
Le Grand échiquier
La géopolitique mondiale décryptée
Description
"Le Grand échiquier : L'Amérique et le reste du monde" de Zbigniew Brzezinski, publié en 1997, est un ouvrage de géopolitique qui analyse la position stratégique des États-Unis à la fin du XXe siècle. Brzezinski, conseiller à la sécurité nationale sous la présidence de Jimmy Carter, y présente sa vision de la politique étrangère américaine et du rôle que les États-Unis devraient jouer sur la scène mondiale.
L'ouvrage est une analyse stratégique qui souligne l'importance de la diplomatie, du contrôle des ressources énergétiques et de la prévention des conflits régionaux. Brzezinski y aborde également les défis posés par l'émergence de nouveaux acteurs non étatiques et par la diffusion de la technologie, qui modifient le paysage géopolitique traditionnel.
Sommaire
01Introduction
En remportant la victoire sur le communisme, l’Amérique s’est hissée à la place de première, d’unique et de véritable puissance globale dans l’immédiat après-guerre froide, position sans précédent dans l’histoire de l’humanité. C’est donc désormais en tant qu’empire global que les États-Unis vont devoir assurer leur prééminence à l’échelle planétaire.
Reprenant la théorie géopolitique du Heartland développée par le géographe britannique Halford John Mackinder au début du XXe siècle, Brzezinski étend à la planète entière le concept d’« Ile-monde » (World Island), qui, selon Mackinder, n’englobait que les continents européen, africain et asiatique. Plutôt que le Heartland, qui correspondait à l’empire russe avant la révolution d’octobre 1917, il identifie comme centre du monde l’Eurasie, située entre l’Atlantique et le Pacifique, comme lieu privilégié de l’affrontement entre les puissances pour la primauté mondiale.

Téléchargez Dygest
pour avoir une expérience complète !
02L’empire global
« L’Amérique a acquis une position d’hégémonie globale sans précédent. Elle n’a aujourd’hui aucun rival susceptible de remettre en cause ce statut » (p. 56).
Déjà le 11 septembre 1990, le président républicain George H.W. Bush, dans un discours au Congrès des États-Unis, avait développé le concept de « nouvel ordre mondial ». Dans cette nouvelle architecture, il paraissait implicite qu’en raison de leurs intérêts stratégiques globaux, c’était aux États-Unis que revenait naturellement le rôle d’« empire global ».
Pour Brzezinski, à la différence des empires passés, pour la première fois dans l’histoire, les États-Unis sont parvenus à une telle prééminence globale grâce à la maîtrise militaire, économique, technologique et culturelle qu’aucune autre puissance ne peut prétendre rivaliser avec eux. Cette puissance est unique non seulement par son envergure, mais aussi par son ubiquité. Le dynamisme économique de l’Amérique et le pouvoir d’attraction de son mode de vie sur le reste du monde jouent en sa faveur.

Téléchargez Dygest
pour avoir une expérience complète !
03L’Eurasie : le centre du monde et l’échiquier des luttes d’influence
Brzezinski discerne cinq grands ensembles physiques et géopolitiques à l’échelle globale : l’Amérique du Nord, l’Amérique du Sud, L’Eurasie, l’Afrique et l’Australie. L’Eurasie s’étend de la façade maritime européenne à l’Ouest à la Chine et au Japon en englobant le Moyen-Orient, l’Inde et l’Asie du Sud-Est et en excluant le Groenland (p. 56). « Pour l’Amérique, écrit-il, l’enjeu principal est l’Eurasie » (p. 57). Elle constitue la masse continentale eurasiatique la plus importante à la surface du globe. Elle en est l’axe géopolitique. Deux des trois régions les plus politiquement développées et productives du monde la composent. Les États dotés d’une force de dissuasion nucléaire et des budgets de la défense les plus importants en font partie.

