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Couverture de 'Lelement humain'

L’Élément Humain

William Schutz

Comprendre le lien entre estime de soi, confiance et performance

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Description

Performance : voilà un mot omniprésent dans la terminologie du monde des affaires. Les managers cherchent sans cesse à accroître les « performances » de leurs employés, tout comme ils essaient d’améliorer l’« esprit d’équipe » pour dégager une plus grande « productivité ». Les méthodes traditionnelles de management pour atteindre ces buts sont diverses, mais elles se focalisent rarement sur ce que William Schutz appelle l’Élément Humain, autrement dit, la conscience et l’estime de soi.

Pourtant, nous dit le célèbre consultant en psychologie d’entreprise, c’est la clé qui permet d’aboutir à la confiance des salariés envers leur entreprise, donc à leur motivation et à leur productivité.

Sommaire

01

In­tro­duc­tion

Toute entreprise est faite d’individus. De leurs relations interpersonnelles dépend la productivité de la structure. Pourtant, la plupart des sociétés managent leur personnel sans tenir compte de ses émotions et de ses opinions. C’est en partant de ce constat que William Schutz a élaboré la méthode de l’Élément humain, dont il explore toutes les dimensions dans son ouvrage. L’individu doit d’abord atteindre un nouveau niveau de conscience, la conscience de soi, nécessairement liée à l’estime de soi indispensable pour un développement satisfaisant des relations avec autrui.

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02

Les individus à la base de toute or­ga­ni­sa­tion

« Toutes les opérations du monde des affaires peuvent être réduites à trois mots : les personnes, le produit et le profit. Les personnes viennent en premier. » (p.7)

C’est par ces mots de l’homme d’affaires américain Lee Iacocca que William Schutz ouvre son propos. Toute organisation est constituée d’individus qui doivent œuvrer ensemble pour son bon fonctionnement. C’est d’ailleurs la raison pour laquelle les managers se soucient tellement du travail d’équipe.

En règle générale, ils ont recours à trois méthodes différentes de management, dont l’auteur entend démontrer aussitôt les failles :

— la coercition, qui crée la peur, encourage l’individualisme et limite la créativité ; — le compromis, qui oblige chacun à oublier ses désaccords et construit donc une entente superficielle ; — la complémentarité, qui enferme chacun dans sa spécialité en empêchant les relations interpersonnelles et favorise donc les blocages en cas de difficultés.

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03

Les trois dimensions de l’élément humain

Cette méthode se fonde sur trois dimensions :

— l’inclusion, qui est liée au désir de chacun de recevoir la considération d’autrui, donc de se sentir important (inclus) ; — le contrôle, qui est en rapport avec le sentiment de maîtrise que l’on souhaite avoir sur sa vie ; — l’ouverture, qui est le degré d’ouverture aux autres que l’on souhaite manifester (de la relation impersonnelle à la relation intime).

Chacune de ces dimensions se caractérise par deux aspects comportementaux : un aspect défensif et un aspect rationnel. L’aspect rationnel est celui qui nous permet de garder de la flexibilité tandis que l’aspect défensif représente l’anxiété face à une situation. Par exemple, dans la dimension de l’inclusion, l’aspect rationnel indique que l’on est à l’aise aussi bien avec les autres que seul. L’aspect défensif, entraîné par la peur d’être insignifiant (non inclus), se manifeste par un comportement renfermé [« Puisque personne ne s’intéresse à moi, je ne vais pas courir le risque d’être ignoré » (p.47)] ou au contraire focalisateur [« Bien que personne ne s’intéresse à moi, je les forcerai à m’accorder de l’attention par tous les moyens possibles » (p.48)].

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04

Atteindre à la conscience de soi

Il faut donc améliorer la conscience et l’estime de soi. Que recouvrent ces deux concepts ? La conscience de soi est la connaissance que l’on a de soi-même. L’estime de soi est le ressenti de sa conscience de soi correspondant à ce que l’on souhaite être.

Avoir une conscience (ou un concept) de soi positive est un fondement essentiel pour une organisation. Comme nous l’avons vu, cela permet à l’individu d’être moins défensif et plus rationnel, donc d’appréhender avec plus de flexibilité les situations changeantes et les difficultés dans les problèmes relationnels. Les individus, qui se connaissent bien et possèdent une estime de soi élevée, sont plus forts et plus sincères, attentifs et altruistes avec les autres. Contrairement à ce que pensent certains critiques d’une soi-disant « Génération Moi » (p.117), l’estime de soi n’est pas arrogance. Au contraire, l’arrogance est l’indice d’un faible respect de soi qui cherche un moyen de se convaincre et de convaincre les autres de sa valeur.

