Télécharger l'app

Scanne. C'est dans ta poche.

QR Code — Dygest

Ouvre l'app Appareil photo, pointe sur le code. C'est gratuit à l'essai.

Couverture de 'Le burn out des enfants'

Le Burn-out des enfants

Béatrice Millêtre

Comprendre et prévenir le burn-out chez les enfants

Écouter l'extrait du podcast :
0:00 --:--

Description

Il est communément admis que le burn-out touche majoritairement les personnes en activité professionnelle. Et s’il pouvait aussi concerner nos enfants ? Voilà le constat que Béatrice Millêtre a pu effectuer au fil des psychothérapies menées avec de jeunes patients. Stressés, surmenés, les enfants d’aujourd’hui le sont très tôt en raison du rythme de vie effréné que leur impose la société, ainsi que du comportement des adultes mal à l’aise dans leur rôle d’éducateurs. De la sphère familiale à l’école, en passant par les loisirs, ils sont sous pression dans tous les domaines de leur existence. L’insouciance de l’enfance et le plaisir de déléguer les responsabilités aux adultes ne sont plus le lot commun des enfants. Résultat : ils craquent.

Que faire face à ce constat alarmant ? Quels facteurs peuvent expliquer cette recrudescence d’enfants et d’adolescents victimes de burn-out ? Existe-t-il des catégories de jeunes plus à risque que d’autres ? Avec bienveillance et clairvoyance, Béatrice Millêtre s’adresse tantôt aux parents, tantôt à leurs enfants, pour leur donner des pistes afin d’éviter le burn-out ou d’apprendre à se reconstruire.

Sommaire

01

En quoi consiste le burn-out ?

Également appelé syndrome d’épuisement professionnel, le burn-out est un phénomène qui touche de plus en plus de personnes, qu’il s’agisse d’adultes ou de personnes plus jeunes.

Selon les individus et le type de vie qu’ils mènent, il peut se décliner en un ennui profond et une grande lassitude, un épuisement extrême, voire une hyperactivité excessive. Il est généralement corrélé à une pression subie au quotidien, par exemple en raison d’exigences personnelles élevées ou d’un environnement de travail spécifique. Le stress qui en découle ne permet pas de s’épanouir et engendre une frustration. Bien qu’étudié depuis plus de 40 ans dans un cadre strictement professionnel, le burn-out s’immisce désormais dans d’autres domaines, notamment le milieu scolaire. Il touche par conséquent de plus en plus une tranche d’âge plus jeune, et ce dès l’école maternelle ou primaire. Selon une étude réalisée en 2014 par l’Unicef France, il concernerait 40 % d’enfants et 30 % d’adolescents.

Téléchargez Dygest

pour avoir une expérience complète !

02

Un en­vi­ron­ne­ment familial et scolaire de moins en moins structurant

Face à un monde en mutation où les repères habituels ne sont plus valides, les parents ne constituent plus un socle solide de la famille. Ils sont tout d’abord peu disponibles et moins présents en raison d’impératifs professionnels qui les accaparent. Ils ne peuvent donc pas répondre au besoin de socialisation de leur enfant. Ils ont par ailleurs tendance à déléguer leurs responsabilités au personnel scolaire et aux enseignants, alors que ceux-ci ne devraient être que des relais.

Béatrice Millêtre distingue trois catégories de parentalité susceptibles d’entraver le bon épanouissement de l’enfant.

Tout d’abord, les parents permissifs accordent une grande liberté de pensée et d’action à leurs enfants sans leur offrir de cadre réel pour se construire. À l’inverse, les parents autoritaires ne jurent que par l’obéissance et des règles strictes, sanctionnant l’enfant qui s’en écarte. Enfin, les parents désengagés n’assument absolument pas le rôle qui leur incombe : ils laissent l’enfant livré à lui-même ou confient le soin de s’en charger à de tierces personnes. Ces différents types de parentalités bousculent donc la structure familiale traditionnelle.

Téléchargez Dygest

pour avoir une expérience complète !

03

Les failles de l’éducation parentale moderne

Le rôle des parents est incontestable dans le bien-être de l’enfant. Or, il peut arriver qu’ils se sentent démunis pour diverses raisons. Les discours qu’ils tiennent sont quelquefois dépassés et ne prennent pas en considération les changements sociaux. Ainsi en va-t-il concernant le parcours scolaire et les diplômes, qu’ils érigent en idéal de réussite individuelle et professionnelle. C’est sans compter sur le fait que « le savoir-être, c’est-à-dire la personnalité, plus que les compétences et l’expérience » (p. 80), est devenu le critère primordial de sélection dans le monde du travail. Toutefois, les parents continuent de se référer aux modèles éducatifs désuets hérités de leurs aînés.

