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Couverture de 'Le bebe est une personne'

Le bébé est une personne

Bernard Martino

Le nouveau-né est une personne, qui a déjà un passé

Écouter l'extrait du podcast :
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Description

Le bébé a longtemps été considéré comme un simple tube digestif, une petite chose aveugle et insensible. Ce livre, qui enrichit et prolonge le documentaire éponyme en trois volets diffusé à la télévision française à l’automne 1984, nous démontre que non seulement il n’en est rien, mais que, dès sa naissance, le nouveau-né est une personne, qui a déjà un passé.

À travers une enquête passionnante, Bernard Martino nous apprend à créer un lien intense avec l'enfant afin de lui donner le meilleur départ dans la vie.

Sommaire

01

In­tro­duc­tion

Dans le ventre maternel, le fœtus ne fait pas que bouger : il voit, il entend, il réagit. Cet ouvrage invite à communiquer avec le nourrisson dès avant sa naissance et à continuer après. En ce début des années 1980, Bernard Martino déroule l’ensemble des pistes, alors encore largement inexplorées, qui permettent de mieux comprendre l’univers, déjà riche et complexe, du nourrisson. Il nous fait découvrir ses multiples compétences et notamment son incroyable faculté de communication, pour qui sait décrypter son langage et y répondre.

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02

Le fœtus est capable de ressentis, mais aussi de mémoire

Au début des années 1980, le bébé faisait encore l’objet de préjugés tenaces : il ne voit pas, n’entend pas, ne comprend pas… Le fœtus étant encore moins considéré comme une personne. Des croyances erronées remises en question de manière spectaculaire par Bernard Martino.

L’auteur énumère les épisodes où les réactions du bébé à naître montrent que ses organes sensoriels fonctionnent déjà à merveille. Un fœtus qui lève les mains pour se protéger les yeux de la lumière trop vive braquée sur le ventre maternel lors d’une échographie ; un autre dont le rythme cardiaque s’affole lorsqu’on diffuse un son strident via un haut-parleur ; un, encore, qui s’agite à la diffusion de la Cinquième Symphonie de Beethoven. Et, plus troublant encore, cet autre qui se dérobe devant une aiguille de prélèvement de sang introduite dans l’utérus, semblant signifier qu’il ressent de la peur… Par ailleurs, avant même sa naissance, le bébé est capable de sentir l’humeur de sa mère et y réagit. Dans les trois derniers mois de grossesse, il réagit au cycle de veille et de sommeil de celle-ci.

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03

L’haptonomie, ou science du toucher affectif

Le terme « haptonomie » vient du grec hapsis (toucher, ressenti, sentiment) et de nomos (la règle, la loi). L’haptonomie est, selon la définition de son inventeur, Frans Veldman, la « science de l’affectivité ». Loin du toucher médical, cette science du toucher du fœtus s’appuie sur un toucher affectif, par le simple positionnement des mains sur le ventre maternel. Par le toucher, le praticien se « prolonge » vers le bébé. L’utérus se détend, le bébé réagit et bouge, se déplace dans son habitacle. Avec, à la clé, pour les parents, une forme de communication inédite et bouleversante avec leur enfant à naître. Et, pour le bébé, un sentiment de profonde sécurité affective. Ce qui permet à la relation d’attachement, prônée par le psychiatre et psychanalyste britannique John Bowlby pour son bon développement, de se mettre en place avant même la naissance.

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04

Accoucher dans des conditions plus res­pec­tueuses

Bernard Martino nous emmène à la maternité de Pithiviers, à la découverte de l’obstétricien Michel Odent, disciple de Frédérick Leboyer et praticien, notamment, de la naissance dans l’eau. Pour Michel Odent, la piscine n’est qu’un accessoire parmi d’autres : ce qui est important, c’est la redécouverte de positions ancestrales, choisies par les femmes et non par des médecins hommes, pour mieux maîtriser la douleur : par exemple, jambes fléchies, soutenues sous les bras. Mais jamais sur le dos, ce qui réduit la femme à un « champ opératoire passif », accuse Bernard Martino (p. 112).

Selon Michel Odent, les premiers instants post-naissance, où mère et enfant secrètent chacun un puissant flux d’hormones, susceptible de constituer la base physiologique de l’attachement, sont à préserver absolument. Or, l’obstétrique médicale a un peu « confisqué » tout ce qui tourne autour du vécu de la naissance. De fait, presque vingt ans après les travaux de Frédérick Leboyer, nombre de salles de naissance demeuraient impersonnelles, vivement éclairées et bruyantes. Et le bébé, immédiatement retiré à sa mère, pour une série de soins (aspiré, baigné, pesé, mesuré…), sans aucune urgence dans la plupart des cas.

