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Couverture de 'Les femmes et le sexe dans la rome antique'

Les Femmes et le sexe dans la Rome antique

Virginie Girod

Une plongée dans la sexualité de l'Antiquité romaine

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Description

"Les Femmes et le sexe dans la Rome antique" de Virginie Girod est un ouvrage historique qui explore la sexualité féminine et la place des femmes dans la société romaine antique. Virginie Girod, docteure en histoire et spécialiste de l'Antiquité romaine, s'appuie sur des sources historiques, littéraires et archéologiques pour dépeindre la vie intime des femmes de cette époque. L'auteure examine les différentes facettes de la sexualité féminine, les représentations du corps féminin, les pratiques et les croyances liées au sexe, ainsi que les rôles et statuts des femmes dans la Rome antique, des matrones respectables aux courtisanes et esclaves.

Le livre vise à éclairer les aspects souvent méconnus ou mal interprétés de la vie des femmes romaines et à offrir une perspective nuancée sur leur autonomie et leur pouvoir dans un monde dominé par les hommes.

Sommaire

01

In­tro­duc­tion

L’ouvrage s’intéresse aux femmes et à leur sexualité dans la Rome antique. Il ne s’agit pas d’évoquer une pulsion primitive de vie, mais bien des enjeux sociaux qui en découlent, notamment les catégories auxquelles chaque Romaine devait appartenir.

Pour cela, Virginie Girod n’exclut pas les hommes du champ de son étude, car ce furent précisément eux qui codifièrent le comportement sexuel des Romaines en soumettant leur corps, leurs désirs et leurs devoirs sexuels à des règles fixées par la morale, la coutume et la loi. Pour approcher la réalité du quotidien des femmes, il est nécessaire de passer par le regard masculin.

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02

Une Romaine idéale ?

La civilisation romaine était une société patriarcale dans laquelle l’honneur familial reposait en partie sur le comportement des femmes. Les qualités personnelles que les hommes espéraient retrouver chez leur épouse créaient un idéal féminin, que Virginie Girod décrit comme un carcan social rigide qui les enfermait dans la sphère privée. Toutes les femmes devaient se mettre et se cantonner au service des hommes : certaines veillant sur le foyer, d’autres en assurant leurs distractions.

La première des qualités qui étaient attendues des citoyennes romaines était la vertu. Une matrone ne devait être ni querelleuse ni dépensière, savoir maîtriser ses colères et son langage, mais surtout être tempérante et agréable. C’était à elle qu’incombaient les tâches domestiques, ce qui impliquait de savoir gérer le travail des esclaves, mais aussi de participer à certaines tâches et principalement la plus noble entre toutes, filer la laine, comme le faisaient les Sabines.

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03

Règles cultuelles et règles de société

La religion romaine se composait en partie de cultes qui encourageaient les matrones à respecter des exigences de pureté en adéquation avec leur rôle social ; en cela, elle encadrait leur sexualité. Les vestales, prêtresses exemptes de toute souillure sexuelle, représentaient le plus haut degré de pureté. Les non-matrones (esclaves, affranchies et prostituées) prenaient part à des cérémonies qui favorisaient leur attractivité sexuelle dans le but de stimuler la virilité des citoyens. Certains cultes réunissaient les matrones et les autres femmes lors de cérémonies où chacune était confortée dans son rôle.

Les relations homme-femme, qu’elles aient été fondées sur le sentiment amoureux, le désir ou la raison, ne pouvaient exister qu’au sein de deux catégories presque irréductibles : les noces ou ce que Virginie Girod qualifie d’« unions de fait ». Cela opposait le mariage légal, dont le but était de mettre au monde des enfants légitimes, au concubinage dont les enfants ne deviendraient jamais des citoyens romains. La loi se conformait à la croyance selon laquelle les mésalliances engendraient des individus de second ordre, et encourageait, par des récompenses fiscales, la procréation. Certaines unions étaient interdites, et, parmi elles, celles de sénateurs et de leurs descendants avec les personnes issues des classes sociales les plus basses (acteurs, affranchis, prostitués) : l’endogamie était la règle. Il n’était pas non plus permis à une femme d’avoir une sexualité avec ses esclaves, bien que les hommes aient disposé de ce droit, pouvant même affranchir une esclave pour l’épouser.

