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Couverture de 'Le profit avant lhomme'

Le Profit avant l’homme

Noam Chomsky

Critique du capitalisme et de la priorité au profit

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Description

Depuis la disparition des régimes communistes, le néo-libéralisme et ses dogmes économiques, politiques et sociaux constituent la nouvelle identité sous laquelle les États-Unis, imités en cela par la grande majorité des pays occidentaux, défendent leurs intérêts stratégiques.

Mais que cache en vérité, et plus exactement, cette notion à la fois large et un peu abstraite de « néo-libéralisme » ? Une réalité très simple, que l’on peut définir de manière lapidaire : le profit avant l’homme.

Sommaire

01

In­tro­duc­tion

Le Profit avant l’homme est un ouvrage issu de textes divers de Noam Chomsky réunis en un volume unique : un discours au Forum social mondial de Porto Alegre de février 2002, un discours prononcé à l’université du Cap en mai 1997, un article paru dans le périodique In These Times daté du 21 février 1994, un article paru dans le numéro de juillet-août du magazine Z…

Tous ces textes partagent un point commun : disséquer le néo-libéralisme dans ses aspects non seulement économiques, mais également politiques, sociaux, culturels et environnementaux. En effet, remplacer les citoyens par des consommateurs et sacrifier les libertés individuelles et démocratiques au profit de la liberté des marchés, telle est l’essence du néo-libéralisme.

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02

Le néo-libéralisme règne sans partage sur la planète

Pour Noam Chomsky, le néo-libéralisme constitue la réalité économique et sociale la plus radicale et la plus incontournable de notre temps. Elle définit et permet les politiques et les processus grâce auxquels des intérêts privés en très petit nombre, mais contrôlant des flux financiers colossaux, s’arrogent le droit de contrôler tout ce qu’il est possible de contrôler. Un contrôle multiforme, total et presque totalitaire puisqu’il intègre aussi bien la vie économique stricto sensu que la vie sociale dans tous ses aspects et la vie politique au travers de la démocratie et de ses consultations électorales.

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03

« Démocraties » et « démocraties ca­pi­ta­listes d’État »

Les régimes que l’on nomme « démocraties » par convention, ou par facilité, ne portent ce nom que par défaut. Il s’agit même, en l’espèce, d’une sorte d’abus de langage. En effet, pour l’auteur, si l’on veut être fidèle à la réalité, on devrait plutôt les appeler « démocraties capitalistes d’État ».

Quelle est la nuance entre les deux ? Elle tient à une différence fondamentale. Car dans le néo-libéralisme mis en place à partir des années 1980 sous l’égide de Margaret Thatcher et de Ronald Reagan, qui a pris son envol dans les pays anglo-saxons avant de s’étendre à la totalité du monde habité, il est presque impossible d’exister pour toute force démocratique extérieure au marché. Et le « presque » serait même peut-être de trop.

Il en résulte le fait suivant : le néo-libéralisme n’est pas seulement une réalité économique, mais bel et bien une réalité culturelle et politique. En effet, où le néo-libéralisme fonctionne-t-il le mieux ? Dans les pays où existe une démocratie électorale « formelle », mais où les citoyens se voient privés de manière extrêmement efficace, de tout accès à une information fiable, complète et authentique ainsi qu’aux forums publics nécessaires, indispensables même, à la participation réelle à la prise de décision démocratique.

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04

Le néo-libéralisme constitue une gigantesque imposture

Les initiatives néo-libérales sont systématiquement présentées sous un angle unique. Celui d’une politique de liberté des marchés, quasiment illimitée. Encourageant, au passage, les valeurs fondatrices du néo-libéralisme, qui sont celles du capitalisme de toujours : l’entreprise privée, le choix exercé par le consommateur dans le cadre de la défense de ses intérêts, la récompense accordée à la responsabilité individuelle et à l’esprit d’entreprise.

Avec, en contrepoint, des repoussoirs bien connus, toujours les mêmes là encore : des gouvernements censés être par nature incompétents, des administrations publiques pléthoriques, parasitaires et bureaucratiques, les uns et les autres ne pouvant de toute façon agir en faveur de l’intérêt général, même s’ils en avaient la volonté, ce qui est de toute façon très douteux pour les tenants du néo-libéralisme. Pour ses partisans, une seule instance est investie de la défense et surtout de la définition de l’intérêt général : les forces du marché.