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05

Le principe de vérité

La conscience de soi est étroitement liée au principe de vérité. En effet, il est possible de se dissimuler à soi-même sa propre vérité, ce qui empêche d’aboutir à la conscience de soi, tout comme William Schutz en a fait l’expérience lorsqu’il s’est laissé persuader par son père de signer le serment de loyauté.

De manière générale, les préceptes stratégiques traditionnels mettent en avant la ruse, la discrétion et une certaine sélection dans l’authenticité lorsque l’on veut réussir dans les affaires et bâtir une carrière. Avec cette méthode, l’auteur bat en brèche un tel modèle. L’expérience lui a appris que 80 % des problèmes au travail proviennent d’un manque d’ouverture. La déformation, le secret et le mensonge n’ont que des désavantages.

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06

La composante émo­tion­nelle

On voit que les émotions reviennent constamment dans le propos de William Schutz : elles sont au cœur de la méthode de L’Élément Humain.

Dans son introduction, l’auteur revient sur son parcours et il explique la façon dont il a débuté en tant que consultant. Il organisait des ateliers afin de résoudre des problèmes au sein des entreprises, mais ceux-ci étaient des expériences intellectuelles qui ne prenaient pas en compte la composante émotionnelle des conflits. Il réalisait alors que les préceptes qu’il enseignait ne marquaient pas les gens et que ceux-ci en revenaient rapidement à leurs schémas mentaux habituels. Un jour, il a donc introduit la question des émotions dans ses séminaires : ce fut le début à proprement parler de l’Élément Humain.

Toutes les techniques proposées par William Schutz prennent en compte les émotions. Le principe fondateur est celui-ci : il faut pouvoir exprimer au moment où on la ressent toute pensée ou émotion pouvant interférer avec le succès de l’équipe. Ce principe est basé sur la dimension de l’ouverture que nous avons explicitée plus haut. Il consiste en un échange d’opinions et d’émotions sincères.

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07

Une méthode didactique

William Schutz expose sa méthode, mais son livre est aussi didactique. Il s’agit d’un véritable ouvrage pratique qui propose d’instaurer par étapes l’Élément Humain au cœur de l’organisation.

Chaque partie se conclut sur une section « Pause pour la réflexion » avec des questions qui permettent au lecteur de clarifier sa pensée et sa position personnelle par rapport au sujet (par exemple : quel est mon rapport à la dimension du contrôle ? de l’ouverture ? de l’inclusion ?). Des tableaux et des questionnaires permettent de travailler au développement de sa conscience de soi et d’explorer les origines des émotions et des opinions qu’on a sur soi-même.

L’auteur donne des méthodes précises pour gérer de multiples situations fréquentes dans les entreprises. Il explique par exemple comment évaluer la performance individuelle des employés de manière satisfaisante, sans que la question pernicieuse de la rémunération vienne polluer l’échange entre les protagonistes.

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08

Conclusion

Une organisation, quelle qu’elle soit (entreprise, association, etc.), est d’abord composée d’individus. Il est donc nécessaire de prendre en compte cet élément humain dans sa réflexion lorsqu’on parle productivité et profit. L’ouvrage vise ainsi à proposer une méthode de développement de la performance collective. Cette approche se base sur le plus petit dénominateur commun d’une organisation, l’individu. Au cœur de la méthode se trouve la nécessité d’accéder à la conscience de soi et de développer une bonne estime de soi. Cela permet de développer des relations plus authentiques et plus sincères avec son entourage, basées sur des principes de vérité et de partage des émotions et des opinions de chacun.

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09

Zone critique

La méthode de l’Élément Humain est l’histoire d’une vie. Dans les années 1950, William Schutz usa de ses connaissances en sciences du comportement humain pour aider à la constitution d’équipes de sous-mariniers avec le Laboratoire de recherches navales de Washington DC. Fort de cette expérience et de quelques autres, il conçut en 1958 la Théorie FIRO®* (Fundamental Interpersonal Relations Orientation — Orientation fondamentale des relations interpersonnelles), qui est en quelque sorte la préquelle de L’Élément Humain né dans les années 1980.

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10

Pour aller plus loin

Ouvrage recensé – William Schutz, L’Élément Humain. Comprendre le lien entre estime de soi, confiance et performance, Paris, InterÉditions, 2018.

Du même auteur – Joie. L’épanouissement de la conscience de soi, Le Bois d’Orion, 2017.

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