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04

La sexualité des citoyens romains

Après avoir évoqué l’érotisme du corps féminin, caractérisé par la chevelure et la largeur des hanches, Virginie Girod se penche sur les pratiques sexuelles des Romains. Elles étaient très strictement encadrées et opposaient l’homme libre dominant socialement et pénétrant physiquement à tous les autres qui, par nature, devaient lui être soumis et pénétrés.

Un Romain devait toutefois veiller à ne pas pratiquer une sexualité seulement récréative tournée vers la sodomie ou la fellation, fut-il toujours le pénétrant. Virginie Girod précise ainsi que le centre de la sexualité masculine devait être le coït vaginal, pratiqué avec une femme et que toute autre pratique était infamante, pour au moins l’un des deux partenaires. De fait, dans la perception romaine, un certain nombre de pratiques étaient réputées dégradantes pour celui ou celle qui les subissait ou s’y soumettait. Il s’agissait notamment de celles qui souillaient la pureté de la bouche ou allaient contre la nature en bafouant la morale ou le caractère sacré d’une chose.

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05

Les prostituées

À Rome, la prostitution était acceptée comme un phénomène ayant sa place dans la société. Parce que l’adultère avec une femme libre était un crime, les hommes pouvaient se tourner en toute légalité vers les prostituées avec lesquelles aucune infraction aux mœurs ne pouvait être commise. Ils achetaient un plaisir que leur épouse n’était pas censée leur fournir, puisque tourné vers la procréation. Ces pratiques, si normales fussent-elles, ne constituaient pas pour autant une invitation au libertinage, car la morale en condamnait les excès. Pour garder son intégrité, l’homme ne devait pas devenir l’esclave de ses passions au risque d’être dominé par une femme.

En reconnaissant les bienfaits de la prostitution pour la sauvegarde des bonnes mœurs, le gouvernement romain se mit à réclamer sa part d’intérêt dans ce commerce florissant. L’empereur Caligula mit en place un impôt qui touchait le monde de la prostitution : elle rendait cette profession légitime tout en la mettant sous contrôle, car, en dehors de Rome, l’impôt était récolté par l’armée qui devait surveiller la régularité des paiements.

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06

La femme adultère et la concubine

Selon la coutume et la loi romaine, seule la femme mariée en justes noces pouvait être adultère, car elle risquait symboliquement de souiller son sang en le mélangeant au fluide séminal d’un autre homme que son époux. Elle faisait peser sur sa famille la terrible crainte d’avoir un enfant adultérin. Le droit prévoyait plusieurs types de répression pouvant aller de la répudiation au divorce, et même jusqu’à la mort des deux amants. Toutefois, une simple allégation ne suffisait pas à accuser une épouse présumée infidèle ; avant toute sanction, les criminels devaient être pris en flagrant délit.

La seule prévention efficace contre l’adultère consistait à attribuer des gardiens (parfois des eunuques, considérés comme inoffensifs) à son épouse ou à l’enfermer à la maison. Quant aux relations entre femmes, elles n’étaient pas condamnées par la loi, probablement parce que cette sexualité n’était pas féconde. Elles étaient toutefois perçues, pour les Romains, comme une perversion contre-nature, car ignorant l’homme.

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07

Conclusion

Virginie Girod éclaire le monde romain à travers deux thèmes qui ont longtemps été négligés par l’historiographie : les femmes, et la sexualité.

Elle démontre que les Romaines étaient forcément des partenaires pénétrées-soumises, mais que le statut social de chaque femme déterminait son degré de soumission sexuelle. Les matrones avaient un accès limité à la sexualité tant dans le nombre de partenaires que dans les pratiques ; les autres n’avaient pas pour mission de mettre au monde des enfants légitimes, elles étaient donc largement utilisées sexuellement pour le plaisir des hommes, notamment les prostituées.

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08

Zone critique

Dans ce livre passionnant, tous les aspects qui touchent de près ou de loin à la sexualité féminine à Rome sous le Haut-Empire sont abordés : de la représentation symbolique et politique des femmes en fonction de leur statut social à leur aspect physique, dont les normes étaient définies par les hommes, en passant par les pratiques érotiques.

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09

Pour aller plus loin

Ouvrage recensé – Les femmes et le sexe dans la Rome antique, Paris, Tallandier, 2013.

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