Depuis quelques décennies à présent, quatre ou cinq environ, tous ces arguments est récitée comme un mantra par les dévots des thèses néo-libérales. Le problème étant que ce discours a envahi, puis absorbé la sphère publique tout entière. En effet, à coups d’opérations de relations publiques menées depuis des générations et financées par les plus notables des firmes transnationales et multinationales, tous ces termes et toutes ces idées en sont venus à régner sans partage dans l’opinion publique. Et, au passage, par acquérir une aura de caractère sacré : toute critique des valeurs du néo-libéralisme devient un blasphème insupportable, un signe manifeste d’asocialité ou, pire, d’aliénation mentale.

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05

Le néo-libéralisme impose un consen­te­ment sans consen­te­ment

Le principe de toute démocratie digne de ce nom repose sur le consentement des gouvernés. Or qu’en est-il dans le cadre du néo-libéralisme, dont l’auteur considère qu’il fonctionne le mieux dans des sociétés, apparemment démocratiques, mais qui, dans les faits, n’en sont pas ?

Dans ce domaine, le néo-libéralisme a imposé ce que Noam Chomsky nomme « le consentement sans consentement ». C’est-à-dire une résistance victorieuse de l’élite aux exigences minimales de la démocratie. En effet, depuis maintenant 250 ans environ, l’évolution politique de la plupart des pays du monde se fait en faveur des forces populaires, qui ont cherché et, dans la plupart des cas, obtenu la possibilité de participer plus largement à la gestion des affaires publiques, c’est-à-dire de leurs affaires.

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06

La lutte contre le néo-libéralisme peut être couronnée de succès

Le pouvoir absolu et sans partage du néo-libéralisme n’est pas une fatalité. En effet, et en dépit des apparences, il n’acquiert cette puissance colossale que si on lui laisse le champ libre, si on ne lutte pas pied à pied contre lui. Pour l’auteur, la bonne stratégie de lutte est celle qu’il appelle « l’arme absolue ». De quoi s’agit-il ? Tout simplement de la mobilisation consciente et déterminée des forces démocratiques, populaires le plus souvent, qui s’oppose de manière résolue à l’emprise du néo-libéralisme sur l’économie, sur la société et sur les consciences.

Noam Chomsky donne deux exemples de victoires gagnées, de haute lutte, contre le néo-libéralisme. Le premier est la victoire des Indiens zapatistes de l’État du Chiapas, au Mexique, qui se sont opposés victorieusement, et les armes à la main, à l’application de l’ALENA, l’Accord de libre-échange nord-américain. À son application, comme également à celles de ses conséquences qui étaient les plus destructrices pour leur mode de vie et pour leur économie locale. Pourtant, dans cette lutte du pot de terre contre le pot de fer, les Indiens du Chiapas étaient opposés au gouvernement mexicain, qui ne s’est jamais embarrassé d’un respect excessif des droits de l’homme. Il était, en effet, soutenu par la première puissance mondiale, les États-Unis, qui imposent leur loi au Mexique depuis maintenant bientôt deux siècles.

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07

Conclusion

Noam Chomsky rappelle qu’au cours du XXe siècle, de nombreux auteurs ont défini le fascisme comme « le capitalisme sans prendre de gants ». Soulignant par là l’absence de droits politiques, économiques et sociaux ainsi que l’absence d’organisations démocratiques qui caractérisaient les régimes fascistes. Or, pour l’auteur, on sait maintenant, après plus d’un demi-siècle de distance critique et historique, que le fascisme était plus complexe que cela.

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08

Zone critique

Le principal reproche adressé à l’ouvrage peut tenir en un mot : « radicalisme », pour reprendre le terme américain dans sa version française, mot que l’on pourrait traduire par « gauchisme ».

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09

Pour aller plus loin

Ouvrage recensé – Le Profit avant l’homme, Paris, Éditions 10/18, 2003.

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