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Couverture de 'Le deuxieme age de la machine'

Le Deuxième Âge de la machine

Erik Brynjolfsson, Andrew McAfee

Travail et prospérité à l’heure de la révolution technologique

Écouter l'extrait du podcast :
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Description

Dans ce livre, les auteurs nous plongent au cœur de la révolution technologique qui est en train de transformer en profondeur notre économie et notre société. Ils nous invitent à découvrir ce qu'ils appellent le "deuxième âge de la machine", succédant à celui de la vapeur et de l'électricité. Brynjolfsson et McAfee, deux experts reconnus du Massachusetts Institute of Technology (MIT), nous montrent comment l'intelligence artificielle, la robotique et l'économie numérique sont en train de bouleverser tous les secteurs, des voitures autonomes aux robots ménagers en passant par les innovations dans la santé et l'information.

S'appuyant sur la célèbre "loi de Moore", qui prévoit un doublement des capacités de calcul des ordinateurs tous les 18 mois, les auteurs nous font découvrir les formidables progrès à venir.

Sommaire

01

In­tro­duc­tion

La réalité a rattrapé la fiction. Depuis les années 1950 et les récits de science-fiction d’Asimov, des progrès fulgurants ont été faits dans le domaine du numérique et de la robotique. Ces progrès ouvrent la voie à une ère de prospérité caractérisée par une abondance sans équivalent dans l’histoire humaine. Nous pouvons consommer plus de produits et de services, plus qualitatifs et à des coûts de moins en moins élevés. Cependant, cette productivité intensive laisse de côté une grande partie des travailleurs non qualifiés, désormais inutiles, puisque remplacés par les machines. Ce faisant, l’essor numérique et robotique creuse les écarts de revenus et donc les inégalités sociales comme jamais auparavant. Elle permet même l’émergence de super-gagnants économiques qui dominent les marchés à un niveau mondial.

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02

Des progrès ex­po­nen­tiels : la loi de Moore

Dès le début du XXe siècle, les inventions mises en scène dans les récits de science-fiction ont fasciné. Les robots d’Asimov et les voyages spatiaux de Star Trek ont très rapidement conquis leur public. Dans la réalité, les progrès issus des recherches en robotique et en informatique ont été plus lents. Cinquante ans après la publication des premiers récits du Cycle des Robots, le premier véritable robot humanoïde, l’ASIMO de Honda, tombait dans les escaliers lors de sa présentation au public. C’était en 2006.

Cependant, les progrès de ces cinquante premières années de recherche ont été réels et se sont même accélérés selon un principe que l’on appelle la loi de Moore. Cette loi empirique suppose que les capacités de calcul des ordinateurs doublent tous les dix-huit mois. En fait, elle nous dit tout simplement que les progrès en matière numérique sont exponentiels. Cette progression a été relativement invisible et diluée dans le temps lors des premières décennies, jusqu’au début du XXIe siècle, où elle s’est accélérée.

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03

L’entrée dans une ère d’abondance..

Le deuxième âge de la machine promet donc des progrès démesurés dans de nombreux domaines. Ces promesses ont déjà été tenues en termes de productivité. Nous sommes entrés dans une ère d’abondance qui permet la production de nombreux produits à des prix de plus en plus bas. La robotisation dans les usines en est l’aspect le plus voyant. Mais il n’est pas le seul.

Car il ne s’agit pas seulement d’une plus grande productivité de biens matériels. Il s’agit aussi d’un plus grand accès à des services et des biens immatériels de meilleure qualité. Par exemple, le numérique nous permet de profiter sur Internet de toutes les compositions musicales et de toutes les chansons qui existent dans le monde. Et cela, dans la plupart des cas, gratuitement. Le phénomène est purement technologique : le coût de création de bits est pratiquement nul.

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04

… et l’avènement d’une société de dispersion

De manière paradoxale, cette ère d’abondance s’accompagne d’une dispersion inédite des revenus et de la richesse. Jusqu’alors, dans l’histoire de l’humanité, la productivité et la rémunération du travail avaient toujours augmenté de conserve. Ce n’est plus le cas. Désormais, « on crée plus de richesse avec moins de travail » (p. 147). Si une machine effectue un travail pour un dollar par heure, un employeur n’offrira pas de salaire supérieur à ses employés qui feront le même travail. Soit ces derniers acceptent d’être sous-payés, soit ils sont remplacés par une machine.

