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Cover of 'The power of habit'

Le Pouvoir des habitudes

Charles Duhigg

Intervenir sur ses habitudes personnelles

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Description

Le pouvoir des habitudes, de Charles Duhigg se présente comme une enquête très rigoureuse. Partant de l’individu, puis élargissant son étude aux comportements sociétaux, il parvient à démontrer l’étonnante influence des mécanismes routiniers sur les attitudes des hommes et les événements de l’humanité. Les scientifiques sont capables aujourd’hui d’identifier le cheminement cérébral des habitudes.

L’auteur montre, au fil des nombreuses études de cas constituant son ouvrage comment il est possible d’agir sur une habitude. Il nous conduit surtout à nous interroger sur les clés dont chacun peut disposer (ou pas) pour intervenir sur ses habitudes personnelles.

Sommaire

01

In­tro­duc­tion

Quand elle nous motive chaque jour pour effectuer une heure de marche rapide avant de nous rendre à notre bureau, nous pouvons considérer l’habitude comme une force dans notre vie. Quand elle nous conduit à être incapable de résister à nous alcooliser à la moindre contrariété, nous pouvons nous dire qu’une mauvaise habitude pourrait nous tuer.

Pour les individus, pour l’entreprise, pour la collectivité, voire pour l’humanité, l’habitude peut être constructive ou destructrice parce qu’elle gouverne nos comportements. Que nous en soyons conscients ou pas, elle nous dirige puissamment grâce à une mécanique très sophistiquée. Les neuroscientifiques sont capables de localiser les différentes zones cérébrales impliquées dans le fonctionnement des habitudes.

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02

À quoi servent les habitudes ?

Individuellement, nos habitudes sont le fondement de notre fonctionnement quotidien. Elles sont là pour préserver notre cerveau : se préparer le matin, sortir la voiture du parking, prendre la bonne direction pour nous rendre à nos lieux de travail, rendez-vous, loisirs… Si toutes ces taches étaient réalisées consciemment, c’est-à-dire effectuées geste par geste suivant les mécanismes cérébraux nécessaires à leur aboutissement, le burn-out nous terrasserait dès le début de la matinée…

Certaines maladies neurologiques (suites d’AVC, lésions d’une partie du cerveau…) contraignent pourtant ceux qui en souffrent à redécouvrir chaque jour les gestes les plus banals comme si tout leur arrivait pour la première fois. Devoir étudier chaque geste, chaque parcours et effectuer tous les actes de la vie avec concentration et attention les épuise. L’habitude est le moyen que le cerveau a trouvé pour économiser son tonus : il délègue, à travers des circuits (visibles à l’IRM) toutes les tâches répétitives, gardant ainsi tout son potentiel disponible. C’est le pilote automatique qui permet à l’humain de s’adapter à son environnement.

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03

Les habitudes comme moteur so­cio­lo­gique

Un mouvement collectif quelle que soit sa portée, démarre toujours à partir des habitudes sociales. Les individus se regroupent par affinités, ils ont les mêmes goûts, pratiquent une même activité. Quand une rupture intervient dans la vie de l’un des membres du groupe, l’ensemble du groupe réagit. L’auteur prend l’exemple de Rosa Parks qui refusa de céder sa place à un blanc, dans un bus de Montgomery, Alabama, le 1er décembre 1955.

En réalité, elle n’était pas la première passagère noire à refuser de laisser sa place à un blanc. Elle est pourtant celle qui est à l’origine du mouvement pour les droits civiques des noirs. Rosa Parks possédait un vaste réseau social, avait ses habitudes dans plusieurs associations. C’est la mobilisation de son réseau qui a participé au retentissement de l’épisode. Rosa Parks ne connaissait pas Martin Luther King. Tout s’est enchaîné parce qu’un groupe d’amis a décidé de se rendre un soir dans l’église où officiait le pasteur King. L’auteur dissèque, épisode par épisode, la progression du mouvement social.

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04

Les dangers de l’habitude

Les habitudes organisationnelles permettent le bon fonctionnement de l’entreprise avec cependant, une fragilité de taille : elles peuvent endormir la vigilance. C’est ce qui s’est produit lors de l’incendie du 18 novembre 1987 dans la station de métro de King’s Cross à Londres.

Étudiant dans le détail la chronologie des événements ainsi que les témoignages des membres du personnel, Charles Duhigg fait apparaître que chacun a strictement obéi aux consignes précises (trop ?) de sa fiche de poste. Personne n’est sorti de son cadre pour oser une initiative qui aurait pu retarder l’incendie ou permettre d’évacuer plus de monde avant que l’embrasement n’entraîne la mort de 31 personnes.

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05

Quand l’habitude devient une force

L‘entraîneur du champion olympique Michael Phelps était convaincu que la force de routines efficaces pouvait conduire le nageur à la victoire. Il lui avait conçu un programme tellement millimétré pour les jours de compétition, que le moment crucial de l’épreuve n’était plus qu’une séquence de plus (la dernière) d’un ensemble de gestes. Dès le réveil, l’athlète était « programmé » pour chacun de ses actes : menu spécial au petit-déjeuner, échauffement séquencé avec précision, entrainement programmé… jusqu’au moment de concentration précédent l’épreuve.

