
L’école de la liberté
Un modèle d’éducation autonome et démocratique
Description
L’école de la liberté, un modèle d’éducation autonome et démocratique a été publié pour la première en 1987 par Daniel Greenberg le fondateur de la Sudbury Valley School. Cette école, créée en 1968, est basée sur l’autonomie et la démocratie.
Elle offre un cadre unique aux enfants et adolescents qui sont libres d’occuper leurs journées comme ils le souhaitent.
Sommaire
01Introduction
L’École de la liberté ne s’impose pas comme un traité d’éducation, mais seulement comme un document fondateur de l’école de la Sudbury Valley. Daniel Greenberg, y développe la conception de ce lieu unique.

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02Qu'est-ce que l’école de la Sudbury Valley ?
• Le lieu Fondée en 1968 dans le Massachusetts, la Sudbury Valley School s’est développée progressivement, essaimant avec une cinquantaine d’écoles créées à travers le monde. Ici, « ce ne sont pas les adultes qui contrôlent l’éducation des enfants, les enfants s’éduquent par eux-mêmes » (p.129), chaque individu est responsable de sa propre éducation. Cela favorise l’autonomie et la responsabilité. L’école a pris place dans une vieille propriété bâtie à la fin de la guerre de Sécession. Grâce aux pelouses, aux fleurs sauvages, aux buissons, aux arbres, l’étang, la digue, le moulin, la grange et les écuries, la Sudbury Valley School offre une ambiance champêtre. C’est comme un écrin de verdure protégé non loin d’une ville industrielle et bruyante. L’intérieur de la bâtisse est aménagé comme une maison avec des canapés, des tables, des fauteuils. Il n’y a pas de salle de cours. Le temps est comme suspendu…
• Vivre dehors et jouer « Dès le premier coup d’œil, beaucoup de choses frappent même le plus simple observateur. Il y a des enfants partout. Cela donne cette impression de récréation permanente dont nous entendons parler si souvent. Les enfants sont libres, actifs, bruyants, pleins de vivacité » (p.209). Il peut même y avoir des animaux lorsque certains enfants en font la demande : chevaux, chèvres, lapins… Beaucoup sont passionnés par la pêche. Les activités extérieures occupent une place très importante. Tous les ans, au mois de juin, ceux qui le souhaitent partent camper. Le jeu est au centre de l’école, « ce que l’on apprend ici, c’est la capacité à se concentrer et à focaliser son attention sur une tâche bien précise sans ménager ses efforts et sans se laisser limiter » (p.103). Daniel Greenberg a constaté dès les premières années que les enfants ne s’amusent pas obligatoirement avec des jouets (exceptés les jeux de sociétés), mais qu’ils utilisent ce qu’il y a à disposition (tables, placards, rochers, buissons…) Filles, garçons, enfants, adolescents, tout le monde, de tout âge, peut se retrouver autour d’un jeu, d’un match de sport.

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03Le fonctionnement de l'école
• Les horaires L’école ouvre à 8 h 30 et ferme à 17 h. Mais à l’intérieur de ce créneau, il n’y a pas d’heures, pas de sonnerie. Les élèves peuvent jouer au même jeu de société ou lire un livre sur plusieurs jours, ils peuvent aller se promener plusieurs heures, travailler dans le laboratoire photo toute la journée s’ils le veulent. Ils prennent également leur déjeuner quand ils veulent, quand ils ont faim. « Ici le temps se mesure au rythme de la vie intérieure, dans toute sa complexité. Pour chaque activité, le fil des évènements se déroule à la vitesse appropriée, en prenant le temps qui lui est nécessaire » (p.112). Il est encore une fois question de respecter le rythme de chacun. Par contre, quand il y a un accord passé avec une autre ou plusieurs autres personnes (cours, réunions, sorties extérieures), chacun se doit de respecter les horaires prévus !
• Le budget Les frais d’inscription ne sont pas très chers. Ils se sont en fait alignés sur les frais de scolarité des écoles publiques pour que la Sudbury soit accessible à tous. La cuisine a toujours eu beaucoup d’importance à la Sudbury Valley. L’école a pu être équipée grâce à de la récupération ou aux dons : livres, matériels divers… Mais tout n’est pas d’occasion ou donné alors le financement peut se faire par la vente de gâteaux à Noël et au long de toute l’année et grâce à d’autres manifestations comme des vide-greniers, des ventes aux enchères. Cela peut développer l’esprit d’entreprise chez les élèves. Un système de banque où chaque élève dispose d’un compte discrétionnaire pour l’aider à acheter du matériel dont il a besoin a également été mis en place.