Téléchargez Dygest
pour avoir une expérience complète !
04Dominer la masse continentale eurasiatique
Brzezinski ne prévoit l’émergence possible d’une puissance rivale que sur le seul continent eurasiatique, d’où l’importance de procéder, dans un premier temps, à une identification des acteurs en présence et à une analyse approfondie de la géographie politique de cette zone. Afin de discerner les motivations géopolitiques de ces États, l’auteur suggère d’examiner les élites gouvernantes, ainsi que les vulnérabilités, les failles et les atouts qui caractérisent ces États en gardant toujours à l’esprit les intérêts nationaux des États-Unis.
Dans un deuxième temps, forts de ces informations, les décideurs américains seront en mesure de formuler des stratégies globales et régionales visant à contrôler ou à manipuler les États de la zone eurasiatique au profit de la puissance américaine (p. 67).
Dans la tâche d’identification des acteurs, l’auteur propose de catégoriser les États de la zone en acteurs géostratégiques d’une part, et en pivots géopolitiques d’autre part. Les premiers, de par leur capacité et leur détermination, sont en mesure de faire rayonner leur influence au-delà de leurs frontières et constituent potentiellement des entraves à l’hégémonie américaine. À cet égard, on pourrait citer la France, la Russie ou la Chine. Les pivots géopolitiques sont, pour leur part, des États, tels que la Turquie, l’Iran ou l’Ukraine, potentiellement vulnérables, mais jouissant d’une position géostratégique névralgique. Ces deux catégories seront traitées différemment.

Téléchargez Dygest
pour avoir une expérience complète !
05Quelle place pour l’Europe ?
En premier lieu, Brzezinski considère l’Europe occidentale comme « la tête de pont » des États-Unis en Eurasie. Élargissement de l’OTAN vers les pays de l’Est et intégration dans l’Union européenne de ces mêmes États vont donc de pair puisqu’il s’agit avant tout pour l’hyperpuissance américaine de consolider le partenariat transatlantique en surmontant les réticences existantes sur le Vieux Continent. Brzezinski attribue à la France et à l’Allemagne des rôles importants dans ce dessein stratégique, avec toutefois des réserves sur les chances d’aboutissement des ambitions françaises à la suite de la réunification allemande en 1990.

Téléchargez Dygest
pour avoir une expérience complète !
06Avenir géopolitique
Tout en promouvant le projet d’unification de l’Europe comme gage de stabilité, Brzezinski avoue redouter que l’Europe unie ne devienne, à plus long terme, un rival de poids pour la puissance américaine, mais repousse finalement cette éventualité en arguant du fait que les États européens ne parviendront jamais à surmonter leurs différences et à atteindre une unité politique comme le firent les États-Unis par le passé.
L’auteur pressent également des évolutions importantes en matière de sécurité et de défense. En partant du postulat que l’Alliance atlantique est le garant incontournable de la sécurité en Europe, dès que l’Europe sera parvenue à trouver une identité politique et à mettre en place un gouvernement supranational, l’architecture de défense de l’Alliance atlantique devra être révisée. Il ne sera en effet plus possible de concilier la persistance d’une puissance dominante et de plusieurs Alliés dépendants d’elle au sein de l’OTAN. Il faudra alors envisager que les États-Unis se retrouvent à égalité avec l’Union européenne.

Téléchargez Dygest
pour avoir une expérience complète !
07Conclusion
L’ouvrage de Brzezinski constitue une analyse prospective magistrale. On ne peut ainsi que regretter qu’aucun autre politologue occidental n’ait pu, dans la période de l’après-guerre froide, parvenir à saisir avec autant de clarté à la fois les réalités géopolitiques et les enjeux de demain au plan géostratégique.
L’auteur allie à la fois les qualités attendues de la part d’un universitaire et d’un analyste géopolitique au fait des évolutions géostratégiques réelles, en raison de sa longévité dans le monde de la diplomatie, de la sécurité et la défense, sa carrière de conseiller s’étendant sur cinq décennies d’histoire américaine.

Téléchargez Dygest
pour avoir une expérience complète !
08Zone critique
La catégorisation proposée par Brzezinski des États en partenaires, vassaux ou adversaires des États-Unis demeure déconcertante pour les Alliés de la puissance américaine. Le Grand échiquier a souvent été décrit comme une approche particulièrement cynique en matière de politique étrangère. Cependant, force est de constater que l’on ne peut reprocher à l’auteur sa clarté et sa franchise intellectuelle dans la description des axes de la diplomatie américaine de l’après-guerre froide.

Téléchargez Dygest
pour avoir une expérience complète !
09Pour aller plus loin
Ouvrage recensé
– Le Grand échiquier, L’Amérique et le reste du monde, Paris, Bayard éditions, 1997.
Du même auteur
– Le Vrai choix, l’Amérique et le reste du monde, Paris, Odile Jacob, 2004. – Avec Brent Scowcroft, L’Amérique face au monde, quelle politique étrangère pour les États-Unis, Montreuil, Pearson France, 2008. – Avec Vaïsse Justin, Stratège de l’empire, Paris, Odile Jacob, 2016.

Téléchargez Dygest
pour avoir une expérience complète !