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05

La relation mère-enfant, enjeu suprême du dé­ve­lop­pe­ment de ce dernier

Hypothèse de certains psychanalystes : en naissant, le bébé vivrait des « angoisses inimaginables », selon l’expression de Winnicott. Ayant ressenti toutes les composantes du milieu utérin (cordon ombilical, placenta, liquide amniotique…) comme faisant partie intégrante de lui-même, il ressentirait la naissance comme un véritable démantèlement. D’où un besoin vital de l’enveloppe, du continuum procuré par la mère après sa naissance.

Une théorie confirmée par diverses expériences menées par des chercheurs sur les interactions non verbales mutuelles entre la mère et son bébé, outil vidéo avec ralenti à l’appui. Le visionnage de ces séquences permet de mesurer le degré d’empathie et de communication mutuelle, dans des situations normales et d’autres jugées « anormales ». Parmi elles, celle du « still face », où le visage de la mère apparaît fermé, impassible, sans plus aucune interaction avec l’enfant. Celui-ci, décontenancé, essaie d’abord de la faire revenir vers lui, en gazouillant et en lui tendant les bras. Puis il tombe dans un état de détresse profonde, dont sa mère mettra plusieurs minutes à le sortir.

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06

Soigner la relation parent-enfant par la parole

Pour la psychanalyse, ou science du langage, c’est le bébé qui a la clé de tout, c’est lui qui a le pouvoir de nous dire si quelque chose ne va pas. Même tout petit, il est étonnant de voir comme l’enfant suit le sens de ce que l’on dit, via ses mimiques et son comportement. Cette conscience précoce de l’enfant se révèle souvent par la somatisation, les troubles étant pour le bébé une méthode langagière pour exprimer son malaise.

Ainsi, un bébé qui vomit après la tétée peut simplement vouloir prolonger ce moment de bien-être en rendant à sa mère ce qu’elle lui a donné. C’est Françoise Dolto qui, la première, a dit que tout enfant qui naissait devait un jour être adopté par ses propres parents. Le psychiatre peut jouer un rôle de poids pendant la période de séjour à la maternité pour faire réussir le mariage entre l’enfant rêvé et l’enfant réel. L’écart parfois important entre le bébé rêvé, ses propres réactions et celles de l’entourage, peuvent parfois mener à la dépression. D’où l’importance de savoir accueillir, sans juger, les sentiments et questionnements des parents. Notamment face à l’arrivée d’un enfant handicapé, ou encore lors d’interventions dans des milieux sociaux difficiles, où les mauvaises interactions relationnelles sont souvent dues à des conditions socio-économiques difficiles.

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07

De la pouponnière déshu­ma­ni­sée et toxique à la crèche idéale, Loczy

Certes, des progrès ont été accomplis depuis les années 1950, où les parents étaient interdits de crèches, chasses gardées des puéricultrices, sur fond d’hygiénisme forcené. Les relations avec les enfants étaient aseptisées et impersonnelles. On ne leur parlait pas et on s’étonnait qu’ils aient des retards de langage. Bernard Martino déplore toutefois que dans de nombreux établissements d’accueil du jeune enfant, l’on norme encore farouchement les soins aux tout-petits : il faut laisser pleurer le bébé, sous peine de le rendre capricieux ; le langer ou le baigner avec telle ou telle technique… Le tout, sans tenir compte du caractère essentiel de la relation mère-enfant.

Les effets profondément délétères de cet « hospitalisme » ont été mis en lumière, vidéos à l’appui, par différents experts. Le témoignage le plus bouleversant est un film anglais, réalisé en 1969 par un couple de psychiatres, Jaimes et Joyce Robertson. Ceux-ci ont suivi pendant neuf jours la détresse croissante de John, 17 mois, placé en pouponnière et pris en charge de manière mécanique par une succession de puéricultrices. On suit, jour après jour, l’escalade de l’enfant dans la frustration, l’agressivité et la violence.

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08

Conclusion

Non seulement le bébé est une personne, depuis un stade très précoce de la grossesse, mais c’est un individu passionnant, bourré de capacités étonnantes et qui a énormément à nous dire. Non seulement sur lui-même, mais aussi sur nous-mêmes.

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09

Zone critique

Le film de Bernard Martino, puis ce livre qui le suit quelques mois plus tard, a inauguré l’arrivée du bébé sur la scène médiatique et scientifique nationale, quelques années après les travaux de Françoise Dolto.

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10

Pour aller plus loin

Ouvrage recensé – Le bébé est une personne, Paris, J’ai Lu, 1999 [1985].

Du même auteur – Le bébé est un combat, Paris, J’ai Lu, 1999. – Les enfants de la colline des roses : Loczy, une maison pour grandir, Paris, JC Lattès, 2001.

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