La demande de travailleurs non qualifiés a chuté depuis les années 1980 car ces derniers ont été remplacés par des machines. Les emplois non qualifiés devenant plus rares par rapport à la demande, la rémunération de ce type de travail a elle aussi baissé. Non seulement il y a moins de travail non qualifié, mais celui-ci est moins bien payé qu’avant.

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05

L’émergence d’une nouvelle économie : « le gagnant prend tout »

Lorsque le monde est entré sur la seconde moitié de l’échiquier, de nouvelles échelles de mesure sont apparues, et pas seulement dans le domaine technologique. On a notamment vu émerger une nouvelle économie, celle des superstars, dans laquelle « le gagnant prend tout » (p. 171).

Dans une économie traditionnelle faite d’offre et de demande, un marchand de biens ou de services ne satisfait qu’une fraction infime de la demande totale du marché de son secteur d’activités. C’est par exemple le cas d’un infirmier. Il ne peut pas s’occuper de toutes les personnes qui ont besoin de faire une prise de sang dans le monde. Dans une société faite de petits marchés locaux, les parts de marché et les revenus afférents sont répartis de manière absolue. Ainsi, un ouvrier qui pose 1 000 briques par jour recevra 10 % de revenus en plus qu’un ouvrier qui pose 900 briques.

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06

La machine comme complément de l’activité humaine

Depuis les débuts de l’ère industrielle, au début du XIXe siècle, la grande crainte de l’homme était d’être remplacé par la machine, de devenir inutile et de connaître le chômage. Les économistes sont pourtant en désaccord sur ce point. Certains d’entre eux nient la possibilité d’une disparition du travail et de la naissance d’un chômage structurel. D’autres, et les auteurs ont font partie, affirment que c’est l’un des risques du deuxième âge de la machine et que les sociétés doivent tout faire pour l’éviter. Mais comment ?

Un fait doit ici être expliqué. L’intelligence artificielle ne reproduit pas le cerveau humain. Celui-ci reste un mystère en bien des points pour les scientifiques et ne peut pas être imité (pour l’instant). Les IA fonctionnent différemment, grâce à des algorithmes mathématiques. Cela explique pourquoi elles ont du mal à reproduire certaines capacités humaines, même si elles s’améliorent constamment. C’est notamment le cas de la reconnaissance des formes, de la communication complexe et des capacités sensori-motrices. C’est le cas aussi de l’idéation, c’est-à-dire de la capacité à inventer des idées et des concepts nouveaux. « Les scientifiques font de nouvelles hypothèses. Les journalistes reniflent un bon sujet. Les ingénieurs d’une usine comprennent pourquoi une machine ne fait plus correctement son travail. » (p. 217) Les machines ne savent pas faire ce pour quoi elles n’ont pas été programmées.

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07

Conclusion

Le deuxième âge de la machine est une ère de paradoxes. On y observe une grande abondance de biens et de services et un PIB élevé grâce à l’intensification de la production et de la consommation. Les innovations se succèdent à un rythme effréné et les revenus atteignent des sommets qu’ils n’avaient jamais atteints dans les siècles et même les décennies passées. Cependant, de nombreuses couches de la société se paupérisent. Leur travail disparaît et leurs revenus stagnent ou même diminuent.

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08

Zone critique

Erik Brynjolfsson et Andrew McAfee n’éludent pas les problèmes économiques et sociaux que le deuxième âge de la machine peut engendrer. Cependant, leur vision de la société formée à partir des progrès technologiques est largement optimiste. D’ailleurs, on remarque que la notion de progrès n’est pas débattue : le progrès technologique en lui-même semble forcément un bien dans la mesure où il permet plus de production et plus de consommation.

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09

Pour aller plus loin

Ouvrage recensé – Erik Brynjolfsson, Andrew McAfee, Le Deuxième Âge de la machine. Travail et prospérité à l’heure de la révolution technologique, Paris, Éditions Odile Jacob, 2015.

Des mêmes auteurs – Des Machines, des plateformes et des foules, Paris, Odile Jacob, 2018.

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