
Le Modèle Tesla
L'impact de Tesla sur l'industrie automobile
Description
Depuis le début du XXIe siècle les progrès technologiques et l’hyper connexion se sont accélérés de manière exponentielle. Les réseaux sociaux ont transformé les consommateurs en connaisseurs exigeants qui veulent des réponses immédiates et personnalisées à leurs besoins.
Dans le même temps, ceux-ci expriment la volonté d’une économie plus responsable véhiculant de nouvelles valeurs de partage et d’écologie. D’où la nécessité d’un nouveau modèle industriel à partir des années 2010. L’analyse des principes de fonctionnement de Tesla met au jour une nouvelle organisation qui initie la quatrième révolution industrielle.
Sommaire
01Introduction
Une inertie naturelle propre à l’être humain génère un temps relatif d’hésitation à intégrer les changements radicaux. Ce principe s’applique également au monde de l’industrie structurellement moins agile que celui du commerce et des services. Quand le Toyotisme, ou troisième révolution industrielle, s’est développé dans les années 60, il a mis en place une organisation qui perdure aujourd’hui : le lean manufacturing que l’on peut traduire par la juste rationalisation de la production. Difficile alors d’imaginer que cela ne suffit plus et que le monde a encore changé depuis.

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02Chaque invention s’accompagne de besoins nécessitant de nouveaux modèles d’organisation
Depuis la découverte du feu, il y a environ 400 000 ans, les inventions des hommes se sont succédé au fur et à mesure de l’évolution. Quand la mécanisation est apparue à la fin du XVIIIe siècle (première révolution industrielle) le travail est devenu plus simple grâce aux tâches effectuées par les machines.
Dans le même temps, l’homme a été contraint de s’adapter à un nouveau rythme de travail plus contraignant et plus répétitif. La découverte de l’électricité (deuxième révolution industrielle) marque le début des premières chaînes de production inventées par l’ingénieur Taylor pour Ford. L’homme s’est trouvé contraint d’effectuer les mêmes tâches répétitives dans un environnement de travail beaucoup moins motivant principalement dédié à la productivité. Ce système a commencé à changer dans la seconde moitié du XXe siècle (troisième révolution industrielle) quand les nouvelles technologies ont conduit des personnels plus techniques à intervenir directement sur le terrain. Les anciens contremaîtres qui vérifiaient le strict déroulement d’une organisation conçue à la tête de l’entreprise ont laissé la place à des encadrants axés sur l’accompagnement d’opérateurs plus spécialisés. Ces « ouvriers » d’un nouveau genre participent alors autant à améliorer les procédés qu’à produire.

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03Du Toyotisme au Teslisme
Avec les progrès de l’informatique et l’apparition des robots dans l’industrie, il a fallu faire encore évoluer l’organisation. C’est le système Toyota qui sert de modèle de référence à cette nouvelle donne industrielle.
Son organisation appelée lean manufacturing (production sans gaspillage) fonctionne sur un système en flux tendus. Rationaliser les coûts en attendant les commandes avant de lancer la production permet de ne pas stocker inutilement. Toyota met en place un pilotage par la qualité (bon du premier coup) qui repose sur le fait de pouvoir arrêter n’importe quel maillon de la chaîne avant qu’un produit défectueux ne risque de partir sur l’étape suivante de fabrication. Le Toyotisme s’appuie aussi déjà sur un système de management participatif responsabilisant.