En outre, il l’avait habitué à visualiser, à chaque fois qu’il le pouvait (avant de s’endormir, en se reposant…) la course parfaite. Au moment de plonger, il lui glissait à l’oreille : « Lance la vidéo ! » Cette méthode était si efficace que le champion réussit à gagner une course aux Jeux olympiques de Pékin alors que son masque défectueux s’était couvert de buée. Il effectua son parcours en aveugle en « regardant » sa vidéo intérieure de la course parfaite. L’habitude était si forte que rien ne pouvait enrayer cette mécanique.

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06

La mécanique des habitudes

Dans notre cerveau, les mémoires les plus anciennes sont stockées au cœur de la boîte crânienne au niveau du tronc cérébral, là où l’encéphale se rattache à la colonne vertébrale. À cet endroit se trouve ce que l’on appelle les ganglions de la base qui gèrent nos comportements automatiques (respirer, déglutir…) Les chercheurs pensent que c’est aussi à cet endroit que se forment les habitudes.

Celles-ci fonctionnent dans le cerveau grâce à un processus qui se déroule en trois temps :

1/ Le signal : il s’agit d’un indice qui sert d’interrupteur. En laboratoire, c’est un signal sonore qui accompagne l’ouverture d’une trappe derrière laquelle les rats trouveront du chocolat après un parcours à deux options. Chez l’humain, cela peut-être un conditionnement : 15 h 30, vous quittez votre bureau pour aller faire une pause. Dans cet exemple, 15 h 30 est le signal.

2/ La routine : celle-ci peut être physique, émotionnelle ou mentale. En laboratoire, c’est le moment où, par expérience, les rats ont compris qu’il fallait tourner à droite pour trouver le chocolat. De jour en jour, ils le font de plus en plus naturellement et de plus en plus vite. Parallèlement, l’activité de leur cerveau à cet instant-là est de plus en plus réduite : la routine s’est installée. Plus besoin de réfléchir, ils vont automatiquement à droite. Chez l’humain c’est le moment où vous allez directement à la cafétéria chercher un gâteau. La routine, c’est aussi pour l’humain le geste non réfléchi qui s’est installé dans le comportement.

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07

Pour changer une habitude, il faut la remplacer par une autre

La limite entre habitude et addiction est assez ténue cependant, beaucoup des comportements liés à l’addiction sont motivés par l’habitude.

C’est la raison pour laquelle le fait de s’attaquer à la boucle de l’habitude peut fonctionner sur les addictions. C’est ce que font les Alcooliques anonymes qui travaillent sur l’habitude sans s’occuper des aspects médicaux liés aux dépendances physiques. Et dans bien des cas, cela fonctionne. Leur proposition est de s’intéresser au signal, de changer la routine afin que l’alcoolique garde la même sensation de récompense.

À la place de la prise d’alcool, la phase de routine est remplacée par la rencontre et l’échange avec le « parrain » qui rassure, écoute, et félicite la personne qui l’a appelé au moment du signal.

Une bonne habitude peut être créée dès l’enfance. Todd Heatherton, chercheur en neuroscience et en psychologie, explique qu’il est utile d’inscrire les enfants à des cours de musique ou de sport. Le but n’est pas d’en faire des futurs musiciens ou des sportifs. Mais cela leur permet de générer leur propre force d’autodiscipline. Cette habitude d’autorégulation acquise dès leur jeune âge les aidera plus tard à faire leurs devoirs, se lever à l’heure… sans ressentir de difficultés. Il semble que cette pratique renforce leur autocontrôle sur les centres sous-corticaux de la récompense comme si leur cerveau était plus « musclé » pour maîtriser leurs comportements.

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08

Conclusion

Nous savons grâce aux expériences des neurologues, aux études des comportements ou aux applications en entreprise qu’il est possible de changer les habitudes ou d’en créer de nouvelles. Mais il faut pour cela comprendre leur mécanique. Les habitudes dirigent notre vie au quotidien, de notre dépendance aux marques des produits de consommation, aux modes auxquelles nous nous soumettons. Tous nos actes répondent au même schéma « signal, routine, récompense » neurochimique.

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09

Zone critique

Construit à partir de nombreux exemples concrets, Le pouvoir des habitudes se lit comme un reportage. Charles Duhigg a voulu démontrer l’importance de l’habitude dans les comportements individuels et sociaux. La rigueur de son analyse sur des phénomènes comme l’incendie du métro de Londres ou le mouvement pour défendre les droits civiques des noirs américains illustre clairement l’impact de l’habitude sur les comportements.

Cette démonstration est d’autant plus intéressante qu’elle est transposable aux événements sociaux actuels : qu’il s’agisse des grèves SNCF de 2018 ou du mouvement des Gilets Jaunes. Il semble que ce dernier s’est constitué d’abord par la force des habitudes de liens d’affinités et d’échanges d’un réseau relationnel.

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10

Pour aller plus loin

Ouvrage recensé

– Le pouvoir des habitudes, Paris, Flammarion, coll. « Clés des Champs », 2016.

Du même auteur

– Charles Duhigg, Smarter, faster, better, New York, Doubleday, 2016.

Autres pistes

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