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Couverture de 'Le capital i'

Le Capital (I)

Karl Marx

Analyse du capitalisme

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Description

Le Capital est un traité d'économie dans lequel Marx théorise le capitalisme. Pour ce faire, non seulement il reprend, commente et discute systématiquement les économistes qui l'ont précédé, mais il retravaille aussi certaines catégories fondamentales de l'économie (la valeur, le capital, la plus-value, etc.) et en propose de nouvelles définitions, qui permettent de mieux comprendre le capitalisme.

Cet approfondissement lui permet dans un second temps d'en proposer une solide approche critique.

Sommaire

01

In­tro­duc­tion

Le Capital, publié pour la première fois en 1867 en Allemagne, est le fruit d'une réflexion commencée au début des années 1850. L’ambition de ce livre est de proposer une théorie critique du capitalisme, qui permette à la fois d’en comprendre finement le fonctionnement et la logique interne, tout en mettant au jour les mécanismes d’exploitation des travailleurs. Ce projet devait à terme être constitué de quatre livres, mais seul le premier livre fut publié du vivant de Marx.

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02

Qu’est-ce que le « capital » ?

Beaucoup de termes employés par Marx ont été récupérés et réutilisés dans différents contextes politiques, ce qui les a chargés d’un sens qu’ils n’avaient pas à l’origine. Le terme de capitaliste par exemple est aujourd’hui employé de manière très péjorative. Mais il a pour Marx avant tout un sens technique. Il convient donc d’abord de le définir clairement pour mieux comprendre son propos : un « capital », c’est avant tout une somme d’argent.

Marx distingue deux fonctions de l’argent. La première, c’est l’argent détenu par le travailleur, qui lui sert à manger, dormir, se loger, et quelques autres choses encore. On est alors dans un cycle Marchandise - Argent - Marchandise (m-a-m) : le travailleur produit des marchandises, en retire une somme d’argent (le salaire), qui lui permet de se nourrir et se loger, et de retourner au travail le lendemain. Dans ce cycle, l’argent est dépensé pour vivre et ne s’accumule pas. La seconde fonction de l’argent, c’est le capital. C’est une somme d’argent qui sert à acheter des moyens de travail (les machines, les locaux, les matières premières) et de la force de travail (les salariés), pour ensuite vendre ces marchandises et en retirer à terme une somme d’argent un peu plus grande que celle qui a été investie initialement.

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03

La valeur

La première étape de la réflexion de Marx est la redéfinition d’une notion fondamentale de l’économie : la valeur. Qu’est-ce qui détermine la valeur ou le prix d’une marchandise ? Il est évident que les marchandises ont une valeur pour nous, car elles nous sont utiles : elles ont une « valeur d’usage ». Mais lorsqu’il s’agit d’échanger des marchandises sur un marché, cette valeur d’usage pose problème. En effet, comment comparer l’utilité d’une table et l’utilité d’une paire de chaussures ? Comment savoir combien de chaussures vaut une table ? Pour résoudre ce problème, il faut trouver un étalon commun qui permette de comparer les valeurs des marchandises les unes par rapport aux autres.

Pour Marx, ce qui est commun à toute marchandise et qui permet de fixer leur valeur est que toute marchandise demande une certaine quantité de travail pour être produite. Cette quantité de travail, Marx propose de la mesurer par le temps de travail. La valeur d’une marchandise est donc fixée par le temps de travail nécessaire à sa production. Cette théorie, connue sous le nom de la théorie de la « valeur-travail », est aussi soutenue par les économistes classiques, Smith et Ricardo notamment.

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04

La plus-value (ou survaleur) et le degré d’ex­ploi­ta­tion

Sur le marché, les marchandises se vendent toujours à leur juste valeur : elles ont un prix correspondant à la quantité de travail qui a été nécessaire à leur fabrication. Ainsi, le capitaliste qui vend les marchandises produites dans son usine ne dégage pas son profit au moment de la vente des marchandises. Mais d’où vient alors ce profit ? Il ne vient pas non plus de l’achat de la force de travail. Sur le « marché du travail », le travailleur vend une marchandise : sa force de travail. La force de travail est une marchandise comme une autre, qui s’achète et se vend.

De plus, comme toute marchandise, la valeur de la force de travail est fondée sur le temps de travail socialement nécessaire à sa production. Puisque pour vivre, le travailleur (comme tout homme) a besoin manger, dormir, se vêtir, etc., alors la valeur de sa force de travail correspond au temps de travail nécessaire à la production des biens qui lui permettent de vivre et de travailler. La valeur de la force de travail d’un employé, c’est donc simplement une somme suffisante pour lui permettre de vivre et de continuer à travailler de jour en jour. Ainsi, le capitaliste n’escroque pas le travailleur lorsqu’il achète sa force de travail. S’il l’achetait en dessous de sa valeur, le travailleur ne pourrait tout simplement pas vivre.