Derrière cette obsession de la réussite scolaire se cache une autre réalité. Dans un monde où la précarité est monnaie courante, les parents projettent leur peur de la pauvreté sur leurs enfants. Ils leur transmettent ainsi leurs propres inquiétudes quant à l’avenir. Béatrice Millêtre note que 58 % des enfants de 8 à 10 ans éprouvent déjà l’angoisse de connaître le chômage, alors que le pourcentage atteint 71 % chez les adolescents de 11 à 14 ans.

Téléchargez Dygest

pour avoir une expérience complète !

04

Des enfants en perte de repères

Si les causes du burn-out sont diverses et variées en fonction du profil de l’enfant, elles tiennent très souvent à la perte de repères. Les jeunes d’aujourd’hui font en effet l’objet d’un mégamorphisme, c’est-à-dire qu’on se comporte avec eux comme s’il s’agissait d’adultes. On leur demande par exemple d’être responsables et autonomes bien avant l’âge auquel ils en sont capables. On leur laisse en outre la possibilité de choisir et de décider, alors même qu’ils n’ont pas encore la maturité suffisante et qu’ils ne sont donc pas en mesure de le faire. Cette attitude libérale de la part des adultes a des effets pernicieux.

D’une part, les enfants ne parviennent plus à trouver la place qui devrait être la leur. D’autre part, ils entretiennent un rapport faussé avec eux-mêmes et le monde qui les entoure, puisqu’ils se croient en quelque sorte tout-puissants.

Téléchargez Dygest

pour avoir une expérience complète !

05

Burn-out : quelles consé­quences et quelles solutions ?

Le burn-out a des répercussions sur la santé physique. L’enfant manifeste généralement une profonde fatigue qui est amplifiée par des troubles du sommeil. Les capacités intellectuelles sont aussi amoindries et révèlent des difficultés de compréhension et de raisonnement. Évidemment, le burn-out se caractérise principalement par une exacerbation des émotions négatives.

Car tout passe par le prisme déformant d’une mauvaise estime de soi et d’idées noires persistantes. Le mal-être de l’enfant peut ainsi se traduire par une véritable phobie à l’égard de l’école, un besoin irrépressible de pleurer, de l’agressivité, voire un état dépressif. Il peut aussi trouver sa réalisation concrète à travers des actes désespérés. La fugue, la désocialisation volontaire et même le suicide peuvent être des conséquences directes de l’état psychologique engendré par le burn-out. Quand l’enfant perd pied à ce point, il convient de se faire épauler le plus rapidement possible par un médecin et un psychothérapeute. L’auteure conseille également d’interrompre momentanément la scolarité et d’informer l’établissement afin qu’il puisse envisager un dispositif d’accompagnement pour le retour de l’élève.

Téléchargez Dygest

pour avoir une expérience complète !

06

Conclusion

Le burn-out chez les jeunes est donc aussi dévastateur que chez les adultes. S’il nécessite l’intervention d’un médecin et d’un psychologue, un travail coordonné doit également s’effectuer entre l’enfant et ses parents. Changer de cap en matière d’éducation, établir une communication constructive, être respectueux du développement psychologique en fonction de l’âge…

Téléchargez Dygest

pour avoir une expérience complète !

07

Zone critique

Le burn-out est un trouble pathologique initialement associé au monde du travail. C’est le psychanalyste américain Herbert J. Freudenberger qui en établit une première description en 1974. Il le considère comme un état de fatigue découlant d’une frustration liée à un engagement professionnel fort. Au début des années 1980, la psychologue Christina Maslach insiste quant à elle sur le fait que le burn-out résulterait avant tout de facteurs extérieurs, tels que les conditions de travail. Elle crée pour les personnels médicaux et éducatifs un test d’évaluation du burn-out qui prend la forme d’un questionnaire : le MBI (Maslach Burn-out Inventory).

Téléchargez Dygest

pour avoir une expérience complète !

08

Pour aller plus loin

Ouvrage recensé – Le Burn-out des enfants, Paris, Éditions Payot, coll. « Payot Psy », 2017.

Téléchargez Dygest

pour avoir une expérience complète !