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04Des élèves libres et heureux
• L’apprentissage La Sudbury Valley School s’appuie sur le principe que la curiosité et l’envie d’apprendre sont innées et instinctives. Certains préfèrent apprendre par eux-mêmes, d’autres solliciter une aide extérieure. Tous les enfants sont différents et ont des goûts et des envies qui leur sont propres. Ainsi, chacun doit avoir la possibilité d’apprendre à son rythme. Si certains enfants apprennent à lire à 5 ans, d’autres auront besoin de plus de temps. « Nous sentions que le seul apprentissage qui compte vraiment dans la vie a lieu lorsque l’apprenti se plonge de lui-même dans un sujet, sans être cajolé, soudoyé ou mis sous pression » (p.18). À l’intérieur comme à l’extérieur du bâtiment, les élèves jouent, discutent, échangent. Il n’y a pas de programme à suivre ni de matières obligatoires, chacun est libre d’aller et de découvrir ce que bon lui semble. Au quotidien, les enfants et adolescents font l’expérience de la vie, de la responsabilité et de l’autonomie. L’environnement se veut bienveillant et ouvert. Les enfants apprennent des autres enfants, des livres, des adultes, mais ces derniers, qu’ils soient diplômés ou non, tiennent en général un rôle mineur. Finalement, c’est la curiosité le plus bel instrument de ces enfants. « Ils apprennent à voir le monde parce qu’ils l’observent et qu’ils évoluent en son sein. Ils ne sont pas assis, confinés toute la journée dans une salle » (p.117).

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05Une place pour tous
• Le personnel La première année, douze personnes ont travaillé à la Sudbury Valley sans salaire. Ensuite, le personnel a été rémunéré avec la marge restante. La somme a augmenté au fil des années. Donner le nom de « personnel » aux gens employés permet d’effacer l’ordre hiérarchique. Il n’y a pas de personnel titulaire alors chaque année, au printemps, a lieu une élection pour choisir le personnel de l’année suivante. Les membres du personnel peuvent être des diplômés de grandes écoles, d’université, des titulaires de doctorats, mais également des professionnels, des artisans, des artistes…
• Les tout jeunes enfants Les plus jeunes ont les mêmes droits et devoirs que les autres. Ils ont le droit de siéger au Conseil d’école. Ce qui est formidable, c’est que les plus petits ont une influence positive sur les adolescents les plus rebelles, car ils leur transmettent leur vitalité. « Sudbury Valley est, selon moi, le Winnie l’Ourson des écoles, où nous traitons les jeunes enfants comme des adultes. Et l’environnement scolaire nous donne la possibilité, à nous les grands qui nous faisons déjà vieux, de redynamiser chaque jour l’enfant qui est en nous » (p.182).

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06Conclusion
À travers son livre écrit dans les années 80, Daniel Greenberg explique le fonctionnement de la Sudbury Valley School. C’est une communauté démocratique où les élèves et le personnel ont une voix égale et sont soumis aux mêmes lois. Le Conseil d’école décide de réembaucher ou non le personnel chaque année.
Les élèves décident individuellement de leurs apprentissages et occupations : toute la journée, on voit des enfants et adolescents discuter entre eux, pêcher, grimper aux arbres, jouer au basket, à l’escrime et à toute sorte de jeux. Ils sont libres d’aller où ils veulent ; disposent du temps et d’espace nécessaires pour le jeu et l’exploration. Sont également à leur disposition des livres, des ordinateurs, du matériel que les élèves utilisent à leur guise selon leurs besoins et leurs envies. Les enfants peuvent également solliciter les adultes qui sont toujours à disposition pour partager avec eux leurs compétences dans différents domaines.

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07Zone critique
Bien entendu que cela peut enthousiasmer tout parent rêvant pour ses enfants d’une école différente où la liberté, les goûts et les rythmes de chacun sont respectés et où les petits comme les grands s’épanouissent. Mais il y a un bémol… Daniel Greenberg évoque un prix qui s’aligne sur les écoles publiques américaines.

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08Pour aller plus loin
Ouvrage recensé – Daniel Greenberg, L’école de la liberté, Paris, Mamaéditions, 2017.

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