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Couverture de 'Lanimal est il un homme comme les autres'

L’animal est-il un homme comme les autres ?

Aurélien Barrau, Louis Schweitzer

Éthique et statut juridique des animaux

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Description

Le seul titre de cet essai, court et percutant, donne la couleur du ton et des partis-pris choisis par ses auteurs ! Car Aurélien Barrau et Louis Schweitzer auraient pu s’en tenir à la formule consacrée, classique des sujets de dissertation et bien connue des classes de philosophie, « l’homme est-il un animal comme les autres ? ».

En inversant les termes de cette expression, ils inscrivent leur réflexion sous le sceau d’une écriture de l’ironie et de l’humour, mais surtout, proposent une modification du point de vue habituel : et si nous envisagions l’animal non selon son lien de subordination à l’homme, mais comme sujet juridique ?

Sommaire

01

In­tro­duc­tion

Si la découverte des sévices et mauvais traitements infligés aux animaux, , ou encore la prise conscience de l’extinction brutale de nombreuses espèces animales ont, ces dernières années, très largement sensibilisé le grand public à la question des droits des animaux, pour Aurélien Barrau et Louis Schweitzer, la situation est pourtant dramatique.

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02

Entre dialogue, débat et ques­tion­ne­ment

À l’instar du titre à la fois original et ironique de cet ouvrage, la forme choisie par Aurélien Barrau et Louis Schweitzer pour présenter leur réflexion détourne les codes de l’essai traditionnel.

Plutôt qu’un développement écrit à quatre mains, suivant une logique commune et concertée, l’ouvrage est construit comme un dialogue permanent entre les deux auteurs, à partir de grandes questions liées aux droits des animaux, et auxquelles chacun apporte des éléments de réponse et d’éclairage. En se questionnant l’un l’autre, les auteurs adoptent une posture d’humilité, loin de toute assertion d’un savoir figé, à laquelle ils convient également le lecteur.

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03

Faut-il accorder des droits aux animaux ?

Parmi les questions posées par les deux auteurs, la première et la plus essentielle, qui fonde cet ouvrage et dont découlent toutes les autres, est bien : faut-il accorder des droits aux animaux ?

Pour justifier cette interrogation, Aurélien Barrau et Louis Schweitzer tentent de décrypter la conception de l’animal vis-à-vis de l’homme d’un point de vue à la fois philosophique et moral. Ils remontent ainsi une tradition de la pensée occidentale dans laquelle, depuis la Bible, « il y a une coupure brutale entre les animaux et l’homme. Les uns ont été créés pour l’autre, soumis à l’autre » (p. 10). C’est également ce qu’expose Descartes, avec sa théorie de « l’animal-machine » : dans ces conceptions, l’animal est inféodé aux besoins de l’homme, il est à son service. Une soumission expliquée naturellement par l’absence d’âme chez l’animal, en cela nécessairement inférieur à l’homme.

Mais cet impérialisme de l’homme sur le monde que nous enseigne l’histoire et la philosophie pose problème en soi : « Sommes-nous vraiment l’espèce dominante sur terre ? Cela paraît être une évidence. Mais, pourtant, si l’on considère froidement les critères “naturels” définissant l’espèce la plus importante, peut-être la taille ou la masse totale de sa population, le temps depuis lequel elle a colonisé son environnement, sa capacité à résister à ce que seront les futures crises, on pourrait arriver à la conclusion que l’espèce dominante est la fourmi ! » (p. 20.) Le lien de l’homme à l’animal pose inévitablement la question de ce qui fonde l’essence de l’humanité, et des valeurs octroyées aux espèces selon leur « hiérarchie » et leurs différences.

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04

Le pro­blé­ma­tique statut juridique de l’animal

Certaines normes sociales existent déjà, comme le rappellent les auteurs, qui reviennent sur l’histoire du droit animal : en France, la loi Grammont, en 1850, prohibe les mauvais traitements en public des animaux. En 1978 est établie la Déclaration universelle des droits de l’animal. Surtout, en 2015, l’animal est reconnu comme un être vivant doué de sensibilité et non plus comme un bien meuble, ce qui est inscrit désormais dans le Code civil.

Ces progrès n’auraient pu avoir lieu sans que l’homme reconnaisse la capacité de l’animal à éprouver douleur (au niveau physique) et souffrance (au niveau psychologique).

Cette reconnaissance, si elle est un progrès réel, pose néanmoins problème, car elle est nécessairement liée à notre pouvoir d’empathie, et donc au degré de proximité et de communication possibles entre l’homme et l’animal. C’est ainsi que nous serions plus enclins à accorder des droits aux chiens qu’aux cochons ou aux poissons. C’est également ainsi qu’on ne reconnaît des droits aux animaux qu’en « tant qu’animaux de compagnie, et non en tant qu’animaux sauvages, puisque ces derniers n’ont précisément pas de rapports avec les humains » (p. 55). Finalement, les droits que nous accordons aux animaux ont donc à la fois des champs limités et des applications très variables en fonction des catégories dans lesquelles nous classons les différentes espèces.

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05

Quelles actions possibles contre l’ex­ploi­ta­tion du vivant ?

Les problématiques soulevées dans cet ouvrage par Aurélien Barrau et Louis Schweitzer sont liées à la grande insuffisance de droits actuellement reconnus aux animaux, justifiée par une exploitation prétendument nécessaire des ressources vivantes par l’homme.

Ainsi les animaux de rente et d’expérimentation peuvent-ils être torturés au nom de la consommation alimentaire et médicale de l’homme, tout comme les animaux sauvages tués au nom de l’exploitation des territoires. Si les auteurs admettent que tous les animaux ne peuvent bénéficier des mêmes droits, ceux-ci devant être corrélés à leurs besoins, à leur niveau de conscience, etc., ils invoquent un droit intrinsèque à la vie, ainsi que le proposait Albert Schweitzer, grand-père de Louis et prix Nobel de la paix en 1952 : « Dans la conception d’Albert, tout animal a droit à la vie et au respect, dans la mesure où son existence n’est pas gravement préjudiciable à celle de l’homme. » (p. 63.)

Plus encore, il s’agirait de cesser de considérer les animaux comme une ressource exploitable aux seules fins de l’homme : pour Aurélien Barrau particulièrement, la question du droit des animaux est une question hautement politique, à une période de notre histoire où s’éteignent massivement les espèces animales et où la sauvegarde de l’environnement devient un enjeu majeur.

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06

Conclusion

Les divergences de points de vue sporadiques de Louis Schweitzer et Aurélien Barrau ne les empêchent pas de s’accorder sur l’essentiel : il faut faire avancer les droits des animaux de façon à améliorer leurs conditions de vie et opérer un changement de mentalité profond dans notre rapport au vivant.

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07

Zone critique

Avec L’animal est-il un homme comme les autres ?, Aurélien Barrau et Louis Schweitzer s’inscrivent dans une réflexion d’ordre philosophique plutôt que strictement juridique.

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08

Pour aller plus loin

Ouvrage recensé – L’animal est-il un homme comme les autres ? Les droits des animaux en question, Paris, Dunod, 2018.

Ouvrages d'Aurélien Barrau – Le Plus Grand Défi de l'histoire de l'Humanité, Paris, éditions Michel Lafon, 2019. – Chaos multiples, Paris, Galilée, 2017. – Des univers multiples à l'aube d'une nouvelle cosmologie, Paris, Dunod, coll. « Quai des sciences », 2014.

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