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Couverture de 'Lamour en guerre'

L'Amour en guerre

Guy Corneau

Comprendre les dynamiques de l'amour

Écouter l'extrait du podcast :
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Description

Dans cet ouvrage, Corneau propose de déconstruire nos modes de fonctionnement genrés et notre rapport aux émotions et à l’affectif en tant qu’hommes et femmes. Ce travail de compréhension de soi et de l’autre à la lueur de notre enfance est pour lui indispensable à une vie amoureuse vécue en paix avec soi-même et avec l’autre.

Il interroge notamment les relations père-fille et mère-fils en ce qu’elles conditionnent, par leurs carences, les impasses de nos vies futures et plus généralement la dynamique entre les sexes.

Sommaire

01

In­tro­duc­tion

Trouver une unité de couple, sans pour autant se fondre et confondre dans l’autre, fait écho à la notion même d’identité qui s’écrit dans un double mouvement d’appartenance et de distanciation, de fusion et de séparation. Pour Corneau, c’est la relation à l’autre qui nous permet de devenir nous-même, et de nous accomplir dans le processus d’individuation.

Se construire soi-même passe par l’élaboration d’une estime de soi saine, dès la petite enfance. Mais pour beaucoup ce chemin est difficile, et le sujet cherche à prouver sa valeur en imposant sa loi ; c’est ainsi que naît une confusion fondamentale entre amour et pouvoir. À l’inverse, le sujet peut également tomber dans des comportements de dépendance ou de conformisme pour que son identité soit prise en charge par un autre individu, ou par un groupe social.

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02

Les complexes

Les complexes s’expliquent par une intériorisation des dynamiques relationnelles de l’enfance, nous amenant à réitérer les mêmes comportements et à nous enfermer dans des schémas négatifs.

Pourtant, dans leur grande majorité, ces complexes ne sont pas négatifs et correspondent simplement à un vécu émotionnel lié à un concept, par exemple à la relation à chacun de nos parents. Ils sont généralement structurants sur le plan identitaire et ne deviennent négatifs que lorsque la tonalité affective associée, devenue trop forte, entraîne une tension appelée résistance. Les complexes parentaux sont les plus puissants dans notre psyché : ils ne disent rien d’objectif sur nos vrais parents et grands-parents, mais ils sont la mémoire de la relation que nous avions avec eux, et de la figure qu’ils représentent pour nous.

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03

La relation père-fille

Le processus d’identification chez la petite fille est difficile en ce qu’elle ne possède, enfant, ni les attributs sexuels du père (le pénis), ni ceux de la mère (les seins).

Sa construction se fait donc dans un vide d’identité qu’elle tente de combler désespérément. Le silence du père ne fait qu’aggraver cette sensation et construit une estime de soi extrêmement négative, qui s’oppose à une idéalisation de ce père silencieux (parfois aux dépens de la mère pourtant présente). La fille cherche dès lors celui qui comblera ce vide, et la force de l’animus (son énergie masculine) est prisonnière du complexe paternel négatif. La culture patriarcale renforce ce manque d’estime en coupant la créativité féminine, et cette blessure narcissique entraîne deux types psychologiques de femmes : les éternelles adolescentes et les amazones.

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04

La relation mère-fils

La mère nous initie au monde du vivant là où le père nous inscrit dans le monde social. Dans la société patriarcale, c’est la mère sacrificielle qui est valorisée bien plus que la femme. Devenir mère est ainsi la preuve irréfutable de sa valeur, satisfaisant à un besoin de reconnaissance, jusqu’à ce que le bébé l’éclipse.

La séparation mère-enfant est encore plus essentielle pour le petit-garçon que pour la petite-fille, afin d’éviter de forger un homme dépendant et sans défense face à sa partenaire. Il a également besoin de sortir du giron maternel en éveillant sa masculinité au contact d’autres hommes. Si la séparation ne se fait pas, les risques d’inceste affectif sont grands et destructeurs pour l’estime de soi de l’enfant. En effet, si le complexe maternel éclipse la femme au profit de la mère, une co-dépendance est susceptible de se créer avec le petit garçon qui restera éternellement culpabilisé vis-à-vis de sa mère et ne l’abandonnera jamais. Le perfectionnisme, la surprotection et la violence trahissent une mère toute à sa fonction maternelle, qui risque d’enfermer l’enfant dans la dépendance jusque tard dans sa vie.

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05

Quels impacts sur nos couples ?

Les répétitions de schémas sont fréquentes dans nos vies amoureuses et, si elles nous enferment, elles sont aussi autant d’occasions de prendre conscience des dynamiques inconscientes qui nous animent et de les faire évoluer.

Ainsi, bien souvent, les hommes peinent à exprimer leur véritable désir, et se sur-adaptent au point de se sentir étouffés, car ils n’osent pas s’opposer à la figure maternelle. Mais cette stratégie d’évitement du conflit amène un fort sentiment de solitude pour leur partenaire. Cette peur de s’affirmer sous prétexte de ne pas blesser l’autre est avant tout un moyen pour l’homme de se protéger lui-même et son image de bon garçon. Elle s’exprime malgré tout dans la frustration, l’agressivité, le silence et parfois même le mépris et la méchanceté.

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06

Quelques pro­po­si­tions

Pour « guérir », la femme doit se libérer de ce complexe paternel rigide, si elle veut devenir la femme créatrice en pleine possession de son moi véritable. Pour Corneau, ce processus de guérison se doit en partie de passer par la colère qui libèrera la femme de son complexe paternel. C’est aussi en acceptant de porter attention à la souffrance causée par l’attitude du père qu’elle pourra redéfinir ses besoins dans sa vie amoureuse. C’est en affirmant sa part de féminité, trop longtemps reniée et dévaluée au profit d’une survalorisation de sa propre masculinité, qu’elle pourra réaffirmer son autonomie et cesser de donner aux hommes le pouvoir de l’évaluer.

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07

Conclusion

Corneau achève cette réflexion sur le couple par une mise en garde contre la vision qui fait du couple un idéal de vie, alors qu’il est tout à fait possible d’atteindre une vie pleine et épanouie, en dehors de cette entité, en entretenant des relations d’ordre sexuel ou non.

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08

Zone critique

Cette dernière hypothèse partiellement vérifiable, semble toutefois faire une large place à la propre difficulté de l’auteur et à son genre, et manquer à nos yeux de nuance.

En effet, il fonde le paradoxe sur une opposition externe/interne, alors que fort probablement ce paradoxe, bien plus insidieux, se reflète également dans la vie psychique des femmes, qui peuvent tout à la fois se sentir intérieurement supérieures, puissantes, et fragiles, asservies par les affres du patriarcat.

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09

Pour aller plus loin

Ouvrage recensé – L’Amour en guerre. Comment les liens père-fille et mère-fils conditionnent nos amours [1996], Montréal, Les Éditions de l’Homme, 2015.

Du même auteur – N’y a-t-il pas d’amour heureux ?, Paris, Robert Laffont, 1997. – Victime des autres, bourreau de soi-même, Montréal, Les Éditions de l’Homme, 2003.

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