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04Comment est conçu le modèle Tesla ?
On peut visualiser le modèle systémique pensé par Elon Musk comme un cercle à trois niveaux.
Au centre de ce cercle se trouve le men and machine learning. C’est-à-dire tout ce qui recouvre les liens entre l’homme et le travail.
Face à la nécessité d’être efficace et rapide, le rapport entre l’homme et le travail doit évoluer très vite. Mais les travailleurs ont changé. La génération Y (digitale, avide de responsabilité sans cadre autoritaire) exige des nouvelles valeurs tournées vers l’humain. Même si l’utilisation du digital se généralise et devient l’un des leviers essentiels de l’efficacité, l’homme doit rester la priorité du système. Pour que cela fonctionne, il faut garantir une formation continue solide et constante des personnels. Les hommes doivent pouvoir s’adapter le mieux possible aux machines et être capables de les utiliser au maximum de leurs performances. Cela suppose d’habituer les équipes à se former en continu.
Dans le même ordre d’idée, ce mouvement perpétuel de formation, information et réactivité permet d’optimiser les vitesses de production. Il faut intégrer une nouvelle approche de l’erreur comme étant un élément normal dans le processus de fabrication. Cela doit pouvoir rentrer dans la vision générale de l’entreprise : de la conception à la réalisation, il faut apprendre en construisant. Les erreurs servent de base de réflexion d’optimisation pour tous. C’est un principe totalement contraire aux habitudes du monde de l’entreprise. Chaque personne est autant concernée par l’évolution d’un produit que par sa fabrication. Les compétences se développent au fur à mesure du perfectionnement des machines.

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05Le premier cercle du modèle Tesla : organisation et technologie
Autour du cœur du réacteur qu’est le men and machine learning, l’organisation et la technologie constituent le premier cercle qui se compose de trois principes :
1/ Le start-up leadership : Ce principe repose sur l’application des mêmes fonctionnements que dans les start-up. La culture de l’entreprise est défendue à tous les niveaux, et tout le personnel participe à donner l’élan d’un développement permanent et pionnier. Sans aucun cloisonnement, les équipes collaborent dans le même esprit d’efficacité et en toute transparence. Concepteurs et opérateurs travaillent ensemble, les débriefs sont rapides et l’esprit est à l’entraide. Le leader n’est plus le visionnaire charismatique à l’ancienne mais plutôt un coach multi-compétent. Il doit pouvoir intervenir à tous les niveaux de l’entreprise, passer beaucoup de temps sur le terrain et tenir le rôle d’accélérateur (de compétences, d’initiatives, de résolutions des problèmes…) Il veille à maintenir une cohérence entre les valeurs de l’entreprise et leur respect au quotidien.

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06Le second cercle : stratégie et communication
Ce second cercle constitue la véritable rupture selon Elon Musk, il représente l’environnement contextuel dans lequel se développe le système Tesla.
Cela repose sur trois principes majeurs pour l’entreprise :
1/ Le storymaking : l’art d’inscrire l’entreprise dans un projet plus grand qu’elle. Il s’agit de créer une « histoire » propre à l’entreprise, en quelque sorte sa légende. En interne : pour motiver les équipes, leur donner le sentiment de participer à une véritable aventure humaine, créative et pionnière. En externe : les clients doivent se sentir concernés par ce projet, les médias doivent pouvoir en comprendre les valeurs. Cela ne signifie pas que tout est transparent : Elon musk communique énormément, mais les secrets sont parfaitement protégés. Simplement en créant une vision autour de ses ambitions, il contribue au développement de son modèle et à l’attrait des partenaires éventuels pour l’entreprise. Et cela lui permet de suivre attentivement tout ce qui se fait par ailleurs dans son domaine.

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07Conclusion
Le modèle Tesla est-il le bon modèle pour l’industrie de demain ? L’auteur a présenté, pour chacun de ses sept principes fondamentaux, l’exemple d’une entreprise les appliquant pour son plus grand intérêt. L’histoire a démontré que chaque révolution industrielle portait en elle sa part de progrès et sa part de limites.

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08Zone critique
La personnalité d’Elon Musk ne laisse pas indifférent : mégalomane ou visionnaire ? il est incontestablement un média à lui tout seul.
La force de son système organisationnel repose sur la cohérence de l’ensemble qui semble assez pertinente. Il place l’homme au cœur de son modèle comme il place le futur de l’humanité au centre de sa vision du monde.

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09Pour aller plus loin
Ouvrage recensé
– Le Modèle Tesla, Du Toyotisme au Teslisme : la disruption selon Elon Musk, Paris, Dunod, 2018.
Du même auteur
– Valentin, Michaël, The Smart way. Excellence opérationnelle, profiter de l’industrie du futur pour transformer nos usines en pépites, Paris, Lignes de Repères, 2017.
Autres pistes

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