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05

La division du travail et la machinerie

Le travailleur ne possède que sa force de travail. Or, pour rendre possible le processus de travail, il faut, outre la force de travail, l’objet ou la matière qui sera transformée, et les moyens de travail qui permettent de la transformer (outils et machines). Par exemple, pour produire des meubles en bois, il faut certes de la force de travail, mais aussi du bois et des outils de menuiserie. Mais la matière première et les moyens de production coûtent de l’argent : tout le monde ne peut pas acheter ses propres machines et ses propres stocks de matières premières lorsque la production est à l’échelle industrielle. Seul quelqu’un disposant d’une grande somme d’argent (un capital) peut acheter les moyens de travail qui permettent à la force de travail de se déployer. C’est pourquoi le travailleur est dépendant du capitaliste : il n’a donc pas d’autre choix que de se faire employer par quelqu’un possédant des moyens de production.

On voit alors que le capitalisme est pour Marx étroitement lié au développement technique des sociétés. Dans l’artisanat, le travailleur est autonome, possède ses propres outils, et vend ses propres marchandises. Or au XVIIIe et XIXe siècles apparaissent les manufactures, puis la grande industrie. La manufacture se caractérise principalement par la division du travail : la production est découpée en tâches simples, et chaque travailleur se charge d’une de ces tâches. Le rendement et la qualité finale du produit sont décuplés. La grande industrie remplace quant à elle les outils par des machines. Avec des outils, la qualité de la production dépend de l’habileté du travailleur. Or la machine se saisit elle-même de l’outil pour transformer la matière première. Le travailleur n’a ainsi plus besoin de savoir-faire manuel pour produire un objet : la qualité de l’objet ne dépend plus de son habileté.

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06

La re­pro­duc­tion et l’ac­cu­mu­la­tion du Capital

Toute production est consommation : la matière première disparaît, de l’énergie est dépensée, de la force de travail est consommée, les machines et outils s’usent. Ainsi lorsque du capital est investi dans la production de marchandises, il disparait peu à peu, il est consommé. Pour que la production puisse continuer, il faut que ce capital soit reproduit, c’est-à-dire qu’il faut que la vente des marchandises produites permette de continuer à payer les salaires, de continuer à acheter des stocks de matières premières, de remplacer les machines usagées, etc. L’argent issu de la vente des marchandises sert donc avant tout à reproduire le capital investi pour que la production puisse continuer. C’est la reproduction du capital. On voit ici que contrairement à un salaire (qui est consommé pour vivre), un capital investi dans une entreprise ne disparaît pas, mais se maintient, se reproduit sans cesse.

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07

Conclusion

Dans Le Capital, Marx théorise le capitalisme comme un ensemble de nouveaux rapports sociaux, nés de la division du travail et de l’emploi des machines, qui rendent désormais impossible un travail individuel et autonome. Pour vivre de son travail, il faut désormais nécessairement que le travailleur vende sa force de travail à un capitaliste qui possède des moyens de production.

Cette dépendance du travailleur vis-à-vis du capitaliste est masquée par le fait que la vente de la force de travail se passe comme la vente de n’importe quelle marchandise : un échange entre deux individus égaux qui s’accordent sur un prix. Puisque personne ne force le travailleur à vendre sa force de travail, il semble y consentir volontairement.

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08

Zone critique

Le Capital fut abondamment traduit et a été interprété de manières si diverses que Marx lui-même a dit, en voyant ce que certains tiraient de son livre : « ce qu’il y a de certain, c’est que je ne suis pas marxiste ». L’intérêt pour l’ouvrage a redoublé à partir de la Révolution russe, mais aussi, dans les pays occidentaux où les « compagnons de route » du parti communiste ressuscitent un marxisme alternatif, souvent critique à la fois du capitalisme de l’ouest et du totalitarisme de l’est (Louis Althusser, Cornelius Castoriadis, Lukacs).

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09

Pour aller plus loin

Ouvrage recensé – Le Capital, livre 1, Paris, Éditions sociales, 2016.

Du même auteur – La lutte des classes en France, Paris, Gallimard, Coll. « Folio histoire », 2002 [1850]. – Avec Friedrich Engels, Manifeste du parti communiste, Paris, Flammarion, 1998 [1848].

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