dans le langage que se situe le facteur déterminant de la violence : sans que nous en ayons l’intention, nos paroles et attitudes agressent notre interlocuteur, suscitent en lui des réactions de défense. L’évitement ou l’agressivité par lesquels il réagit à nos paroles nous surprennent et nous blessent, ce qui entraîne mécaniquement une attitude similaire. Ainsi entrons-nous sans même nous en apercevoir dans la « spirale » de la violence.

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03De la déception à la colère, et au sentiment d’être seul
Selon Rosenberg, la difficulté que nous avons à exprimer nos véritables émotions et besoins, à demeurer attentifs à ceux de l’autre est cause d’un « malaise » dans la communication, en particulier dans des rapports d’autorité (par exemple dans les rapports parents-enfants, enseignant-élève, ou dans les cadres socioprofessionnels).
Au lieu d’exprimer clairement nos demandes et les besoins sur lesquels elles se fondent, nous tentons d’exercer sur l’autre une pression pour qu’il se soumette à nos exigences : nous tentons de le contraindre par l’intimidation, la culpabilisation ou le rapport de forces. Il s’agit ici d’un mode de communication « aliénant » dans lequel chacun des interlocuteurs ne peut se positionner qu’entre soumission ou révolte. En aucun cas, les actes par lesquels nous répondons aux exigences d’autrui ne constituent une réponse fondée sur l’empathie et le désir authentique de contribuer à son bien-être ; bien au contraire, nous n’agissons ainsi qu’afin d’éviter son courroux et de nous soustraire à sa présence autoritaire.

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04La différence entre demande et exigence
Nous commettons généralement une erreur simple : celle d’attribuer à l’autre la responsabilité de nos émotions. Aucune rencontre, aucun évènement ne constituent en soi la cause de nos déceptions, de notre tristesse ou de notre colère ; tout au plus peuvent-ils constituer un prétexte pour laisser éclater les affects qui nous submergent à ce moment. Les deux causes les plus fondamentales de notre souffrance sont d’une part l’ignorance dans laquelle nous sommes de nos états émotionnels, et d’autre part notre incapacité à exprimer nos besoins aux autres sous la forme de demandes authentiques. Exiger et demander sont en effet deux choses très différentes : dans le premier cas, nous exposons (ou tentons d’exposer) à l’autre notre toute-puissance et le pouvoir dont nous disposons pour le soumettre à notre volonté ; dans l’autre, nous nous présentons à lui comme vulnérables et impuissants dans notre quête de ce que nous désirons. Seule l’expression d’une demande authentique permet à l’autre d’adopter à notre égard une attitude bienveillante et compatissante.

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05Les 4 étapes de la Communication NonViolente
L’objectif de la Communication NonViolente (CNV) est de nous permettre de sortir du registre agressif de l’exigence pour accéder à celui de la demande. C’est en effet seulement en acceptant d’exposer à l’autre notre vulnérabilité, nos manques, que nous pouvons espérer susciter en lui des réactions empathiques et des intentions bienveillantes. Nous devons donc apprendre à développer notre propre intelligence empathique, c’est-à-dire à percevoir et identifier nos besoins et ceux des autres, et à traduire ce que nous désirons sous la forme de demandes authentiques pour améliorer nos relations avec eux. Pour y parvenir, Marshall Rosenberg a développé une méthode structurée en quatre temps.
Le premier est celui de l’observation, durant lequel nous devons absolument suspendre notre activité de jugement : en nous focalisant sur nos sensations et émotions, nous pourrons ainsi réagir à ce que nous rencontrons de façon souple et adaptée, et ce, sans projeter sur la situation des interprétations « normalisantes » et figées. Les mots d’ordre de cette première étape sont l’ouverture et la réceptivité. Le fait de substituer aux généralisations des propos circonstanciés, fondés sur des observations actuelles permet d’éviter que les interlocuteurs ne se ferment.

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06Conclusion
Pour que l’autre ne reçoive pas notre demande comme une exigence, il faut qu’il sente que nous sommes attentifs à ses propres besoins, c’est-à-dire que nous nous situons à son égard dans une attitude ouverte et compatissante : « notre objectif est d’établir une relation fondée sur la sincérité et l’empathie » (p. 109).
Cela suppose que nous soyons en capacité d’accepter son refus d’accéder à notre demande avec la même bienveillance. La CNV ne consiste pas en une méthode permettant de manipuler notre entourage pour qu’il cède à tous nos désirs ! « Le processus est destiné à ceux d’entre nous qui souhaiteraient que les autres changent et réagissent favorablement, mais à la seule condition qu’ils le fassent de leur plein gré et du fond du cœur » (p. 109). La célèbre formule de Gandhi, « Sois le changement que tu veux voir dans le monde », prend ici tout son sens.

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07Zone critique
Ce livre a été plusieurs fois réédité et bénéficie d’un succès important sur le plan international. Il intéressera particulièrement le lecteur désirant se former à la Communication NonViolente dans une démarche de développement personnel, aussi bien que les professionnels s’interrogeant sur les moyens de désamorcer les situations de violences et d’améliorer les relations interpersonnelles : notamment les enseignants, éducateurs, médiateurs ou managers.

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08Pour aller plus loin
Ouvrage recensé
– Marshall B. Rosenberg, Les mots sont des fenêtres (ou bien ce sont des murs), Paris, La Découverte, 2016.
Du même auteur
– Dénouer les conflits par la Communication Nonviolente, Ed. Jouvence, 2006. – Enseigner avec Bienveillance : instaurer une entente mutuelle entre élèves et enseignants, Ed. Jouvence, 2006. – Vers une Education au service de la vie, Montréal, Éditions de l'Homme, 2007.

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